ARCHIVÉE – Les artisans de notre patrimoine : La citoyenneté et l’immigration au Canada de 1900 à 1977
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Chapitre 2 (suite)
L’arrivée des Européens
- L’immigration britannique
- Les enfants des institutions
- La colonie de Barr
- L’immigration en Colombie-Britannique
- Les Britanniques
L’immigration britannique
Même s’il restait relativement peu de bons agriculteurs à courtiser dans la « mère patrie », le gouvernement canadien continua de promouvoir l’émigration du Royaume-Uni — souvent appelé Grande-Bretagne — durant les années du règne Sifton, surtout parce que les Canadiens anglais tenaient pour acquis que le gouvernement fédéral ferait tout en son pouvoir pour préserver le caractère britannique du pays. Avant 1903, le service d’immigration du Canada en Grande-Bretagne était sous l’autorité du Haut-commissariat du Canada, mais en janvier de cette année-là, cette responsabilité lui fut retirée. Pour gérer l’immigration, Sifton établit à Londres un bureau d’émigration indépendant de celui du Haut-commissariat.
Le nouveau bureau fut installé à Trafalgar House, un imposant immeuble situé dans un endroit central surplombant le lieu historique de Trafalgar Square. Comme le fit remarquer un observateur enthousiaste :
Quiconque se rend aux chambres du Parlement et de Westminster et en revient ne peut manquer de remarquer Trafalgar House. Son oeil s’arrête immédiatement sur l’« Arche » canadienne bien connue des jours du couronnement, dont une représentation est imprimée dans l’une des fenêtres, alors qu’ailleurs l’émigrant potentiel est invité à entrer par les inscriptions suivantes : « de meilleures fermes à des prix raisonnables », « un climat sain, de faibles impôts et des écoles libres », « des fermes gratuites de 160 acres ».
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L’établissement d’un bureau d’émigration indépendant dans un endroit central de Londres ouvrit la voie à une augmentation remarquable de l’immigration britannique. Au cours du premier semestre de 1900, un peu plus de 5 000 Britanniques vinrent au Canada. Cinq ans plus tard, leur nombre annuel atteignit plus de 65 000, dépassant ainsi le nombre de nouveaux colons qui arrivaient des États-Unis.
La plupart des immigrants britanniques au cours de cette période d’avant-guerre émigrèrent au Canada dans l’espoir d’y trouver un niveau de vie plus élevé et l’affranchissement des rigidités du vénéré système de classe britannique. Dans les rangs de ces immigrants non parrainés, on retrouvait non seulement des gens d’origine modeste, mais des particuliers qui disposaient de sommes considérables qu’ils investissaient souvent dans de vastes fermes ou ranches de l’ouest du Canada.
Nombre de ces Britanniques bien nantis de la classe moyenne ou supérieure avaient décidé de s’établir au Canada parce qu’il était difficile de trouver un bon emploi dans les professions contingentées et hautement concurrentielles de la Grande-Bretagne. D’autres quittèrent d’immenses domaines, grevés de lourdes dettes et dîmes. Pour les Britanniques prospères, l’émigration paraissait la seule façon de pouvoir préserver leur mode de vie et celui de leurs enfants dans un monde qui changeait rapidement. Ils choisirent le Canada en grande partie grâce aux efforts déployés par les services d’émigration et les agents de réservation, aux campagnes dynamiques orchestrées par les sociétés de colonisation canadiennes et aux documents promotionnels séducteurs qui vantaient les attraits des diverses provinces pour les « émigrants gentilshommes ».
Cependant, ce ne sont pas tous les nouveaux arrivants britanniques bien nantis qui furent accueillis à bras ouverts dans leur pays d’adoption. En fait, on constata un ressentiment général contre ceux d’entre eux qui semblaient s’attendre à un traitement spécial dans la « colonie ». Il arrivait souvent que des offres d’emploi parues dans les journaux de l’Ouest précisent : « Anglais s’abstenir ». Et lorsque le journaliste londonien H.R. Whates fit des recherches sur le boom d’immigration pour un article qui allait paraître dans le Standard de Londres en 1905, les Canadiens ne se gênèrent pas pour lui dire le fond de leur pensée : « L’Anglais est trop sûr de lui, trop condescendant; il pense tout savoir et refuse d’essayer de s’adapter à notre mode de vie. »
Parmi les nombreux immigrants qui arrivaient de Grande-Bretagne ces années-là, on trouvait également des pauvres assistés par des organismes caritatifs désireux de libérer le Royaume-Uni de ces gens et de les aider à prendre un nouveau départ dans les colonies. L’un des nombreux organismes philanthropiques qui participa à cette opération fut l’Armée du salut, créée au Canada en 1882. De 1884 à 1914, une succursale de cette armée de l’Église — la Self-Help Emigration Society — ouvrit ses portes; l’« Armée de Dieu » aida 150 000 pauvres de Grande-Bretagne à émigrer au Canada. Le programme d’immigration de l’Armée du salut n’a cependant pas échappé à la controverse. Les syndicats étaient particulièrement hostiles, accusant le gouvernement du Dominion de verser des primes aux agences qui recrutaient des personnes qui se prétendaient « agriculteurs » mais qui devenaient rapidement des travailleurs ouvriers.
Les enfants des institutions
La plupart des Britanniques pauvres qui émigrèrent au Canada au cours de cette première vague d’immigration européenne vinrent avec leur famille, mais un nombre impressionnant d’entre eux étaient seuls. Se trouvaient manifestement parmi ceux-là des milliers de jeunes garçons et filles qui n’étaient pas accompagnés d’un adulte membre de leur famille à leur arrivée au Canada. Les garçons, une fois ici, devenaient des apprentis ouvriers agricoles, et les filles étaient envoyées dans des petites villes ou des foyers ruraux pour y travailler comme domestiques.
C’est ce que l’on appelait les « home children », c’est-à-dire les jeunes des taudis, retirés des foyers philanthropiques et des écoles paroissiales donnant asile aux pauvres, et envoyés au Canada (et dans d’autres colonies britanniques) pour répondre à la demande sans cesse croissante de main-d’oeuvre bon marché dans les fermes canadiennes, et pour servir de domestiques dans les foyers. Nombre de ces jeunes, la plupart d’entre eux âgés de 8 à 10 ans, provenaient de familles urbaines pauvres qui ne pouvaient s’en occuper adéquatement. D’autres enfants, peut-être le tiers, étaient des orphelins alors que le reste était des jeunes fugueurs ou des enfants abandonnés. À une époque où peu d’émigrants britanniques étaient contraints au travail forcé une fois rendus à destination, presque tous ces enfants immigrants devenaient des apprentis peu de temps après leur arrivée au Canada.
Bien que les fermes canadiennes aient accueilli des enfants britanniques orphelins et pauvres au début des années 1830, il fallut attendre jusqu’en 1868 pour que le mouvement des « home children » se dessine de façon structurée. Cette année-là, Maria Susan Rye, la fille féministe d’un avocat distingué de Londres, acheta une vieille prison aux environs de Niagara-on-the-Lake, en Ontario, la fit rénover et entreprit ensuite les préparatifs pour accueillir son premier groupe d’enfants au Canada. Ceux-ci arrivèrent en octobre 1869 avec la bénédiction bien affichée de l’archevêque de Canterbury et du Times de Londres.
Quelques mois plus tard, Annie Macpherson, une quaker qui ne travaillait pas pour Mme Rye, amena un autre groupe de jeunes enfants en Ontario. Peu de temps après, Louisa Birt de Liverpool (la soeur de Macpherson), Thomas Barnardo de Londres, Leonard Shaw de Manchester et William Quarrier de Glasgow — pour ne nommer que quelques-uns des sauveurs d’enfants les mieux connus — lancèrent leurs propres programmes d’émigration juvénile. Avant longtemps, on assista à une prolifération de programmes semblables, certains des plus connus étant mis en oeuvre par les organisations suivantes : National Children’s Homes, Mr. Fegan’s Homes de Southwark et Westminster, Middlemore Homes de Birmingham, Church of England Waifs and Strays Society, et Miss Stirling d’Édimbourg. Comme le Canada était plus près de la Grande-Bretagne que l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, notre pays devint la destination favorite de ces groupes, surtout durant les années Sifton.
Tous ces programmes reposaient sur la croyance des activistes que l’émigration était un moyen efficace de rescaper des jeunes Britanniques parmi les plus pauvres et provenant des districts les plus peuplés des villes grouillantes de la Grande-Bretagne. Dans les fermes canadiennes, loin des tentations et de l’air pollué de la ville, leurs protégés des taudis deviendraient des adultes travailleurs et en santé. Du moins, c’est ce que l’on croyait.
Parmi les nombreuses personnalités étroitement associées à ce programme d’immigration unique, celle que les Canadiens connaissent le plus est sans doute Thomas John Barnardo, Irlandais de souche. La vanité de Barnardo et son insatiable soif de prestige lui firent adopter le titre de « docteur » bien qu’il n’ait jamais terminé ses études de médecine.
Né en 1845 à Dublin d’une famille modeste, Barnardo se rendit à Londres en 1866 pour y recevoir une formation de médecin missionnaire pour la Chine. Peu de temps après son arrivée à Londres, le jeune étudiant en médecine croisa les enfants abandonnés et sans foyer de la ville qui dormaient dans les ruelles et sur les toits. Le sort de ces enfants londoniens sans foyer toucha tellement Barnardo que lorsqu’il fut refusé pour le travail de missionnaire en Chine, il abandonna tous ses projets de devenir médecin et s’engagea à aider ces enfants de la rue pendant toute sa vie. À cette fin, le pionnier autoritaire ouvrit une maison pour garçons en 1870, la première de ses nombreuses maisons pour les enfants pauvres.
Au début, Barnardo fut capable de trouver du travail pour ses protégés en Grande-Bretagne, mais lorsque les perspectives d’emploi commencèrent à se raréfier tant dans les métiers que dans le service domestique, il décida d’explorer les possibilités d’émigration. À l’automne de 1882, il lança un vaste programme d’émigration qui amena quelque 30 000 enfants au Canada. Le programme prit fin en 1939.
Jeunes garçons
des orphelinats du Dr. Barnardo en Angleterre à
leur arrivée
à Belleville (Ontario), vers 1922.
Archives nationales du Canada (C 34840)
La plupart des enfants pris en charge par Barnardo menèrent une vie sans histoire. George Everitt Green, jeune travailleur agricole d’Angleterre, fut l’exception, bien que ce ne fut pas avant sa mort que les Canadiens en apprirent sur lui davantage que sur tout autre enfant envoyé au Canada. Seulement sept mois après son arrivée dans une ferme ontarienne en 1895, Green allait mourir, les membres attaqués par la gangrène, le corps émacié et couvert de blessures, marques visibles du traitement cruel que lui avait infligé son employeur célibataire.
L’enquête et le procès qui allait suivre firent tellement de bruit que le gouvernement fédéral et celui de l’Ontario adoptèrent une loi pour empêcher qu’une tragédie semblable ne se répète. Des mesures encore plus rigoureuses furent adoptées après le suicide de trois « home children » à l’hiver de 1923-1924. Dans la foulée de ces suicides, une délégation parlementaire britannique se rendit au Canada pour interviewer des fonctionnaires de l’immigration, des travailleurs sociaux, des représentants des organismes de femmes, de travailleurs et d’agriculteurs, et les enfants immigrants eux-mêmes. La délégation en vint à la conclusion qu’à l’avenir, les enfants immigrants devraient être en âge de travailler — c’est-à-dire en âge de quitter l’école. S’inspirant du rapport de la délégation, la Direction générale de l’immigration adopta un règlement en 1925 interdisant aux sociétés d’immigration volontaire d’amener des enfants de moins de 14 ans au Canada. L’interdiction, qui devait durer trois ans, fut rendue permanente en 1928.
Ce programme de longue durée prit fin abruptement en 1939, non seulement à cause de la crise économique et de l’opposition du mouvement syndical canadien, mais aussi par suite d’un changement d’opinion de la part des Canadiens et des Britanniques. Les deux groupes, semble-t-il, ne pouvaient plus tolérer l’idée que des organismes philanthropiques séparent des jeunes de leurs parents et les envoient travailler dans des terres lointaines, aussi saines soient-elles.
La colonie de Barr
La colonie de Barr ne figure sur aucune carte contemporaine du Canada. Cependant, au début du siècle, cet établissement britannique sur les plaines qui allaient devenir la Saskatchewan attira d’innombrables visiteurs curieux et inspira de nombreux articles dans les quotidiens du Canada et de la Grande-Bretagne.
Cette affiche
à été publiée dans
le magazine Canada
West, vers
1900-1920 : Construisez votre nid
dans l’Ouest
canadien.
Archives nationales du Canada
(C 126302)
La colonie était célèbre parce qu’elle allait à l’encontre de la croyance de nombreux fonctionnaires et journalistes qu’un groupe d’immigrants britanniques ne possédant aucune expérience en agriculture ne pouvaient survivre sur la prairie dénudée, à 300 kilomètres de la ville la plus proche, sans même un chemin ou une voie ferroviaire pour les relier à la civilisation. Cinq ans après la fondation de la colonie, ces mêmes sceptiques applaudissaient aux réalisations des colons de Barr. Leurs réalisations étaient certainement remarquables, mais pas autant que le voyage qu’ils durent entreprendre pour accéder aux régions sauvages canadiennes de ce qui est aujourd’hui la région de Lloydminster. Cette migration inoubliable fut inspirée par la noble vision de deux ecclésiastiques, Isaac Barr (1847‑1937), dont la colonie porte le nom, et George Lloyd (1861‑1940), qui travaillait pour la Colonial and Continental Church Society.
Isaac Barr, Canadien d’origine, était un pasteur anglican fasciné par la carrière de Cecil Rhodes, l’impérialiste et magnat britannique du diamant. Il tenta même de se joindre au fameux Britannique dans une aventure de colonisation, quittant sa paroisse dans le district de Washington pour se rendre à Londres en janvier 1902. Mais Rhodes mourut en mars de cette année-là, ce qui empêcha Barr de réaliser son rêve de servir l’Empire en fondant une colonie à l’étranger. Barr se remit toutefois au travail après avoir pris connaissance du projet du révérend George Lloyd d’organiser au Canada une colonie de travailleurs britanniques au chômage et de soldats démobilisés de la guerre des Boers. « Prenons possession du Canada », écrivit-il dans une lettre au Times de Londres en 1902. « Que notre cri de ralliement soit : “LE CANADA POUR LES BRITANNIQUES”. »
Les 2 ecclésiastiques unirent leurs forces pour organiser une colonie canadienne de quelque 2 000 Britanniques dont très peu avaient la solide expérience agricole considérée comme nécessaire pour réussir. Barr s’occupa de presque tous les détails administratifs. Il persuada le gouvernement canadien de réserver un bloc de terre aux colons, perçut des frais de colonisation, acheta les fournitures et s’occupa du transport. Mais il refusa d’agir comme aumônier des colons, soutenant que la colonie ne devait pas être une enclave anglicane dans les prairies sauvages. À la suite de cette décision, le révérend George Lloyd et sa famille furent persuadés de se joindre au groupe à la dernière minute.
Malheureusement pour les colons, Barr était loin d’être un altruiste. Déterminé à tirer des fruits financiers de son aventure, il reçut une commission du gouvernement canadien pour chaque immigrant et travailla en complicité avec les marchands de l’endroit. Il n’était pas non plus un génie de l’organisation. Les choses commencèrent à se gâter le jour où le SS Lake Manitoba quitta la mère patrie en 1903. Après un dur voyage sur l’océan dans un navire équipé pour accueillir seulement quelque 550 passagers au lieu de ses 1 900, les immigrants épuisés arrivèrent à Saint John, au Nouveau-Brunswick, où ils subirent d’innombrables atermoiements et de nombreuses inspections de bagages. Ils finirent par monter à bord de trois trains sales, dont aucun n’avait de couchettes, pour y effectuer le voyage de cinq jours à destination de Saskatoon.
Durant les années
1880, les immigrants se rendent en
train à leur lieu
d’établissement
dans l’Ouest canadien.
Archives provinciales du Manitoba (N 7934)
Les colons furent encore plus déçus lorsqu’ils arrivèrent à Saskatoon. Des tentes coniques d’armée avaient été érigées pour les accueillir et comme il n’y avait pas de gare, leurs bagages furent jetés dans les champs. Les marchands de l’endroit avaient gonflé leurs prix pour les biens de première nécessité, et Barr, qui avait promis aux colons des charrettes, des boeufs et d’autres fournitures, ne tint pas parole. Outre ces difficultés, les colons durent ensuite effectuer un long voyage difficile en charrette sur un sentier primitif qui, pour une bonne partie, serpentait dans des tourbières et descendait des pentes escarpées avant d’atteindre North Battleford. Pour nombre des colons qui n’avaient aucune expérience de la conduite de boeufs et de charrettes, ce défi fut trop grand et ils firent marche arrière. La majorité, cependant, persévéra, s’arrêtant la nuit pour dormir dans de grandes tentes montées par les fonctionnaires de l’immigration.
Cette affiche
a paru dans le
magazine Canada West, vers
1900-1914. « L’Ouest canadien :
le nouvel Eldorado. C’est votre
chance, pourquoi ne
pas
en profiter? »
Archives nationales du Canada
(C 85854)
La frustration des colons à l’égard de Barr connut finalement son point culminant au cours d’une réunion explosive dans un des campements. Barr fut accusé d’être de connivence avec les marchands de Saskatoon, d’avoir omis de tenir ses promesses d’une société de transport et d’une coopérative et, pis encore, d’avoir trompé les colons au sujet des conditions qui les attendaient dans les Prairies. La plupart des gens qui assistaient à la réunion votèrent pour se débarrasser de Barr comme leader, mais ne voulaient pas provoquer l’effondrement de la colonie. Au lieu de cela, ils renommèrent l’entreprise « colonie de Britannia » et votèrent pour se désigner un nouveau leader, en la personne de George Lloyd, et pour élire un comité de 12 personnes, que l’on ne tarda pas à appeler les « Douze apôtres ».
Après avoir finalement atteint la réserve en mai 1903, les colons et Lloyd commencèrent à s’installer. Bientôt un village, que l’on nomma Lloydminster en honneur de l’homme qui avait gagné la confiance des colons, vit le jour le long du quatrième méridien. La première année, nombre des colons faillirent mourir de faim. Ils durent combattre les moustiques, les tempêtes et les feux de prairie, mais, grâce à leur dur labeur et à leur persévérance, leur colonie survécut et commença à prospérer. Dès 1905, trois grands hôtels étaient en construction. Le succès de la ville fut finalement assuré lorsque le chemin de fer y fit son entrée en juillet de cette année-là.
Entre-temps, Barr était retourné aux États-Unis, mais pas avant de s’être fait lancer des oeufs pourris par les gens de Regina. Après avoir occupé divers postes laïcs au sud de la frontière, il entra dans le Closer Settlement près de Melbourne, en Australie. La colonie fut un échec, mais Barr y resta après le départ des autres colons, pour ne jamais en repartir.
L’immigration en Colombie-Britannique
Il n’y eut pas que les Prairies pour attirer de nombreux immigrants au début du siècle. La Colombie-Britannique, qui était entrée dans la Confédération en 1871, était aussi alléchante pour les nouveaux arrivants. Il faut bien le reconnaître, le nombre d’immigrants dans cette province ne se comparait pas à celui qui était observé dans les Prairies, mais n’en demeurait pas moins impressionnant.
Les Britanniques
Hommes d’affaires à la retraite, agriculteurs et jeunes fils de familles aristocratiques figuraient parmi les nouveaux arrivants britanniques qui affluèrent dans la province la plus à l’ouest du Canada. Leur attention fut d’abord attirée par les documents publicitaires décrivant les joies de l’agriculture dans de florissantes vallées intérieures dotées de magnifiques lacs remplis de truites. Inspirés en outre par les rapports enthousiastes de Lord Aberdeen, gouverneur général du Canada de 1893 à 1898, les immigrants britanniques bien nantis achetèrent des ranches et des vergers dans la vallée de l’Okanagan, là où les aristocrates écossais avaient de nombreuses propriétés.
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