ARCHIVÉ – Immigrants récents, immigrants antérieurs et natifs du Canada : association aux identités collectives

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1. Introduction

Quand on cherche à comprendre l’efficacité des politiques et des programmes canadiens d’intégration, le niveau auquel les immigrants s’associent à leur communauté, leur province ou leur pays peut être un indicateur utile. En raison de la diversité ethnoculturelle et linguistique croissante des immigrants au Canada au cours des 15 dernières années, [Note 2] le niveau d’identification des immigrants comme citoyens du Canada et membres de leur communauté locale peut s’avérer particulièrement important.

Les identités collectives sont des déclarations concernant l’appartenance à une catégorie, que l’on peut comprendre comme étant, d’une part, des constructions sociales, sans être, d’autre part, irréelles ou dénuées de sens. Les niveaux d’identification donnent un aperçu des sentiments d’appartenance, des perceptions de l’établissement, et de la satisfaction globale quant à la vie et ils peuvent donc servir d’indicateurs importants de l’intégration sociale. Des niveaux élevés d’identification [traduction] « jouent un rôle vaste et important, car ils satisfont le désir ou les besoins d’appartenance (ou de s’identifier à d’autres ou d’être reconnus par d’autres) et procurent donc des bienfaits comme la sécurité psychologique, l’estime de soi et le sentiment d’être chez soi dans le monde » (Mason, 2000, p. 54).

D’après les résultats du cycle 17 de l’Enquête sociale générale (ESG) de Statistique Canada sur l’engagement social, les degrés de satisfaction quant à la vie étaient les plus élevés chez les individus déclarant un très fort sentiment d’appartenance à leur communauté (Schellenberg, 2004a). En outre, les résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes indiquent que « près des deux tiers des personnes qui éprouvaient un sentiment d’appartenance à la communauté très fort ou plutôt fort ont déclaré que leur état de santé général était excellent ou très bon. Par contre, environ la moitié seulement (51 %) de celles éprouvant un sentiment d’appartenance très faible ont jugé favorablement leur état de santé générale » (Shields, 2008, p. 5‑6).

La présente étude repose sur les données de la cinquième vague (2006) de la World Values Survey (WVS – enquête mondiale sur les valeurs) et s’inspire des travaux de Neil Nevitte afin d’analyser l’association des répondants à diverses identités collectives (citoyen du monde, de l’Amérique du Nord, du Canada, de la province/région et membre de la communauté locale). L’analyse permet de comparer les réponses des natifs du Canada avec celles des immigrants récents et des immigrants établis.

Le présent rapport cherche à répondre aux questions suivantes :

  • Comment les immigrants récents, les immigrants antérieurs et les natifs du Canada se comparent‑ils en ce qui a trait au niveau auquel ils s’identifient ou s’associent aux différentes identités collectives (le monde, l’Amérique du Nord, le Canada, la province/région et la communauté locale)?
  • Les natifs du Canada sont‑ils plus susceptibles de s’identifier comme citoyens canadiens que les immigrants antérieurs et récents?
  • Existe‑t‑il des variables qui sont associées à la probabilité qu’un individu s’identifie comme citoyen du Canada?
  • Les individus qui s’identifient fortement à d’autres identités collectives (p. ex., citoyen du monde et membre de la communauté locale) sont‑ils plus susceptibles de s’identifier comme citoyens du Canada?

Voici comment nous procédons dans le rapport : après une analyse documentaire sur l’identité, l’identification et la migration, les sections suivantes présentent une analyse descriptive, suivie des résultats de la régression et d’une discussion. La conclusion résume les principales constatations et examine certaines des répercussions de la recherche sur les politiques publiques.


Note en bas de page

[Note 2] D’après le Recensement de 2006, 19,8 % de la population du Canada est née à l’étranger, et des changements considérables ont eu lieu quant aux pays d’origine des immigrants (Statistique Canada, 2007a). Ainsi, 70,2 % de la population née à l’étranger déclare une langue maternelle autre que l’anglais ou le français (Statistique Canada, 2008a) et 54,3% déclare être membre d’une minorité visible (Statistique Canada, 2008b).

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