9. Conclusion

Quel est et devrait être le rôle du programme d’immigration du Canada dans le marché du travail? L’information contenue dans le présent document indique que l’immigration (à son niveau actuel) ne peut à elle seule régler les grands problèmes qui se présenteront dans le marché du travail canadien dans les années à venir. Cela dit, l’immigration peut se révéler un outil précieux pour remédier aux pénuries dans certaines régions ou professions, ce qui améliorerait le rendement du marché du travail.

Comme par le passé, le Canada aura des défis à relever. Beaucoup découleront de facteurs qui ont été traités dans la section sur les risques ci-dessus (p. ex. cycles économiques, changements apportés à la technologie et à la réglementation). Le problème avec ce genre de risques, c’est qu’ils occasionnent des mouvements à la hausse et à la baisse de la demande de travailleurs. La lenteur ou le ralentissement de la croissance économique entraîne généralement une réduction de l’emploi et les études ont montré que les immigrants récents peuvent être particulièrement vulnérables pendant un ralentissement économique. En outre, la surreprésentation des immigrants dans certains secteurs industriels et certaines professions (notamment celles liées aux technologies de l’information) a entraîné récemment de piètres résultats économiques pour la population immigrante.

Les influences démographiques sont un peu plus faciles à prévoir; elles pèseront lourd, elles aussi, sur le marché du travail de demain. En fait, le principal facteur à prendre en compte au cours des deux ou trois prochaines décennies est probablement le grand nombre de départs à la retraite prévus pour les travailleurs de la génération des baby-boomers. Ce facteur aura une incidence considérable non seulement sur l’offre de main-d’œuvre, mais aussi sur la demande. Même si de nombreux travailleurs devraient prendre leur retraite, le Canada ne devrait pas subir de pénuries généralisées et soutenues de travailleurs dans l’avenir; toutefois, plusieurs professions pourraient connaître des pressions et des imperfections dans l’offre et la demande de travailleurs.

Avons-nous besoin de critères de sélection élevés en ce qui concerne le capital humain pour alléger ces pressions et obtenir un meilleur rendement du marché du travail? Ce n’est pas clair, et la réponse dépend avant tout des critères utilisés pour évaluer les besoins du marché du travail. Par suite de la mise en œuvre de la LIPR, les caractéristiques du capital humain sont devenues les principaux critères pour les décisions de sélection dans la catégorie des travailleurs qualifiés (fédéral), et les premières indications concernant les résultats économiques de ces immigrants laissent croire qu’ils sont supérieurs à ceux des immigrants sélectionnés en vertu de la loi antérieure à la LIPR.Note de bas de page 31 Toutefois, d’autres programmes (comme le Programme des candidats des provinces) qui reposent davantage sur les besoins régionaux en main-’œuvre montrent également des signes de résultats économiques positifs. Ce qu’il faut retenir, c’est que le programme d’immigration du Canada peut contribuer à réduire les pressions exercées sur le marché du travail et ses imperfections par l’admission de résidents permanents de différentes catégories, ainsi que de travailleurs étrangers temporaires.

L’insertion des immigrants dans la population active et l’amélioration de leurs résultats d’emploi sont des conditions essentielles à leur intégration dans la société canadienne et à l’amélioration du rendement global du marché du travail canadien. Toutefois, il ne s’agit pas simplement d’un exercice en gestion des niveaux. L’ajout de résidents permanents et temporaires à la population active ne répond pas nécessairement à tous les besoins du marché du travail; en fait, il risque même d’aggraver les problèmes. Il faut aussi faire attention lors de l’établissement de la « bonne » composition d’immigrants. Celle-ci peut dépendre de nombreuses considérations, notamment :

  • Combien de travailleurs hautement spécialisés, moyennement spécialisés ou peu spécialisés faut-il accueillir?
  • Quelle région du pays a besoin de ces travailleurs?
  • Les déséquilibres en matière de main-d’œuvre sont-ils provisoires et peut-on les corriger par le recours à des travailleurs temporaires ou doit-on faire appel aux résidents permanents?

Compte tenu de la situation dynamique et évolutive du marché du travail canadien, il est essentiel que le programme d’immigration du Canada soit suffisamment souple pour faire face aux complexités du marché du travail actuel et futur, non seulement pour assurer l’intégration des nouveaux immigrants, mais aussi afin d’optimiser les avantages pour l’économie canadienne.

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