ARCHIVÉ – Sources de revenu et autonomie des immigrants âgés au Canada

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VI. Conclusion

L’âge au moment de l’admission influe sur le revenu ultérieur.

  • Pendant toute la période visée, c’est chez les aînés à long terme que les revenus du marché privé sont le plus fréquents et que les revenus du marché public le sont le moins. Les immigrants âgés de ce sous‑groupe sont aussi ceux qui ont le moins souvent bénéficié d’un régime de retraite non contributif. Des trois groupes de personnes âgées, c’est aussi celui des aînés à long terme qui a affiché le revenu annuel le plus élevé.
  • Sur le plan du revenu, la situation des aînés à court terme et des aînés immédiats est très semblable, en particulier après la dixième année; toutefois, l’âge lors de l’admission continue d’être un facteur. Les aînés à court terme sont plus nombreux, proportionnellement, à toucher des revenus d’emploi et moins nombreux à bénéficier d’un supplément provincial avant la dixième année. Ils ont en outre un revenu annuel plus élevé que les aînés immédiats. Après 10 ans, les deux groupes amorcent une transition manifeste des revenus du marché vers les revenus de retraite. La fréquence des revenus du marché privé chute, alors que celle des revenus tirés de régimes de retraite non contributifs augmente de manière spectaculaire. La transition vers les revenus de retraite est commune aux deux groupes, mais elle est plus graduelle chez les aînés à court terme.

La catégorie d’immigrants influe sur le revenu ultérieur.

  • Les demandeurs principaux qualifiés ont tiré plus de revenus du marché privé pendant les vingt années qui ont suivi leur admission au Canada. C’est chez eux qu’on observe la plus forte fréquence des revenus d’emplois, tandis que la fréquence des suppléments provinciaux est bien en deçà de la moyenne globale. Les demandeurs principaux qualifiés ont également le revenu annuel le plus élevé et dépendent moins de revenus de retraite de source non contributive.
  • Les conjoints et les personnes à charge qualifiés sont proportionnellement plus nombreux que la moyenne à toucher des revenus d’emploi et beaucoup moins nombreux à bénéficier de suppléments provinciaux pendant cette période. Toutefois, la moyenne des revenus d’emploi déclarés n’est pas aussi élevée que celle des demandeurs principaux qualifiés. Le revenu annuel des conjoints et des personnes à charge qualifiés est inférieur, mais tout de même plus important que la moyenne enregistrée par tous les immigrants âgés. Quant au revenu de retraite, les immigrants âgés de cette catégorie sont les moins nombreux, proportionnellement, à bénéficier de la SV. Ils arrivent à l’avant-dernier rang des bénéficiaires du SRG et de l’Allocation.
  • Les autres immigrants de la catégorie économique, semblables en cela aux travailleurs qualifiés de cette même catégorie, ont été proportionnellement plus nombreux à déclarer des revenus du marché privé et moins nombreux que la moyenne à bénéficier de suppléments provinciaux. Toutefois, ces personnes ne semblent pas dépendre autant des revenus d’emploi, mais elles se sont classées au second rang des titulaires de revenus de placement. Elles ont également eu un revenu annuel comparable à celui des conjoints et des personnes à charge qualifiés. Les personnes âgées de cette catégorie comptent plus de bénéficiaires de la Sécurité de la vieillesse que les travailleurs qualifiés de la catégorie économique, mais moins que la moyenne globale. Cette fréquence supérieure de la SV n’a pas d’écho en ce qui concerne le Supplément de revenu garanti et l’Allocation. En effet, ces autres immigrants de la catégorie économique sont, de tous les immigrants, ceux qui bénéficient le moins souvent du SRG et de l’Allocation.
  • Les revenus d’emploi et de placement sont relativement peu fréquents chez les parents et les grands-parents, mais les suppléments provinciaux le sont beaucoup, surtout à partir de la dixième année suivant l’admission. Toutes catégories confondues, le revenu annuel des immigrants âgés de cette catégorie arrive à l’avant-dernière position avant la dixième année, et en dernière position à partir de la dixième. C’est aussi dans ce groupe qu’on observe la plus forte proportion de prestataires de la SV, du SRG et de l’Allocation à partir de la dixième année.
  • Les autres immigrants de la catégorie de la famille sont proportionnellement un peu plus nombreux à toucher des revenus d’emploi et de placement que l’ensemble des immigrants âgés. La fréquence des suppléments provinciaux est par ailleurs inférieure à la moyenne. Les revenus d’emploi déclarés par ces immigrants sont comparables à ceux des autres immigrants de la catégorie économique, mais leur revenu annuel est supérieur. De fait, leur revenu annuel déclaré est le troisième en importance, toutes catégories confondues. Ces autres immigrants de la catégorie de la famille semblent avoir tiré des revenus supplémentaires de régimes de retraite complémentaires. Ils se classent en effet au deuxième rang pour la fréquence de ce type de revenu. Sur le chapitre des revenus de retraite de source non contributive, ils présentent une proportion de prestataires de la SV, du SRG et de l’Allocation inférieure à la moyenne.
  • Chez les réfugiés, la fréquence des revenus d’emploi est très faible en moyenne, et celle des revenus de placement est la plus faible de tous les groupes. C’est aussi chez eux qu’on trouve la plus forte proportion de bénéficiaires de suppléments provinciaux. Les réfugiés âgés sont proportionnellement les moins nombreux à tirer des revenus de régimes de retraite complémentaires et ont eu des revenus annuels qui les classent à l’avant-dernier rang sur ce chapitre. La fréquence de la SV est légèrement inférieure à la moyenne chez les réfugiés âgés, mais celle du SRG et de l’Allocation se situe en revanche au second rang de toutes les catégories.
  • Les immigrants retraités, comme il fallait s’y attendre, forment le groupe qui présente les revenus d’emploi les moins fréquents, mais les revenus de placement les plus fréquents. C’est parmi eux qu’on observe la plus forte fréquence des revenus de régimes de retraite complémentaires et la plus faible fréquence des suppléments provinciaux. Le revenu annuel déclaré par les immigrants retraités vient tout juste derrière celui des demandeurs principaux qualifiés. Et, malgré un revenu annuel relativement élevé, les immigrants retraités se classent au second rang en ce qui concerne la fréquence de la SV. En revanche, la fréquence du SRG et de l’Allocation dans ce groupe est largement inférieure à la moyenne.

Le travail après 60 ans entraîne une hausse du revenu annuel et une baisse des transferts sociaux ultérieurs.

  • De toutes les catégories d’immigrants, par exemple, les demandeurs principaux qualifiés ont été ceux qui ont affiché la fréquence la plus élevée des revenus d’emploi, ces revenus ayant par ailleurs été les plus élevés, en moyenne. Près de la moitié des demandeurs principaux qualifiés de plus de 60 ans continuent de déclarer des revenus d’emploi après 20 ans au Canada; ce pourcentage est même plus important chez les aînés à long terme de cette catégorie.
  • La forte participation des demandeurs principaux qualifiés au marché du travail, après l’âge de 60 ans, a des effets manifestes sur le revenu annuel de ce sous-groupe ainsi que sur la fréquence de ses revenus de retraite de source non contributive. Les personnes âgées de ce sous-groupe touchent le revenu annuel le plus élevé de toutes les catégories d’immigrants, faisant état de sommes largement supérieures à la moyenne pour toute la période visée.
  • Cela étant, il n’est pas étonnant que les demandeurs principaux qualifiés âgés aient touché moins souvent des prestations de la SV, du SRG et de l’Allocation que les autres catégories d’immigrants.

La faible participation au marché du travail entraîne une baisse du revenu annuel et une hausse des transferts sociaux ultérieurs.

  • De toutes les catégories d’immigrants, par exemple, ce sont les parents et les grands-parents qui ont touché le moins souvent des revenus d’emploi à partir de la dixième année suivant leur admission ainsi que ceux chez qui les revenus d’emploi ont été les plus faibles. Dix ans après avoir été admis, en effet, seuls 10 % des parents et grands-parents âgés ont déclaré des revenus d’emploi, et ce pourcentage continue de baisser avec le temps.
  • Les parents et grands-parents âgés sont aussi ceux qui ont déclaré le revenu annuel le plus faible de toutes les catégories d’immigrants à partir de la dixième année. En raison de leur faible participation au marché du travail, leur revenu annuel est faible et leur dépendance à l’égard des revenus de retraite de source non contributive est beaucoup plus grande. La fréquence des revenus d’emploi baissant à 10 % à partir de la dixième année, le pourcentage de parents et de grands-parents faisant état de prestations de la SV, du SRG et de l’Allocation augmente de manière spectaculaire.

La durée de la participation au marché du travail a également un effet sur le revenu tiré des régimes de retraite contributifs.

  • La fréquence des prestations du RPC ou du RRQ chez les demandeurs principaux qualifiés du groupe des aînés à long terme est inférieure à la moyenne. Cette faible fréquence et les montants moyens peu élevés viennent de ce que les aînés à long terme travaillent après 60 ans et touchent leurs prestations plus tard. Toutefois, à mesure que ces prestataires tardifs, titulaires de crédits supérieurs rempliront les conditions requises pour bénéficier d’une pension, la fréquence et le montant moyen des prestations augmenteront. De fait, le rapport positif entre le montant moyen des prestations et le nombre d’années au Canada montre que c’est déjà le cas dès la vingtième année suivant l’admission au Canada.

Le revenu annuel des aînés à court terme et immédiats monte en flèche à partir de la dixième année.

  • L’augmentation soudaine du revenu constatée à partir de la dixième année s’explique en partie par la composition de ce sous-groupe d’immigrants âgés. Rappelons que les parents et les grands-parents constituent respectivement 60 % et 79 % des aînés à court terme et immédiats. Cette hausse du revenu à partir de la dixième année coïncide avec la hausse importante du recours à la SV, au SRG et à l’Allocation, ainsi que des suppléments provinciaux versés aux parents et aux grands-parents. Il semble que les transferts sociaux versés aux parents et aux grands-parents âgés qui se trouvaient au Canada depuis au moins dix ans suffisent à compenser la diminution du revenu tiré du marché privé tout en augmentant le revenu annuel moyen des aînés à court terme et immédiats.

Stratégies de maintien du revenu après l’âge de 60 ans 

  • À l’évidence, la plupart des immigrants âgés font état de revenus de plus d’une source à un moment ou à un autre. Il apparaît en outre que certaines sources de revenus de retraite remplacent peu à peu les revenus d’emploi des immigrants de certaines catégories, quand ceux-ci satisfont aux exigences relatives à l’âge et à la période de résidence et deviennent admissibles aux régimes de retraite non contributifs. Il faudrait toutefois effectuer des recherches supplémentaires pour distinguer les sources de revenu principales, complémentaires et supplémentaires. En effet, il ne suffit pas d’additionner le montant moyen des revenus de toutes les sources accessibles pour obtenir une évaluation juste du revenu annuel. Les immigrants âgés ont accès à plusieurs combinaisons de sources de revenus, qui changent d’une personne à l’autre et avec le temps. Il faut donc approfondir la recherche pour comprendre les diverses stratégies qu’utilisent les immigrants âgés pour maintenir le niveau de leur revenu tout au long de la retraite.

Quelle est la situation des personnes âgées nées au Canada?

  • Il serait utile d’étudier par ailleurs la situation, sur le plan du revenu, des personnes nées au Canada et ayant au moins 60 ans, pour la comparer ensuite à celle des immigrants âgés. Les premières auront eu plus de possibilités de participer au marché du travail que les immigrants arrivés à 40 ans ou plus. De même, elles satisfont en majorité à tous les critères d’admissibilité aux régimes de pensions non contributifs dès l’âge de 65 ans. Il serait intéressant de voir comment ces différences influent sur les revenus moyens et les stratégies mises en œuvre par les personnes âgées nées au Canada et leurs homologues nés à l’étranger pour maintenir un niveau de revenu pendant toute la retraite.

Le revenu familial importe-t-il?

  • Il serait aussi important d’étudier, sur le plan du revenu, la situation des familles ou des ménages auxquels appartiennent les immigrants âgés. On peut s’attendre à ce que les stratégies des immigrants âgés diffèrent selon la situation de la famille ou du ménage. Un immigrant âgé vivant seul, par exemple, assume peut-être des coûts supérieurs à ceux d’une personne âgée vivant avec ses enfants.

Le parrainage a-t-il une incidence?

  • Bon nombre des immigrants âgés visés par la présente analyse ont été admis au Canada à titre de parents ou de grands-parents parrainés. Or, le répondant assume la responsabilité financière de l’immigrant qu’il parraine pendant la période indiquée dans l’entente de parrainage, et l’accessibilité de certaines prestations de retraite dépend du stade où en est le parrainage. Il serait utile, dans cette optique, d’étudier la situation des répondants sur le plan du revenu ainsi que ses effets sur la situation des immigrants âgés parrainés.
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