ARCHIVÉ – Bibliographie annotée : l’immigration francophone au Canada atlantique

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Travaux académiques

BALDACCHINO, Godfrey, « Coming to, and Settling on, Prince Edward Island: Stories and Voices ». A Report on a Study of Recent Immigrants to PEI, University of Prince Edward Island, 2006, 84 p.

Objet de la publication : Ce document est un rapport concernant une étude empirique réalisée par questionnaire (électronique, papier ou oral) auprès de 320 migrants venus s’établir à l’Île-du­Prince-Édouard entre 1998 et 2003. L’étude inclut 88 personnes nées en dehors du Canada (immigrants internationaux).

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Aucun traitement séparé des francophones n’est proposé dans ce rapport. L’auteur indique que 10 des 320 participants ont répondu en français et que 82 déclarent comprendre le français. Il est difficile de savoir combien des 88 immigrants internationaux de l’étude sont francophones (mais un tableau présente les pays d’origine : 2 viennent de France, 1 du Cameroun, quelques-uns viennent d’autres pays comme la Suisse ou la Roumanie, où le français est assez répandu), mais l’échantillon global contient également 22 répondants arrivés du Québec et 19 autres du Nouveau-Brunswick, qui pourraient aussi faire partie des répondants ayant choisi le français.

Objectifs et résultats globaux de l’étude : L’étude cherchait à recueillir les témoignages de migrants sur les raisons qui les ont motivés à venir s’établir à l’Île-du-Prince-Édouard et à y rester (les « pull factors »), en mettant l’accent sur les facteurs économiques, éducationnels, socioculturels, environnementaux et reliés à la santé. La qualité de vie et ses différentes facettes sont la réponse la plus commune. On souligne aussi en revanche que les réseaux sociaux locaux, tissés très serrés, sont souvent difficiles à pénétrer, surtout pour les personnes d’origine non­canadienne.

Résultats pertinents pour le thème de l’immigration francophone : Trois éléments mentionnés dans les résultats concernent plus spécifiquement la dimension francophone de la migration. Premièrement, quelques répondants francophones ont indiqué se considérer comme appartenant à une « minorité visible » en raison de leur langue. Deuxièmement, quelques répondants ont déploré le manque de services à la communauté francophone. Troisièmement, parmi les répondants à souligner que les habitants de l’Île sont fermés à la diversité, certains montrent que cette fermeture concerne aussi la diversité linguistique; ainsi, deux répondantes d’origine québécoise ont expliqué avoir rencontré beaucoup d’hostilité et des difficultés d’intégration en raison de leur langue (française).

Méthodologie : Enquête par questionnaire en grande partie fermé, mais avec plusieurs questions ouvertes où l’on demande au répondant de donner autant de détails qu’il souhaite. C’est en ce sens que l’auteur peut parler d’étude qualitative.

Mots clefs : Établissement et intégration; motivations pour s’établir en Atlantique.

BELKHODJA, Chedly, « Le défi de la régionalisation en matière d’immigration : l’immigration francophone au Nouveau-Brunswick », Canadian Issues/Thèmes canadiens, printemps 2005, pp. 112-115.

Objectif de l’article : L’auteur rend compte des développements récents en matière de régionalisation de l’immigration francophone au Nouveau-Brunswick

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Le texte est directement pertinent, puisqu’il porte sur l’immigration francophone dans l’une des provinces de l’Atlantique.

Résumé : Après avoir passé en revue le contexte théorique qui conduit les provinces canadiennes à une prise en charge de l’immigration (reconfiguration du rôle de l’État-nation face à la mondialisation et à la décentralisation du fédéralisme), Belkhodja rappelle les principaux défis de la région de l’Atlantique (faibles nombres d’immigrants, difficultés démographiques, réputation de la région d’être homogène et conservatrice), mais aussi deux nouvelles dynamiques plus favorables à l’immigration (discours sur une nouvelle identité pancanadienne et taux de croissance soutenu).

L’auteur retrace ensuite les initiatives visant l’immigration francophone dans la région. Dans la foulée des travaux du comité de CIC sur l’immigration francophone et des réflexions de la FCFA (qui lance un discours de la francophonie plurielle dans lequel les communautés de l’Ouest semblent se reconnaître plus facilement que les communautés acadiennes), la SAANB reconnaît l’importance du défi de l’intégration et fonde une Table de concertation provinciale sur l’immigration francophone. Elle commande aussi des études, qui montrent que le discours de l’immigration se limite trop à l’apport démographique et économique.

Belkhodja conclut sur trois éléments : premièrement, le travail à faire sur la diversification de l’identité, difficile dans un milieu qui a tant eu recours au discours de la dualité pour réussir à se façonner un « lieu de vie francophone »; deuxièmement, l’importance de la sensibilisation des sociétés d’accueil pour favoriser leur ouverture et, finalement, la nécessité de dépasser la conception utilitariste de l’immigration.

Méthodologie : Analyse documentaire et observation.

Mots clefs : Stratégies et politiques publiques; institutions.

BELKHODJA, Chedly, « Une ville plus inclusive? Le cas de Moncton au Nouveau-Brunswick ». Nos diverses cités, no 2, hiver 2006, pp. 130‑134.

Objectif de l’article : L’auteur illustre un projet de recherche en cours sur la gestion de la diversité dans les villes de taille moyenne en présentant des impressions préliminaires au sujet du cas de Moncton.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : La ville de Moncton étant bilingue, toutes les mesures présentées dans ce texte sont pertinentes. Des initiatives concernant plus spécifiquement l’immigration francophone sont également décrites.

Résumé : Le Grand Moncton est souvent présenté comme « un success story » dans les médias (y compris dans l’édition précédente de Nos diverses cités) en raison de sa reprise économique, de sa dimension bilingue et de sa croissance démographique. Belkhodja présente ici la grille d’analyse d’un projet d’analyse comparée de diverses villes, projet mené en collaboration avec plusieurs chercheurs. L’étude s’intéressera aux structures et acteurs de l’immigration; aux programmes et services; aux représentations de l’intégration et du développement local; à la perception qu’ont les immigrants de ces services et mesures; aux liens entre les divers acteurs et secteurs.

Dans une seconde partie, l’auteur présente les initiatives entreprises dans le cas de Moncton. Bien que la région soit marquée par des flux migratoires, les immigrants internationaux sont en petit nombre et proviennent de sources traditionnelles. Toutefois, ces chiffres pourraient augmenter, d’une part, en vertu d’une nouvelle tendance à la migration secondaire vers des villes de petite taille et en particulier d’une tendance pour les immigrants francophones de s’établir en dehors du Québec et, d’autre part, en raison d’une augmentation du nombre d’étudiants internationaux dans les collèges et universités de la province. Une agence de promotion économique, Entreprise Grand Moncton, est l’un des acteurs qui se sont saisis du dossier de l’immigration; parmi leurs mesures, Belkhodja souligne la volonté de développer un village chinois à Moncton pour y attirer des immigrants de ce pays. L’auteur souligne ensuite « le caractère francophone de certaines initiatives » : la SAANB se penche sur le dossier; plus concret, le CAIIMM souhaite développer un « lieu physique de l’interculturalité au cœur de la ville pouvant servir d’espace d’accueil et d’intégration des nouveaux immigrants francophones qui se sentent parfois désorientés dans une ville majoritairement anglophone »; enfin, une télévision communautaire présente des immigrants francophones dans le cadre de son émission « Couleurs de l’Acadie » .

L’auteur souligne que les villes devront relever le défi de « rendre l’immigrant visible » (socialement, politiquement, culturellement). D’une part, il faudra entrer en dialogue avec les communautés immigrantes et les inclure dans les instances décisionnelles, au lieu de cibler uniquement des immigrants qui se fondent dans la masse. D’autre part, il faut développer des outils de sensibilisation (comme ceux de l’UNESCO ou les forums publics à Ottawa) servant à combattre la discrimination raciale et le racisme, encore bien présents dans les villes plutôt homogènes. L’auteur conclut sur un rappel des signes encourageants d’une diversité plus visible au quotidien, donnant l’exemple de jeux de soccer amicaux qui sont devenus des terrains d’échanges interculturels.

Méthodologie : Non spécifiée.

Mots clefs : Stratégies et politiques publiques (niveau municipal).

BELKHODJA, Chedly, « La gestion d’une nouvelle diversité : l’enjeu de l’immigration dans la région du Grand Moncton », INSCAN – L’établissement international au Canada, Division de ressources pour la recherche sur les réfugiés, vol.21, no 3, hiver 2008, pp. 1-4.

Objectif de l’article : Belkhodja présente l’état de l’immigration dans la région du Grand Moncton, en donnant quelques chiffres et en illustrant les initiatives récentes en matière d’immigration. (Il s’agit d’une mise à jour du texte précédent, qui suit sensiblement la même présentation, mais en apportant des précisions supplémentaires sur certains aspects).

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : La ville de Moncton étant bilingue, toutes les initiatives présentées dans ce texte sont pertinentes. Des initiatives concernant plus spécifiquement l’immigration francophone sont également décrites (voir résumé).

Résumé : Le Grand Moncton est souvent présenté comme « un success story » dans les médias en raison de sa reprise économique, de sa dimension bilingue et de sa croissance démographique. Or, celle-ci est surtout le fait d’une migration intra-provinciale (notamment des francophones en provenance du Nord qui s’établissent à Dieppe). En fait, les immigrants internationaux sont en petit nombre et proviennent de sources traditionnelles. Pourtant, les acteurs locaux sont conscients du besoin imminent et on note déjà une augmentation récente attribuable au Programme des Candidats, à des recrutements ciblés dans quelques pays et au recrutement d’étudiants étrangers, notamment à l’Université de Moncton (université francophone).

Belkhodja décrit ensuite quelques initiatives propres à Moncton prises par trois organismes. Tout d’abord, MAGMA, fondé en 1980, est le principal organisme voué l’accueil et l’intégration des nouveaux immigrants et des réfugiés; cet organisme se présente comme bilingue. Deuxièmement, le CAIIMM, fondé en 2006 est le fruit de deux sources : il découle d’un organisme de sensibilisation local, mais il est aussi tributaire d’une nouvelle « dynamique autour de l’immigration francophone », intégrant celle-ci dans le projet de société de la communauté acadienne, porté par la SAANB et la Table de concertation sur l’immigration francophone au Nouveau-Brunswick. Le CAIIMM s’adresse tant aux nouveaux immigrants qu’à ceux qui sont déjà installés et se veut aussi un « carrefour d’échanges » avec la société d’accueil, par des activités mais aussi grâce à un lieu physique servant d’espace culturel commun. Enfin, les acteurs économiques, réunis dans « Entreprise Grand Moncton », en partenariat avec les deux autres grandes villes de la province, misent sur le recrutement et la promotion à l’étranger dans une stratégie d’attraction régionale.

L’auteur souligne enfin deux grands enjeux propres à la dynamique de l’immigration dans les villes relativement homogènes. D’une part, il s’agit de « rendre l’immigrant visible » (socialement, politiquement, culturellement), au lieu de cibler uniquement des immigrants qui se fondent dans la masse. D’autre part, il faut développer des outils de sensibilisation (comme ceux de l’UNESCO ou les forums publics à Ottawa) servant à combattre la discrimination raciale et le racisme, encore bien présents dans les villes plutôt homogènes. L’auteur conclut sur un rappel des signes encourageants et sur des exemples de petites interactions du quotidien.

Méthodologie : Non spécifiée.

Mots clefs : Stratégies et politiques publiques (initiatives locales); services aux immigrants.

BOUDREAU, Annette, « Pourquoi un conseil de l’aménagement linguistique au Nouveau-Brunswick? », Hélène DESTREMPES et Joe RUGGERI (dir.), Rendez-vous immigration 2004, Centre Métropolis Atlantique et University of New-Brunswick, 2005, pp. 325-342.

Objectif de l’article : L’auteure démontre l’intérêt de la question de l’aménagement linguistique pour l’attraction et la rétention des immigrants (surtout francophones) au Nouveau-Brunswick.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Le texte a un lien direct avec la question.

Résumé : Boudreau commence par relater la genèse du Conseil de l’aménagement linguistique du Nouveau-Brunswick, fondé en 2004 pour « favoriser l’épanouissement des deux groupes linguistiques » et pour combler les insuffisances des lois linguistiques, qui, au Nouveau-Brunswick, se sont surtout penchées sur le statut formel des langues (égalité des droits et privilèges des deux communautés linguistiques), ce qui n’est qu’un seul des trois grands volets généralement inclus dans l’aménagement linguistique, qui comporte également le corpus et la circulation des langues (paysage linguistique au sens large du terme). Ce dernier volet concerne notamment la façon dont la perception du statut des langues influence les pratiques langagières.

Ensuite, l’auteure se penche sur l’intérêt pour la province de favoriser un aménagement linguistique, notamment pour l’accroissement de l’immigration au Nouveau-Brunswick. Boudreau montre que, généralement mal informés sur la question par la « promotion que fait la province de son caractère bilingue », les immigrants imaginent que le bilinguisme du Nouveau-Brunswick est tel qu’« il est possible de passer d’une langue à l’autre sans problèmes ». Or, une fois arrivés, généralement dans les grandes villes plutôt au Sud de la province, ils découvrent un paysage linguistique largement dominé par l’anglais, peu de services en français, peu d’occasions de trouver un milieu de travail en français ou même bilingue, en somme, un espace public où la langue minoritaire « n’occupe pas la place qui lui revient ». En outre, les immigrants sont rarement informés des différences régionales qui leur auraient permis de choisir une région où il est possible de « s’épanouir en tant que francophone » . Boudreau décrit alors les avantages qu’aurait la province à développer son bilinguisme pour attirer et retenir davantage d’immigrants. En effet, plusieurs immigrants interrogés par Boudreau ont indiqué que le bilinguisme qu’ils imaginaient trouver dans la province avait contribué à leur attrait pour celle-ci. Il faudrait donc développer des mesures permettant aux francophones de vivre au Nouveau-Brunswick sans avoir à « sacrifier leur francité » et pour sensibiliser les anglophones à la valeur ajoutée fournie par « un milieu où les deux cultures s’enrichissent mutuellement ». Un tel bilinguisme réel pourrait alors être présenté aux immigrants potentiels, tant anglophones que francophones, comme une richesse du Nouveau-Brunswick.

Méthodologie : Analyse qualitative d’entrevues.

Mots clefs : Aménagement linguistique.

BOUDREAU, Annette, Sonya MALABORZA et Isabelle VIOLETTE, Les immigrants et leur(s) langue(s) dans les Provinces maritimes, Série de documents de recherche du Centre Métropolis Atlantique, WP-02, 2005-2006, 26p.

Objectif du document : Cette publication de la Working Paper Series du Centre Métropolis Atlantique présente un projet de recherche en construction et les résultats d’une enquête préliminaire constituée de récits de vie permettant de retracer les biographies sociolinguistiques de 6 immigrants francophones, presque tous de la région de Moncton.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Évidemment, cette recherche est directement pertinente en ce qui concerne l’immigration francophone en Atlantique.

Résumé : Le projet dans son ensemble semble très englobant (étude de la publicité du Nouveau-Brunswick destinée aux immigrants, entrevues qualitatives à travers l’Atlantique avec des immigrants, étude des représentations linguistiques du milieu d’accueil acadien); il abordera quatre grands axes soit les rapports entre langue, identité et transnationalisme; les rapports entre anglophones et francophones; les dynamiques d’assimilation et de différenciation des langues en milieu urbain; et l’adaptation des politiques à la réalité sociolinguistique de la province.

De manière plus restreinte, les résultats de l’enquête préliminaire présentés indiquent que les immigrants considèrent que la publicité sur le Canada et le Nouveau-Brunswick à l’extérieur ne précise pas assez la dynamique sociolinguistique qui y règne : soit on ne sait pas qu’il est possible de vivre en français dans cette province, soit on pense qu’il s’agit d’un endroit où l’on peut « parler français ou anglais n’importe où et se faire comprendre ou échanger partout dans la langue de son choix ». Certains répondants ont abouti à Moncton après une migration secondaire, d’autres pour leurs études. Ces derniers ont eu du mal à se trouver un travail à la hauteur de leurs qualifications (pourtant obtenues au Canada), en grande partie en raison de leur faible maîtrise de la langue anglaise.

Méthodologie : Enquête qualitative.

Mots clefs : Représentations des langues.

CONRAD, Margaret et Heather STEEL, « Ils viennent et ils vont. Quatre siècles d’immigration au Nouveau-Brunswick ». Hélène DESTREMPES et Joe RUGGERI (dir.), Rendez-vous immigration 2004, Centre Métropolis Atlantique et University of New-Brunswick, 2005, pp. 79-113.

Objectif de l’article : Conrad et Steel retracent les grandes périodes de l’histoire de l’immigration au Nouveau-Brunswick et font ressortir des patterns récurrents dans l’orientation des politiques et dans la faible rétention.

Résultats globaux : Les auteures distinguent cinq périodes de l’immigration au Nouveau-Brunswick, chacune caractérisée par différentes orientations : colonisation (1604-1815), peuplement, notamment par des Irlandais (1815-1867), immigration agricole (1867-1945), désintérêt pour la question de l’immigration (1946-1973), orientation de la politique vers la question du travail, y compris pour les étudiants étrangers (1973-2004). Quelle que soit l’intensité des efforts, toutes ces périodes sont toutefois caractérisées par un faible taux de rétention. Les auteures mentionnent également plusieurs fois la frilosité du Nouveau-Brunswick par rapport à la diversité.

Résultats pertinents pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Quelques passages portent spécifiquement sur l’immigration francophone. Après la période de colonisation française (abordée en début d’article), les francophones ne se sont plus penchés directement sur l’immigration. En 1881, les leaders francophones se méfiaient des politiques d’immigration, qui visaient des immigrants s’intégrant aux communautés anglophones; ils créèrent plutôt la Société de colonisation acadienne, cherchant des moyens de maintenir leurs jeunes dans la région, mais, en l’absence d’appui des anglophones ou des institutions catholiques (majoritairement irlandaises), ces mesures ne furent pas couronnées de succès (p. 94). Pour la période de l’après­guerre (une trentaine d’années), les auteures indiquent que les francophones n’ont pas tenté de suivre l’exemple québécois de prise de contrôle du processus de l’immigration dans le but d’assurer leur équilibre démographique (p. 105). Dans la période plus récente, les auteures notent que le Nouveau-Brunswick attire un plus grand pourcentage d’immigrants francophones que les autres régions du Canada hors Québec, mais que ceux-ci tendent à s’intégrer aux communautés anglophones.

Conclusions : Les politiques d’immigration au Nouveau-Brunswick n’ont jamais été d’un succès durable, notamment parce qu’elles ont généralement été façonnées en fonction des besoins locaux. Les auteurs recommandent de développer une vision à plus long terme, de considérer aussi les besoins des nouveaux arrivants et, enfin, de reconnaître et accepter que l’arrivée d’immigrants modifiera le tissu social de la province.

Méthodologie : Étude de la documentation historique et analyse documentaire.

Mots clefs : Politiques publiques; attitudes par rapport à l’immigration; rétention.

DESTREMPES, Hélène, « Moncton : au carrefour des langues et des cultures », Nos diverses cités, no 1, printemps 2004, pp. 97-99.

Objectif de l’article : Destrempes présente un domaine de recherche du Centre Métropolis Atlantique (alors récemment créé), tout en montrant comment il s’inscrit dans la configuration linguistique de la province.

Résumé : Réunissant diversité linguistique et culturelle, Destrempes commence par décrire la conjoncture linguistique et culturelle actuelle de la ville de Moncton, qui venait notamment de se proclamer bilingue, dans la foulée de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick. Elle énumère ensuite quelques activités de groupes communautaires ou citoyens, voués soit à la diversité linguistique (Conseil de l’aménagement linguistique au Nouveau-Brunswick) soit à la question de l’accueil et l’intégration des immigrants (MAGMA) ou encore aux deux enjeux (SAANB).

Puis, l’auteure évoque les travaux de plusieurs chercheurs de l’Université de Moncton portant soit sur la question du bilinguisme, soit sur des questions d’immigration, en particulier en milieu acadien. Enfin, elle discute du Centre Métropolis Atlantique, et en particulier du domaine « culture, langue et identité », dont l’existence même est en partie tributaire de « la composition culturelle des Maritimes ». Ce domaine englobe trois thèmes principaux : 1) les particularités de l’accueil et de l’intégration des immigrants dans un milieu minoritaire, c’est-à-dire dans un contexte de carences institutionnelles et d’absence d’une identité citoyenne; 2) les représentations de l’altérité (dans les productions artistiques, mais aussi scolaires) et 3) l’étude des contacts et transferts culturels et linguistiques.

Méthodologie : Non spécifiée.

Mots clefs : Diversité

FONTAINE, Louise, « Processus d’établissement, nouvel arrivant et structure d’accueil à Halifax (Nouvelle-Écosse) : une exploration de quelques actions concrètes », Études ethniques canadiennes/Canadian Ethnic Studies, vol.XXXVII, no 3, 2005, pp.  136-149.

Objectif de l’article : Fontaine documente très concrètement la forme que prend le processus d’accueil et d’intégration des immigrants tel qu’opéré par MISA à Halifax.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Aucun traitement distinct de l’immigration francophone n’est proposé. La question de la langue n’est pas abordée (sauf pour la mention des cours d’anglais langue seconde).

Résumé : Après une introduction théorique sur l’approche de Crozier et Friedberg et la présentation de la méthodologie, Fontaine décrit en détail les différentes étapes des services offerts par MISA, en particulier aux réfugiés parrainés par le gouvernement fédéral. Ceci permet de mieux substantifier des concepts comme l’établissement, l’adaptation et l’intégration, qui sont souvent employés mais sans être précisés (p. 137).

Méthodologie : Étude de cas « exploratoire et plutôt descriptive », fondée sur l’observation (directe et participante), des entrevues et discussions ainsi que de l’analyse documentaire.

Mots clefs : Services aux immigrants.

GALLANT, Nicole, « L’école francophone du Nouveau-Brunswick face à la diversité  », Hélène DESTREMPES et Joe RUGGERI (dir.), Rendez-vous immigration 2004, Centre Métropolis Atlantique et University of New-Brunswick, 2005, pp. 343 [note 4]

Objectif de l’article : Gallant examine les spécificités dans la façon dont les milieux scolaires francophones du Nouveau-Brunswick (et en particulier la section francophone du Ministère de l’Éducation) perçoivent et traitent l’immigration.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Puisqu’il s’agit d’une étude de cas portant sur le Nouveau-Brunswick, la pertinence de cet article est directe.

Résumé : Après une mise en contexte présentant la dualité linguistique du système d’éducation au Nouveau-Brunswick et le faible nombre d’immigrants dans les écoles francophones de la province, l’article se divise en deux grandes sections. La première porte sur la façon dont l’immigrant lui-même est perçu et traité par les institutions scolaires francophones de la province. Gallant démontre que le secteur anglophone a développé une importante réflexion sur l’adaptation et l’inclusion de l’élève immigrant dans les classes, alors que le secteur francophone adopte une approche universaliste, prônant une égalité qui passe par un traitement uniforme et identique (à l’exception des cours de français langue seconde, mais qui sont justement dispensés en dehors du contexte scolaire). Gallant rappelle que certains traitements différenciés sont pourtant nécessaires pendant une période d’adaptation, précisément pour que l’élève immigrant puisse atteindre l’égalité avec les autres (une transition au niveau du contenu pédagogique, au niveau de l’apprentissage du français ou de ses variantes locales, ainsi que des codes sociaux propres à la société d’accueil); l’auteure met cependant en garde contre des abus dans la volonté de valoriser la différence de l’élève immigrant, valorisation qui pourrait se transformer en marginalisation si elle est trop appuyée.

La seconde partie de l’article porte sur la façon dont la diversité est présentée à l’ensemble des élèves (qu’ils soient immigrants ou non). Ici, le secteur francophone fait preuve d’une volonté d’inculquer à ses élèves une certaine ouverture sur le monde, mais les institutions scolaires évoquent cette diversité comme si elle se trouvait en dehors du monde scolaire et de la communauté de langue officielle, et non pas en son sein. Or, l’auteure indique que, pour favoriser l’ouverture des communautés francophones du Nouveau-Brunswick à l’immigration, il faut au contraire développer chez les élèves une conception inclusive de l’appartenance à ces communautés.

L’article conclut sur trois recommandations pour une éventuelle politique de l’immigration au Nouveau-Brunswick : nécessité de traiter de l’éducation dans une politique d’immigration cohérente; nécessité de diviser la politique d’immigration et son administration pour refléter la dualité linguistique de la province (à l’instar du Ministère de l’éducation); et implantation d’un programme sérieux d’ouverture et de sensibilisation pour les élèves et les enseignants, dans toutes les écoles francophones.

Méthodologie : Analyse documentaire, discussions informelles et analyse du discours. Perspective politique et sociologique de l’éducation.

Mots clefs : Éducation; attitudes par rapport à l’immigration; discours public sur l’immigration.

GALLANT, Nicole, « Quand les immigrants sont la minorité dans une minorité : ouverture et inclusion identitaire en milieu francophone minoritaire », Nos diverses cités, no 3, 2007, pp.  93-97.

Objectif de l’article : Gallant présente les résultats d’une enquête qualitative portant sur les attitudes d’ouverture à l’immigration et d’inclusion identitaire chez les francophones en milieu minoritaire.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : L’étude compare deux terrains, dont un est l’Acadie des Maritimes. Les résultats comparés sont donc directement pertinents pour la question de l’immigration francophone en Atlantique.

Résumé : Cet article porte sur les dimensions symboliques de l’accueil et de l’intégration des immigrants en milieu francophone minoritaire, en prenant l’Acadie des Maritimes et la Fransaskoisie comme études de cas. Sur le plan des attitudes par rapport à l’immigration, la plupart des répondants sont favorables à l’immigration francophone dans leur région, soit pour son apport démographique (en Fransaskoisie) soit pour la diversité culturelle qu’elle amène (en Acadie), mais environ le tiers des répondants expriment quelques réserves (notamment la crainte de la dilution de l’identité locale). En ce qui concerne leurs représentations de la francophonie locale, les répondants fransaskois ont des définitions très diverses de ce qui fait un Fransaskois, alors qu’on peut identifier trois grands types de définitions de ce qu’est un Acadien : ou bien quelqu’un qui est de descendance acadienne, ou alors quelqu’un qui se sent Acadien et vit une culture acadienne, ou encore une combinaison des deux. Enfin, en ce qui concerne l’inclusion identitaire (c’est-à-dire la possibilité pour les immigrants de « devenir » Acadien ou Fransaskois, donc d’être considérés comme membres à part entière du groupe), les répondants sont moins inclusifs en Acadie qu’en Fransakoisie; ceci est dû en partie à la prégnance des définitions de type généalogique. Gallant constate donc que « l’ouverture à l’immigration est loin d’être garante d’inclusion identitaire », mais que, « inversement, la volonté d’inclusion identitaire n’est pas requise pour qu’il y ait ouverture ». Elle s’interroge alors sur la nécessité de favoriser une identité inclusive, ce qui relève à son avis d’un choix de société que doivent faire les communautés francophones en situation minoritaire.

Méthodologie : Entrevues semi-dirigées avec 43 jeunes (18 à 25 ans) vivant dans diverses régions des deux terrains étudiés.

Mots clefs : Attitudes par rapport à l’immigration; identité.

GALLANT, Nicole et Chedly BELKHODJA, « Production d’un discours sur l’immigration et la diversité par les organismes francophones et acadiens au Canada », Études ethniques canadiennes/Canadian Ethnic Studies, vol. XXXVII, no 3, 2005, pp. 35-58.

Objectif de l’article : Gallant et Belkhodja présentent une analyse du discours véhiculé par les sites Internet des organismes minoritaires francophones du Canada au sujet de l’immigration.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Les auteurs traitent de l’ensemble des organismes de la francophonie canadienne minoritaire et incluent aussi un échantillon particulier des organismes du Nouveau-Brunswick. L’analyse ne distingue pas de tendance régionale particulière; compte tenu des illustrations, on peut déduire que la plupart des conclusions présentées dans cet article concernent aussi bien les organismes francophones de l’Atlantique que les autres.

Résumé : Après avoir présenté la structure organisationnelle de la francophonie minoritaire au Canada ainsi que des données démographiques sur l’immigration francophone en dehors du Québec, les auteurs montrent la genèse du discours sur l’immigration et la diversité au sein de ces organismes.

Le cœur de l’article est consacré à une analyse du discours de ces organismes. Dans un premier temps, les auteurs montrent comment sont désignés et caractérisés les immigrants : l’expression « nouveaux arrivants » semble prendre le dessus sur celle d’« immigrants »; d’autres expressions marquent la différence ethnique et culturelle, mais certaines dénominations sont plus inclusives; plusieurs organismes présentent les immigrants comme un tout monolithique et d’autres voient simplement les immigrants comme l’une des facettes de la diversification de leur clientèle. Ensuite, les auteurs abordent deux principales tendances dans la façon dont les groupes définissent la francophonie locale : soit ces organismes incluent les immigrants dans une description de la diversité interne des communautés (diversité parfois soulignée comme étant une richesse et non simplement un état de fait), soit leur discours place les immigrants à côté de la francophonie locale, mais donc aussi à l’extérieur de celle-ci. Cette tendance à présenter les immigrants comme une altérité par rapport aux francophonies minoritaires représentées par ces organismes se rencontre même chez des groupes qui tiennent un discours sur la nécessité de l’ouverture à l’immigration.

En conclusion, les auteurs suggèrent premièrement que les organismes réfléchissent à la sincérité de leur volonté d’ouverture et, le cas échéant, épurent leur discours pour qu’il reflète davantage cette volonté. Deuxièmement, les auteurs rappellent que le discours sur l’immigration se concentre sur les besoins de la société d’accueil, alors qu’un discours pleinement inclusif devrait aussi tenir compte des besoins des immigrants eux-mêmes.

Méthodologie : Analyse du discours (énonciation et analyse de contenu thématique) des sections des sites Internet traitant de l’immigration et de la diversité.

Mots clefs : Discours public sur l’immigration; attitudes par rapport à l’immigration.

GALLANT, Nicole, Jean-Olivier ROY et Chedly BELKHODJA, « L’immigration francophone en milieu minoritaire : portrait de quatre municipalités rurales », Revue d’études des Cantons de l’Est, no 29-30, automne 2006/printemps 2007, pp.  79-98.[note 5]

Objectif de l’article : Gallant, Roy et Belkhodja synthétisent les résultats de quatre études de cas de municipalités rurales ayant attiré des immigrants francophones, en se penchant sur la façon dont on avait orchestré les trois principaux temps de l’immigration que sont l’attraction, l’accueil ainsi que la rétention et l’intégration.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : La recherche est pertinente pour l’immigration francophone en milieu minoritaire dans son ensemble. Un des quatre cas est situé en Nouvelle-Écosse (Clare); lorsque les résultats pour ce cas divergent des tendances générales observées, ils seront présentés dans le résumé qui suit.

Résumé : Après avoir présenté les aspects statistiques et les principaux objectifs pancanadiens de l’immigration francophone en milieu minoritaire, les auteurs présentent les résultats de leur étude. En ce qui concerne l’attraction, celle-ci est généralement conduite par des acteurs économiques et répond donc à des impératifs de cet ordre, qui diffèrent parfois des objectifs souvent plus démographiques des autres acteurs de la communauté. Pour leur part, les immigrants déplorent le manque d’informations reçues au moment de leur recrutement. Sur le plan de l’accueil, beaucoup d’acteurs locaux, démontrant une « très grande confiance dans le caractère spontanément convivial de la collectivité », ne voient pas la pertinence de structures d’accueil formelles, ce que déplorent pourtant les immigrants déjà sur place. Enfin, au niveau de l’intégration, les résultats des quatre cas sont plus diversifiés, mais les auteurs constatent que partout les immigrants réclament des cours d’anglais afin de pouvoir bénéficier des services dans la région (majoritairement anglophone) et aussi d’élargir leur réseau social (ce qui soulève des questions de délimitation de la communauté d’inclusion). C’est dans le cas de Clare que les immigrants semblent le plus satisfaits et le mieux intégrés; ceci pourrait être attribuable à une immigration plus ancienne, qui a habitué la communauté à la diversité, et aussi au caractère généralement ouvert et accueillant de la communauté.

Deux principaux enjeux se dégagent de cette étude : d’une part, le besoin criant d’une plus grande concertation entre les acteurs de la communauté (et le cas de Clare s’engage justement dans cette voie), et, d’autre part, la nécessité de fournir aux immigrants francophones potentiels une information honnête concernant les difficultés de la vie en français en milieu minoritaire.

Méthodologie : Entrevues semi-dirigées avec des acteurs locaux et des immigrants.

Mots clefs : Services aux immigrants.

LAFONTANT, Jean et al., « La reconnaissance des diplômés internationaux francophones en santé : un potentiel pour les communautés francophones en situation minoritaire au Canada », Université de Moncton, Institut canadien de recherches sur les minorités linguistiques, janvier 2006, 92 p.

Objectif du rapport : Le document rapporte les résultats d’une enquête par questionnaire au sujet des immigrants francophones qui sont diplômés internationaux de la santé. L’enquête, réalisée en Alberta, au Manitoba, en Ontario et au Nouveau-Brunswick, comprend 38 diplômés immigrants (médecins, infirmiers et préposés aux soins), 11 agences de placement et 13 employeurs.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Le Nouveau-Brunswick constitue un des cas de l’étude (mais aucune des 11 agences n’est de cette province, car les chercheurs n’y ont pas identifié d’agence de placement francophone). En outre, les données sont souvent divisées selon les provinces, ce qui permet de voir d’occasionnelles spécificités et, plus souvent, la convergence des résultats pour le Nouveau-Brunswick avec ceux des autres provinces de l’étude.

Résumé : L’étude corrobore ce que la revue de la littérature suggère : il semble qu’il y ait peu de spécificités au cas francophone, sinon quelques difficultés qui s’ajoutent, mais elles ne sont pas considérées comme les plus importantes par les acteurs interrogés.

Après un aperçu des données démographiques nationales sur les immigrants dans les professions reliées à la santé et des spécificités du milieu francophone (les immigrants francophones possèdent un atout linguistique, mais il est peu reconnu; les communautés ont moins de ressources disponibles pour mettre en œuvre des solutions), les auteurs présentent les résultats de leur enquête.

Les immigrants diplômés en santé rencontrés ne prévoient généralement pas quitter leur province; lorsque c’est le cas, leurs raisons sont principalement reliées à l’emploi. Quant à leurs difficultés d’intégration professionnelle, elles font écho à celles évoquées dans d’autres études et ne sont pas propres aux francophones : reconnaissance des titres de compétence; architecture complexe des organismes dans le processus de reconnaissance; coûts (financiers et sociaux) des cours d’appoint; exigences du marché du travail et des employeurs. Ce processus est plus compliqué dans les trois provinces autres que le Nouveau-Brunswick, parce qu’il se déroule alors en anglais.

En ce qui concerne les démarches entreprises par ces immigrants pour trouver un emploi, le premier constat concerne la nécessité d’apprendre l’anglais. Par ailleurs, un tiers des répondants ont suivi des formations en santé et un tiers également considèrent avoir trouvé un emploi en lien avec leur formation; lorsqu’ils travaillent dans d’autres domaines, c’est le plus souvent par besoin d’argent. Quelques répondants soulignent que l’usage du français dans le milieu de travail est un critère important, mais néanmoins secondaire, au moment de choisir un emploi.

Enfin, en ce qui concerne les solutions proposées par les répondants, elles ne touchent généralement pas la question linguistique, sauf que quelques répondants suggèreraient à des immigrants potentiels de prendre des cours d’anglais. Plus globalement, ils comptent surtout sur leur propre talent et leurs efforts personnels dans leurs démarches, mais ils souhaitent aussi davantage de soutien de la part des autorités canadiennes (en particulier dans « l’évaluation juste et cohérente de leurs titres de compétences acquis à l’étranger » et dans « une formation d’appoint ciblée et efficace »).

Parmi les recommandations des auteurs, celles qui touchent la question linguistique concernent, d’une part, la compétitivité des offres des établissements francophones (concernant l’accompagnement, le processus d’accréditation, les conditions d’emploi, etc.) avec celles des anglophones et, d’autre part, un effort de vigilance, afin de s’assurer que les projets mis en œuvre tiennent compte des francophones, car le fait que les processus d’accréditation se déroulent généralement en anglais défavorise les immigrants diplômés en santé francophones.

Méthodologie : Enquête par questionnaire (téléphone ou courrier).

Mots clefs : Emploi.

LAGHZAOUI, Ghizlane, « Diversité et francophonie. Création d’un espace francophone citoyen : identité linguistique francophone, équité, représentation et participation citoyenne », Texte d’une conférence présentée à la Conférence Nationale Métropolis, mars 2006.

Objectif du texte : L’auteur argumente en faveur de la création d’un « espace francophone citoyen » .

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Le texte concerne l’ensemble de la francophonie en milieu minoritaire, et touche donc l’immigration francophone en Atlantique. Toutefois, le point de vue semble être surtout celui de l’Ouest (puisque Laghzaoui indique que ces communautés partagent surtout un lien à la culture québécoise et à sa langue, ce qui est moins le cas des communautés acadiennes).

Résumé : Laghzaoui observe que deux types de définitions de la francophonie sont en concurrence en milieu minoritaire; l’une serait véhiculée par les francophones « issus des communautés de souche » et l’autre, par les francophones issus de l’immigration. Rappelant que, jusqu’ici, la diversité que ces communautés reconnaissent en leur sein est davantage une diversité entre les provinces et territoires, l’auteur en appelle à un élargissement de cette diversité pour inclure les immigrants, ou « nouveaux arrivants ». Ceci implique d’abord une redéfinition de l’identité linguistique : « la langue française appartient à ceux qui la parlent ». Par ailleurs, cet élargissement se ferait par la construction d’un espace francophone citoyen, dans une perspective d’équité, de participation citoyenne vue comme un moyen « d’éducation à la différence », et de rencontre des cultures vécue autrement que par le choc.

Méthodologie : Texte d’opinion.

Mots clefs : Attitudes par rapport à l’immigration; identité.

MÉTROPOLIS, Accueil et présence des immigrants francophones en situation linguistique minoritaire, 2006.

Objectif du texte : Ce texte est un résumé des enjeux qui se dégagent de quelques conférences tenues à Vancouver (Conférence sur la Diversité et la francophonie de Patrimoine canadien, novembre 2005 et Conférence nationale Métropolis, mars 2006).

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Étant donnée sa nature, le texte présente un mélange éclectique de sujets. Pour certains, on aborde les immigrants en général et, pour d’autres, les immigrants francophones en situation minoritaire en particulier. Aucun passage ne porte spécifiquement sur les immigrants en Atlantique.

Résumé : Quelques éléments sont plus particulièrement pertinents pour la présente bibliographie. Tout d’abord, sur la question de la reconnaissance des acquis, l’auteur note que les barrières sont plus élevées pour les immigrants arrivant dans les milieux francophones en situation minoritaire pour diverses raisons : ils ne sont « pas reconnus comme francophones »; ils sont souvent de minorités visibles; dans certaines communautés, ils rencontreraient une « résistance systémique » et le « refus des associations professionnelles à permettre le travail des immigrants qualifiés ». Sur le plan démographique, les données « sont inconnues » par les acteurs-clés, et ceux-ci se plaignent d’un manque de clarté, notamment en raison des approches statistiques basées sur la langue maternelle (et qui classent donc nombre d’immigrants dans la catégorie « allophones »). Les « Profils des communautés » produits par Patrimoine canadien utilisent plutôt la première langue officielle parlée. Ce critère est utilisé dans un tableau démographique croisant les immigrants francophones (selon la région d’origine) avec la province en 2001 : 215 pour Terre-Neuve, 105 pour l’Île-du-Prince-Édouard, 1585 pour la Nouvelle-Écosse et 2820 pour le Nouveau-Brunswick. Le texte se concentre ensuite sur le cas de l’Ontario (en montrant que, étonnamment, ce mode de calcul réduit en fait le nombre d’immigrants comptés).

Méthodologie : Synthèse de conférence

Mots clefs : Emploi; démographie.

Thèmes canadiens, numéro thématique « Immigration et diversité au sein des communautés francophones en situation minoritaire », Printemps 2008.

Objectif de la publication : Ce numéro thématique du périodique Thèmes canadiens vise à survoler l’enjeu de l’immigration francophone au Canada grâce à de courts textes qui fournissent un aperçu de différents thèmes et de différentes régions du Canada.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : La publication au complet porte sur le thème de l’immigration francophone et plusieurs textes individuels traitent de ce thème dans le contexte de l’Atlantique.

Résumé : Après une mise en contexte par Chedly Belkhodja, le numéro aborde une foule de thématiques, de la vitalité des communautés francophones (Ferron; Johnson; CIC) à leurs capacités de recrutement (Magassa), en passant par les liens entre les familles immigrantes et les écoles (Farmer), l’emploi (Dalley) et la ruralité (Fontaine; Bourque), voire la migration intraprovinciale des Acadien du Nouveau-Brunswick (Gignard). Plusieurs textes portent sur une province, un territoire ou une ville en particulier. Certains textes pancanadiens présentent des informations importantes; notamment, Jantzen montre que la proportion d’immigrants dans les communautés francophones en dehors du Québec tourne autour de 11 à 15% (avec des variations selon l’indicateur utilisé). Mais nous nous attarderons ici surtout aux textes portant sur l’Atlantique.

  • Les deux premiers textes à porter sur cette région posent la question de l’inclusion symbolique (identitaire et citoyenne) des immigrants en Acadie, en comparaison avec d’autres minorités francophones.

    En premier, Taisnel compare le cas acadien à la Wallonie et le Québec, pour montrer comment ces nationalismes particularistes (de minorités) parviennent à intégrer la notion de diversité; ce serait principalement en raison de leur approche à caractère local de la citoyenneté.

    Sur le même thème, Gallant montre plutôt que, en dépit d’une volonté manifeste d’ouverture à l’immigration, les organismes acadiens dominants ou traditionnels n’ont pas toujours une conception inclusive de l’appartenance à la communauté, par opposition au cas de la Fransaskoisie. Ensemble, ces deux textes montrent que, quand il est question d’immigration et de diversité, plusieurs discours sont à l’œuvre en Acadie, certains plus inclusifs que d’autres.
  • Par ailleurs, deux textes portent sur les spécificités de l’immigration francophone en Nouvelle-Écosse.

    Premièrement, Fontaine rappelle que l’immigration francophone en Nouvelle-Écosse présente le « double défi » de la francophonie et de la ruralité. Elle énumère ensuite plusieurs particularités qui caractérisent le mode de vie des personnes résidant en milieu rural (caractéristiques regroupées en 6 facettes : éloignement géographique, emploi, logement, famille, voisinage, mode de vie), particularités qui sont autant de questions pour les immigrants potentiels et pour la recherche.

    Également sur le thème de l’immigration en Nouvelle-Écosse, Paquet, dans un texte très riche, décrit une foule d’interventions réalisées par la FANE, regroupées selon trois axes : le recrutement (par exemple la création d’un site Web, la participation aux missions Destination Canada ou la sensibilisation des employeurs aux programmes d’immigration), la sensibilisation et préparation des communautés (par exemple portraits d’immigrants dans les médias communautaires, conférences dans les groupes communautaires ou les écoles, comités régionaux sur l’immigration et assemblées publiques, soupers internationaux, etc.) et l’accueil des nouveaux arrivants francophones (par exemple des tournées des institutions francophones, accompagnement dans les démarches d’inscriptions aux garderies et écoles francophones, activités facilitant le réseautage social et professionnel). Il rappelle que la FANE a maintenant un coordonnateur provincial à temps plein et trois coordonnateurs régionaux à temps partiel, ainsi qu’un comité directeur (réunissant plusieurs acteurs communautaires, CIC et le gouvernement provincial). Après avoir souligné les principales réussites (intérêt accru pour la question de l’immigration chez la plupart des organismes francophones; amélioration des rapports avec les fournisseurs de services anglophones; partenariats gouvernementaux; embryon de structure d’accueil francophone à Halifax et trousses d’accueil pour les régions; promotion de l’Acadie de Nouvelle-Écosse), Paquet décrit trois défis à relever : a) faire progresser le dossier en région, ce qui est difficile notamment en raison du petit nombre d’immigrants et du fait que les retombées attendues sont plutôt à long terme; b) consolider la structure d’accueil francophone à Halifax et la faire reconnaître par le bureau régional de CIC (qui craint bizarrement le risque de dédoublement avec le services offerts en anglais) et c) revoir la stratégie d’immigration de la FANE en envisageant de l’inclure dans un projet plus vaste de repopulation. Il conclut sur l’importance de reconnaître le côté multidimensionnel de l’immigration et d’en faire un projet collectif.
  • Ensuite, deux textes abordent justement la question de la provision en français des services d’accueil et d’intégration des immigrants, en prenant pour étude de cas le CAIIMM.
  • Violette souligne l’impact de l’inégalité des langues sur la rétention et l’intégration des immigrants francophones, notamment en raison de l’écart entre les attentes des immigrants par rapport au bilinguisme et la décevante réalité de la prédominance de l’anglais. Elle montre la nécessité d’avoir des structures d’accueil et d’intégration strictement francophones en vue d’un bilinguisme réellement égalitaire (notamment parce que les organismes bilingues ont tendance à diriger les immigrants, même francophones, vers l’anglais). Elle documente alors le cas du CAIIMM, comme un exemple d’aménagement linguistique, c’est-à-dire faisant partie des « interventions délibérées » pour gérer la cohabitation des langues sur un territoire partagé. Violette souligne les possibilités qu’offre une telle approche (capacités de recrutement, construction d’un projet collectif commun entre immigrants et locaux autour de la préoccupation partagée de pouvoir vivre en français, construction d’une francophonie ouverte et inclusive) et elle conclut en recommandant, d’une part, la création d’espaces proprement francophones et, d’autre part, une présentation du bilinguisme tel qu’il est réellement, particulièrement lors du recrutement et de l’accueil des immigrants.
  • Portant plus directement sur le cas du CAIIMM, et après une mise en contexte rappelant notamment les faibles nombres de l’immigration au Nouveau-Brunswick, le texte de Kasparian relate comment est né le CAIIMM. D’abord un Centre culturel et d’échange interculturel visant la sensibilisation à la diversité des cultures (fondé en 2003), l’organisme tisse des liens avec les principaux organismes de la communauté acadienne. Mais la volonté régionale, puis des organismes provinciaux, d’obtenir une structure d’accueil et d’intégration francophone l’a poussé à se transformer en 2005 puis à nouveau en 2006, pour devenir le CAIIMM. Cet organisme a une approche multidimensionnelle ou « globale » de l’intégration, notamment par le réseautage, la sensibilisation et l’éducation interculturelle, les partenariats ainsi que la valorisation et l’exposition des différentes cultures. Concrètement, le CAIIMM tente de faire ceci par le biais de rencontres thématiques et d’une foule d’autres activités permettant le contact entre personnes d’origines diverses dans des « lieux physiques » (activités culturelles, mais aussi sportives, comme des matches de soccer).
  • Enfin, dans le dernier article du numéro thématique, Violette et Boudreau présentent les principaux résultats d’une étude qualitative diversifiée (entrevues, groupes de discussion, observations ethnographiques). Elles montrent que le bilinguisme vécu par les immigrants à Moncton est très différent du bilinguisme auquel ils s’attendaient en venant s’y installer. Les immigrants se disent « déroutés » par la prédominance anglophone et constatent que leur faible connaissance de la langue majoritaire est un frein important à leur intégration au marché du travail. Les autres indiquent aussi que, si certains immigrants ont des représentations négatives du français acadien, plusieurs l’apprécient et l’utilisent eux­mêmes, comme marqueur de leur appartenance à l’Acadie. Elles recommandent a) une présentation réaliste de la situation des langues dans la région (notamment par le biais de séances d’information publiques pour les immigrants), assortie d’une valorisation du français et d’une explication des effets sociaux des choix individuels (comme le choix d’une école anglaise ou française pour leurs enfants), b) la création d’espaces francophones d’échange et c) des formations en français aux immigrants (pour parfaire leur connaissance de la langue et des particularités locales, mais aussi pour offrir une meilleure conscience des variations linguistiques).

Mots-clefs : Identité; services aux immigrants; démographie; langue.

VARMA, Manju, Issues of diversity and immigration in Atlantic Canada, prepared for the Department of Canadian Heritage Halifax, 2001, 31 p.

Objectif du document : Dans un document visant à appuyer la création du Centre de recherche Métropolis Atlantique, l’auteure brosse un tableau de différentes questions touchant la diversité et l’immigration en Atlantique.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Varma aborde la question des communautés acadiennes, puisqu’elles constituent une des composantes fondamentales de la diversité en Atlantique. Tout d’abord, elle présente un bref historique des communautés acadiennes; puis, elle mentionne aussi brièvement la difficulté qu’ont ces communautés à tisser des liens avec les immigrants francophones, notamment ceux qui appartiennent à des minorités visibles. Elle attribue cette difficulté aux luttes que doivent déjà mener les Acadiens pour maintenir leur propre cohésion, luttes qui les conduisent à reléguer au second plan la question de l’immigration.

Résumé : Après avoir présenté quelques éléments propres au contexte des provinces atlantiques et fourni certaines définitions (tout en concluant que l’on devrait accepter la fluidité et «  intricacy » des termes « immigrant » et « diversité »), l’auteur présente les grandes facettes de la diversité en Atlantique. Elle se penche d’abord sur trois minorités historiques (les Acadiens, les Afro-Canadiens et les Micmacs et Malécites), qui, d’une part, ont fait face à certains obstacles similaires à ceux que vont rencontrer les immigrants et qui, d’autre part, devront à leur tour accepter la diversité qui accompagne la venue d’immigrants. Le reste de son document est consacré à l’immigration. Après avoir présenté quelques chiffres, Varma énumère divers enjeux liés à l’immigration en Atlantique : difficulté d’intégration dans des endroits où il y a peu d’immigrants; identification des facteurs de succès chez ceux qui ont réussi leur immigration; rareté des sources de soutien culturel (magasins spécialisés, lieux de culte); écarts entre générations accentués par les petits nombres; perte de la langue d’origine en l’absence de soutien formel; la géographie particulière (isolement dû aux distances et au caractère insulaire ou rural de plusieurs régions); manque de recherches, de ressources et d’expertise humaine sur la question; problèmes liés à la cohésion sociale dans un milieu peu habitué à la diversité; vieillissement de la population; identité nationale. Varma conclut en soulignant que ce n’est donc pas parce qu’il y a peu d’immigrants en Atlantique que la question de l’immigration y est simple.

Méthodologie : Analyse documentaire.

Mots clefs : Démographie; diversité.

VATZ LAAROUSSI, Michèle, et Leslie ANGENEAU, « Pourquoi un observatoire Canadien de l’immigration dans les zones à faible densité d’immigration », Hélène DESTREMPES et Joe RUGGERI (dir.), Rendez-vous immigration 2004, Centre Métropolis Atlantique et University of New-Brunswick, 2005, pp. 555-571.[note 6]

Objectif de l’article : Les auteures expliquent les fondements qui justifient la création d’un Observatoire de recherche sur l’immigration dans les zones à faible densité d’immigrants.

Pertinence pour le thème de l’immigration francophone en Atlantique : Les spécificités de l’immigration francophone en Atlantique ne sont pas traitées. Toutefois, l’Atlantique étant une zone à faible densité d’immigrants, les approches théoriques présentées sont pertinentes. Plus spécifiquement, les auteures soulignent que la dimension linguistique, greffée sur la distinction entre majoritaire et minoritaire, peut avoir une incidence, notamment sur les « processus d’affiliation, d’exclusion ou de discrimination ». En outre, le cas du Nouveau-Brunswick est mentionné à quelques reprises, puisque des chercheurs de l’Université de Moncton participent aux travaux de l’Observatoire.

Résumé : Après une présentation de la situation démographique des zones à faible densité d’immigrants (provinces qui reçoivent peu d’immigrants, mais aussi zones en dehors des métropoles dans les provinces qui en reçoivent davantage, comme le Québec), les auteures soulignent l’importance de se pencher de manière plus approfondie sur ces régions, elles-mêmes diverses et pour lesquelles les résultats des études existantes sur l’immigration en métropole ne sont pas directement transposables. Il faut donc s’interroger sur les besoins particuliers tant des communautés locales que des immigrants qui s’y installent, développer des connaissances localisées, qu’il faut ensuite cumuler, systématiser et modeler.

Elles présentent alors un modèle d’analyse du processus migratoire dans ce type de région, qu’elles illustrent abondamment à l’aide d’une étude de cas (Lac Mégantic, au Québec). Les grandes dimensions comparatives de ce modèle sont les suivantes : la façon dont les immigrants arrivent dans la communauté (les points d’entrée), par exemple par l’emploi ou comme réfugiés; l’adaptation des structures et services (concentration, concertation entre les organismes, décentralisation); le type de demande locale (travailleurs qualifiés, immigrants peu visibles) et les noyaux de communautés immigrantes; le climat social. L’étude localisée de toutes ces dimensions dans divers cas permettra de cerner l’influence du contexte dans lequel se déploie l’immigration en dehors des grands centres.

Méthodologie : Étude de cas; entrevues; présentation d’un modèle d’analyse permettant des comparaisons.

Mots clefs : Immigration hors des grands centres; processus migratoire.


4. Une comparaison avec la Saskatchewan a été publiée en été 2008 (avec une mise à jour des résultats acadiens) : Wilfrid Denis et Nicole Gallant, 2008, « Relever le défi de la diversité : une comparaison des idéologies en éducation en contexte minoritaire et majoritaire au Nouveau Brunswick et en Saskatchewan », Éducation et francophonie vol. 36, no 1, pp. 142-160.

5. La même étude est synthétisée sous le titre « Immigration francophone en milieu minoritaire : le défi de la ruralité », dans Nos diverses cités, no 3, 2007, pp. 87-92.

6. Cet organisme s’appelle aujourd’hui l’Observatoire de l’immigration hors métropoles.

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