Profil des étudiants étrangers qui deviennent résidents permanents au Canada atlantique

Conclusion

Le nombre d’étudiants étrangers qui font des études au Canada atlantique a augmenté au cours de la dernière décennie, et un nombre accru sont également devenus résidents permanents. Durant la période, le volume annuel de transitions a augmenté d’un peu plus de 200 à près de 500. Néanmoins, le Canada atlantique se situe légèrement sous la moyenne canadienne quant au nombre d’étudiants étrangers qui obtiennent directement la résidence permanente. La part d’étudiants étrangers qui sont demeurés au Canada et au Canada atlantique et qui sont devenus résidents permanents a toujours été relativement faible, s’établissant à 5 % (ou moins) environ au Canada atlantique et à 6 % ou moins environ dans le reste du pays. La majorité des étudiants étrangers qui deviennent résidents permanents au Canada atlantique ont étudié dans la même province où ils obtiennent ce statut, quoique le Canada atlantique ait toujours connu un faible volume net de départs d’étudiants étrangers qui ont étudié dans la région mais qui ont obtenu la résidence permanente ailleurs au pays. En 2009, la région de l’Atlantique a enregistré un faible volume (29) d’entrées en provenance des autres régions du Canada.

Dans les provinces atlantiques, les étudiants étrangers sont moins nombreux que les travailleurs étrangers à faire la transition à la résidence permanente. Ces dernières années par exemple, la proportion de travailleurs étrangers qui sont devenus résidents permanents a augmenté sensiblement. De 1999 à 2009, elle est passée de 24 % environ à 47 % de toutes les transitions d’un statut temporaire à la résidence permanente. En comparaison, la part du volume total de transitions à la résidence permanente qui revient aux étudiants étrangers est demeurée plutôt stable, variant de 21 à 23 %. Cela ne veut pas dire qu’aucune croissance n’est enregistrée pour ce groupe, seulement que la croissance n’est pas aussi rapide que celle observée pour les travailleurs étrangers.

En ce qui a trait aux caractéristiques, les étudiants étrangers qui changent de statut sont le plus souvent des hommes. Pour la région de l’Atlantique comme pour le reste du Canada, la Chine et la Corée du Sud sont d’importants pays sources : quelque 45 % des étudiants étrangers admis en 2009 étaient originaires de ces pays. La Chine est le principal pays source des étudiants étrangers de Terre-Neuve-et-Labrador et de la Nouvelle-Écosse, tandis que la Corée du Sud est le pays source le plus représenté à l’Î-.P.-É. et au Nouveau-Brunswick.

Environ la moitié des étudiants étrangers qui deviennent résidents permanents au Canada atlantique sont âgés de 19 à 31 ans, et près de 40 % encore ont 18 ans ou moins. Le profil d’âge est beaucoup plus jeune au Canada atlantique que dans le reste du Canada, où 60 % des étudiants qui changent de statut ont de 19 à 31 ans et 27 %, 18 ans ou moins.

Le jeune âge d’un si grand nombre d’étudiants étrangers qui changent de statut au Canada atlantique pourrait expliquer la baisse graduelle du niveau d’études des nouveaux résidents permanents tout au long de la période. En 2009, moins de 45 % des étudiants étrangers devenus résidents permanents avaient fait des études postsecondaires, comparativement à 64 % la décennie précédente. Parmi ceux ayant fait des études secondaires ou moins, presque tous sont des personnes à charge, principalement de candidats de la province ou de travailleurs qualifiés.

Au cours de la période et plus particulièrement depuis 2004, une proportion croissante d’étudiants étrangers obtiennent la résidence permanente en tant que personnes à charge plutôt que comme demandeurs principaux.

Analyse

Le fait qu’un si grand nombre d’étudiants étrangers qui deviennent résidents permanents sont des personnes à charge de candidats de la province ou de travailleurs qualifiés peut avoir d’importantes conséquences pour le Canada atlantique. Par exemple, la décision de demandeurs principaux de quitter la région de l’Atlantique pour des raisons liées au marché du travail (ou d’une autre nature) pourrait avoir un impact sur l’économie des provinces concernées. Il ressort d’autres études que les candidats des provinces forment une population très mobile : moins de la moitié des candidats désignés par les provinces atlantiques restent dans la région. Si les demandeurs principaux quittent la région pour aller travailler ailleurs, l’impact sur la population sera plus marqué en raison des personnes à charge qui leur sont liées.

La scolarité des étudiants étrangers peut aussi avoir un impact à long terme. L’intégration au marché du travail sera beaucoup plus longue pour les étudiants qui ont l’âge de fréquenter une école secondaire ou primaire au moment de la transition à la résidence permanente, parce qu’ils sont généralement plus jeunes et n’ont pas terminé leurs études. Toutefois, si une grande proportion de ces étudiants sont des enfants, leurs résultats socioéconomiques pourraient être similaires à ceux des Canadiens de naissance, surtout en comparaison de ceux qui sont plus âgés lorsqu’ils deviennent résidents permanents et qui peuvent avoir de la difficulté à s’intégrer dans la société et au marché du travailNote de bas de page 25. En outre, ces enfants contribueront temporairement à abaisser le profil d’âge de la région.

En général, concernant la capacité d’anticiper l’impact sur le marché du travail des étudiants étrangers qui changent de statut, les demandeurs principaux qui passent à des catégories étroitement liées au marché du travail, comme celles des travailleurs qualifiés et des candidats de la province, comptent pour 25 % seulement de tous les étudiants étrangers ayant obtenu la résidence permanente au Canada atlantique en 2009. Les autres étaient des enfants et des époux dont on ne peut bien évaluer la préparation au marché du travail. Et tel qu’il ressort de l’analyse des professions, un niveau de compétence particulier n’a pu leur être attribué en raison de leur expérience limitée sur le marché du travail. Parmi ceux qui pouvaient déclarer une profession, la majorité avait une profession liée aux établissements d’enseignement postsecondaire.

Enfin, tel qu’il a été mentionné, les données disponibles permettent seulement d’effectuer une analyse des résidents permanents dont le statut précédent était celui d’« étudiant étranger ». Néanmoins, il ressort des données, par exemple celles sur le travail postdiplôme, que bon nombre d’étudiants étrangers changent de statut pour devenir travailleurs étrangers avant d’obtenir la résidence permanente. Si le système de données administratives permettait de consigner toute occurrence antérieure du statut d’étudiant étranger, on obtiendrait une analyse plus complète des changements de statut des étudiants étrangers et des taux de maintien, donc de l’importance de cette catégorie d’immigrants pour le Canada.

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