ARCHIVÉ – Portrait d’un processus d’intégration

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Poursuivre des études ou suivre une formation

Pour bon nombre de nouveaux immigrants, le fait de poursuivre des études ou de suivre une formation au Canada est associé à l’intégration sociale et à la réussite sur le marché du travail. La plupart des immigrants les considèrent comme un moyen d’améliorer leurs compétences et de faciliter leur intégration au Canada. Selon une étude fondée sur le cycle 1 de l’ELIC, la grande majorité (89 %) des nouveaux arrivants visés par l’ELIC ont déclaré qu’il était très important ou important pour leur avenir de poursuivre leurs études ou leur formation au Canada1. Au cours des quatre années qui ont suivi leur admission, un nombre important de nouveaux arrivants ont poursuivi des études ou suivi des cours de formation pendant les premières années (45 %, 29 % et 24 % respectivement six mois, deux ans et quatre ans après l’admission).

Taux de participation le plus faible parmi quatre tâches d’intégration

Malgré le nombre assez important d’immigrants qui ont poursuivi des études ou suivi des cours de formation pendant les premières années, il s’agit de la tâche à laquelle ont participé le plus petit nombre d’immigrants, comparativement aux autres domaines.

Pendant les quatre premières années, bon nombre de nouveaux arrivants ont déclaré qu’ils s’étaient heurtés à des obstacles à l’accès aux études : 27 % (environ 42 400) six mois après l’admission2, 15 % (24 200) deux ans après l’arrivée et 17 % (26 800) dès la quatrième année d’établissement au Canada (Tableau 4). Parmi les catégories d’immigration, les réfugiés étaient le plus susceptibles de déclarer avoir eu des difficultés d’accès aux études (27 %), alors que les immigrants de la catégorie du regroupement familial étaient le moins susceptibles de déclarer avoir des difficultés (14 %) quatre ans après l’arrivée.

Tableau 4 : Ont eu des difficultés à accéder aux études, selon la catégorie d’immigration

Types particuliers de besoins non comblés Catégorie d'immigration
Catégorie du regroupement familial Travailleurs qualifiés (DP)  Travailleurs qualifiés
(C et PC)
Autres immigrants économiques Réfugiés Tous les immigrants1
Tous les immigrants 42 615 54 527 40 016 9 835 9 741 157 615
Immigrants ayant eu des difficultés à accéder aux études2 – Cycle 1 19 % 31 % 31 % 29 % 25 % 27 %
Immigrants ayant eu des difficultés à accéder aux études – Cycle 2 13 % 16 % 16 % 12 % 25 % 15 %
Immigrants ayant eu des difficultés à accéder aux études – Cycle 3 14 % 16 % 19 % 20 % 27 % 17 %

1Les chiffres indiqués sous la rubrique « Tous les immigrants » comprennent un petit nombre d'immigrants admis au titre de catégories non mentionnées dans le tableau.

2Les champs d'observation étaient différents dans les trois cycles. L'aspect « études ou formation » du questionnaire du cycle 1 comprenait des cours de langue, alors que ceux-ci étaient exclus des questionnaires des cycles 2 et 3.

Source : Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada – Cycle 3, 2005.

Les contraintes financières et les contraintes de temps constituent les plus sérieux obstacles à l’accès aux études

Pour tous les immigrants de l’ELIC, la principale difficulté d’accès aux études ou à la formation, qui était constituée par les obstacles linguistiques six mois après l’admission, résidait dans les contraintes financières deux et quatre ans après l’admission (Figure7). Entre‑temps, deux ans après l’admission, les contraintes de temps se classaient au deuxième rang des principale difficultés, suivies des barrières linguistiques. Ce modèle était constant pour toutes les catégories d’immigration et frappant pour les travailleurs qualifiés, dont la plupart, quatre ans après l’arrivée, ont mentionné les contraintes financières ou de temps comme étant les principales difficultés d’accès aux études ou à la formation (67 % pour les demandeurs principaux (DP) admis à titre de travailleurs qualifiés et 52 % pour les conjoints et les personnes à charge (C et PA) de la catégorie des travailleurs qualifiés). En raison de contraintes financières et de contraintes de temps, bon nombre d’immigrants peuvent avoir choisi de ne pas poursuivre des études ou une formation.

Les barrières linguistiques constituaient un obstacle important pour les réfugiés et les autres immigrants économiques. Dès la quatrième année au Canada, parmi l’ensemble des immigrants qui ont déclaré éprouver des difficultés d’accès aux études, 22 % des réfugiés et 32 % des autres immigrants de la catégorie économique ont déclaré que les obstacles linguistiques constituaient la principale difficulté.

Figure 7 : Principale difficulté à accéder aux études, selon la catégorie d’immigration – Cycles 1, 2 et 3

Figure 7 : Principale difficulté à accéder aux études, selon la catégorie d’immigration – Cycles 1, 2 et 3

Les types de difficultés à accéder aux études variaient légèrement en fonction du groupe d’âge. Les jeunes immigrants de 15 à 25 ans étaient plus susceptibles de déclarer des contraintes financières (36 %), leurs aînés ayant davantage tendance à déclarer des contraintes de temps (13 %, 24 % et 28 % respectivement pour les immigrants de 15 à 24 ans, de 25 à 44 ans et de 45 ans ou plus).

La proportion d’immigrants ayant reçu de l’aide et la proportion d’immigrants n’ayant pas reçu l’aide nécessaire ont diminué au fil du temps

Parmi les immigrants qui éprouvaient des difficultés à accéder aux études ou à une formation, près de 2 sur 10 (17 %) avaient reçu de l’aide à l’égard de la principale difficulté quatre ans après l’admission, ce qui représente une diminution par rapport à 38 % six mois après l’admission et à 19 % deux ans après l’arrivée (Tableau 5). La diminution la plus importante s’est produite dans le cas des réfugiés, dont près de la moitié (48 %) qui éprouvaient des difficultés ont déclaré avoir reçu de l’aide six mois après l’admission, cette proportion étant passée à 16 % et à 10 % respectivement deux ans et quatre ans après l’admission. Qu’indique cette tendance? Que les immigrants reçoivent moins d’aide à l’égard des études? Nous examinerons d’autres données concernant cette question lorsque nous nous pencherons sur la proportion de nouveaux arrivants qui ont déclaré ne pas avoir reçu l’aide nécessaire à l’égard des problèmes liés aux études.

Parmi les immigrants ayant éprouvé des difficultés à accéder aux études ou à une formation, plus de 3 sur 10 (32 %) n’avaient pas reçu l’aide nécessaire à l’égard du principal problème au cours des deux premières années, alors que quatre ans après l’admission, seulement 23 % ont déclaré ne pas l’avoir reçue. En accord avec cette tendance, la même tendance à la baisse a été observée chez les nouveaux arrivants dans toutes les catégories d’immigration, sauf chez ceux de la catégorie des autres immigrants économiques. La plus importante diminution a été observée chez les réfugiés : 38 % d’entre eux pour les deux premiers cycles et 20 % quatre ans après l’arrivée ont déclaré avoir des besoins non comblés.

Les deux conclusions susmentionnées étant réunies, la diminution simultanée de la proportion d’immigrants ayantreçu de l’aide et celle de la proportion d’immigrants ayant des besoins non comblés pourrait correspondre à une diminution de la demande d’aide dans le domaine de l’accès aux études ou à une formation. Les nouveaux arrivants avaient moins de besoins non comblés et, par conséquent, ont demandé et reçu moins d’aide. Les réfugiés, semble‑t‑il, ont fait les plus grands progrès, ce qui se traduit par le fait que la plus forte diminution de besoins non comblés déclarés a été observée pour ce groupe. Quatre ans après leur établissement au Canada, les immigrants admis au titre de la catégorie économique, surtout les demandeurs principaux admis à titre de travailleurs qualifiés (27 %), étaient le plus susceptibles de déclarer qu’ils avaient eu besoin d’aide mais n’en avaient pas reçu.

Tableau 5 : Ont reçu de l’aide et avaient des besoins non comblés à l’égard de la principale difficulté à accéder aux études, selon la catégorie d’immigration

Types particuliers de besoins non comblés Catégorie d'immigration
Catégorie du regroupement familial Travailleurs qualifiés (DP)  Travailleurs qualifiés
(C et PC)
Autres immigrants économiques Réfugiés Tous les immigrants1
Immigrants ayant eu des difficultés à accéder aux études – Cycle 1 7 895 16 763 12 266 2 855 2 437 42 388
Immigrants ayant reçu de l'aide à l'égard de la principale difficulté à accéder aux études – Cycle 1 44 % 31 % 40 % 39 % 48 % 38 %
Immigrants n'ayant pas reçu l'aide nécessaire à l'égard de la principale difficulté à accéder aux études – Cycle 1 27 % 34 % 33 % 12 %E 38 % 32 %
Immigrants ayant eu des difficultés à accéder aux études – Cycle 2 5 515 8 464 6 427 1 207 2 411 24 194
Immigrants ayant reçu de l'aide à l'égard de la principale difficulté à accéder aux études – Cycle 2 18 % 20 % 22 % 16 %E 16 %E 19 %
Immigrants n'ayant pas reçu l'aide nécessaire à l'égard de la principale difficulté à accéder aux études  – Cycle 2 30 % 34 % 31 % 15 %E 38 % 32 %
Immigrants ayant eu des difficultés à accéder aux études – Cycle 3 6 017 8 541 7 428 1 955 2 647 26 768
Immigrants ayant reçu de l'aide à l'égard de la principale difficulté à accéder aux études – Cycle 3 15 % 18 % 19 % 18 %E 10 %E 17 %
Immigrants n'ayant pas reçu l'aide nécessaire à l'égard de la principale difficulté à accéder aux études – Cycle 3  18 % 27 % 24 % 24 %E 20 % 23 %

1Les chiffres indiqués sous la rubrique « Tous les immigrants » comprennent un petit nombre d'immigrants admis au titre de catégories non mentionnées dans le tableau.

EÀ utiliser avec précaution.

Source : Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada – Cycle 3, 2005.

L’école, les amis, le gouvernement et la famille ont aidé les nouveaux arrivants à surmonter les difficultés d’accès aux études ou à la formation

Les réseaux sociaux ont continué de jouer un rôle important pour ce qui est d’aider les nouveaux arrivants à avoir accès aux études ou à une formation. Ces derniers ont déclaré que les amis et la famille constituaient les principales sources d’aide à l’égard des problèmes liés aux études tout au long des quatre premières années d’établissement. Toutefois, les membres de la parenté ont cessé de faire partie des trois sources le plus souvent mentionnées dans les entrevues des cycles 2 et 3 deux ans après l’admission, se classant après l’école, les amis et les organismes gouvernementaux.

L’examen des principales sources d’aide selon la catégorie d’immigration nous a permis de constater que la principale différence était celle qui séparait les demandeurs principaux de la catégorie du regroupement familial de ceux de la catégorie des travailleurs qualifiés. Tout au long des trois cycles, les immigrants de la catégorie du regroupement familial ont compté sur des membres de leur famille et de leur parenté pour résoudre les problèmes dans ce domaine (65 %, 20 % et 29 % respectivement six mois, deux ans et quatre ans après l’admission), alors que les demandeurs principaux admis à titre de travailleurs qualifiés avaient tendance à compter sur leurs amis pour obtenir de l’aide (42 %, 21 % et 16 % respectivement). La prépondérance de réseaux particuliers en tant que source d’aide au cours des premiers mois a diminué au fil du temps. Les immigrants avaient tendance à compter sur de multiples ressources pour surmonter les difficultés liées à la formation. L’école et les organismes gouvernementaux sont devenus progressivement la principale source d’aide pour les nouveaux arrivants de l’ELIC.

Figure 8: Principale source d’aide à l’égard de la principale difficulté à accéder aux études ou à la formation, selon la catégorie d’immigration – Cycles 1, 2 et 3.

Figure 8: Principale source d’aide à l’égard de la principale difficulté à accéder aux études ou à la formation, selon la catégorie d’immigration – Cycles 1, 2 et 3.

Besoin constant d’une aide financière, de renseignements et de conseils à l’égard des difficultés d’accéder aux études ou à la formation

On a observé constamment que l’aide financière, les renseignements et les conseils constituaient des obstacles à l’accès aux études ou à la formation tout au long des quatre premières années. À la fin de la quatrième année, 52 % des immigrants ont déclaré qu’ils avaient eu besoin d’aide à l’égard de leur principale difficulté à accéder aux études, soit l’aide financière, mais n’en avaient pas reçu. Celle‑ci était suivie des renseignements (39 % des immigrants) et des conseils (19 %). On n’a relevé que de légers écarts d’une catégorie d’immigration à l’autre.

Les immigrants de divers groupes d’âge ont indiqué différents besoins en matière d’accès aux études ou à la formation. Les nouveaux arrivants de 15 à 24 ans ont mentionné les renseignements comme étant leur principal besoin (35 %) quatre ans après l’admission, alors que l’aide financière était le besoin le plus souvent mentionné par les immigrants d’âge d’activité maximale (25 à 44 ans) et par ceux de 45 ans ou plus (52 % et 56 % respectivement).

Notes

1Statistique Canada. 2005. Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada - S'établir dans un nouveau pays : un portrait des premières expériences, numéro 89-614-XPE au catalogue, p. 46.

2Le champ d’observation ayant été modifié aux cycles 2 et 3 afin d’exclure les cours de langue de l’entité Éducation, on s’attendait à ce que la proportion d’immigrants qui ont déclaré avoir des difficultés à obtenir une formation à l’exclusion des cours de langue au cycle 1 soit inférieure à 27 %.

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