Les immigrants récents des régions métropolitaines : Canada—un profil comparatif d’après le recensement de 2001

Points saillants

Les arrivants très récents : un aperçu

  • Les immigrants très récents, ceux arrivés après 1995, sont, à certains égards, assez différents des groupes qui les ont précédés. Ils sont plus nombreux à venir de l’Asie du Sud et de l’Europe de l’Est. Bon nombre d’entre eux ont un diplôme universitaire, dans une proportion beaucoup plus grande que chez d’autres immigrants (pour un nombre comparable) ou que chez les personnes nées au Canada. De plus, grâce à ces qualités et au dynamisme du marché du travail, ils ont été plus nombreux à déclarer un emploi et des revenus plus élevés dans le recensement de 2001 que les immigrants qui avaient été admis au cours de la première moitié des années 1990 (recensement de 1996).

Immigrants et immigrants récents (partie A)

  • En 2001, il y avait 2 491 900 immigrants récents au Canada, représentant 46 % de la population immigrante du Canada, qui est de 5 448 500, et 8,4 % de la population du pays. Dans le présent document, le terme « immigrants récents » désigne les immigrants qui sont devenus des résidents permanents, ont été admis, ou ont obtenu le droit d’établissement après 1985 et qui vivaient au pays le 15 mai 2001, date à laquelle le recensement de la population a eu lieu. Par ailleurs, le terme « immigrants très récents » désigne les immigrants qui ont été admis après 1995.
  • Le Canada est l’un des pays qui accueille le plus d’immigrants au monde. En 2001, les immigrants représentaient 18 % de la population du Canada, une portion plus grande que dans tout autre pays de l’OCDE, à l’exception de l’Australie et de la Suisse. Aux États Unis, les immigrants représentent 11 % de la population, et dans la plupart des pays européens, ils forment 10 % de la population ou moins.
  • Quatre immigrants sur cinq, admis entre 1986 et 1995, étaient devenus citoyens canadiens en mai 2001.

Qui sont les immigrants récents? (partie B)

  • Les immigrants récents viennent de partout dans le monde. Les immigrants admis après 1985 viennent surtout des pays asiatiques, et cette tendance est encore plus marquée chez les immigrants admis après 1995. La proportion d’immigrants venant de la Chine (à l’exclusion de Hong Kong), le plus important pays source, est de 13 %. L’Inde, pays d’où viennent 10 % des immigrants récents, occupe la deuxième place. L’Asie du Sud — Inde, Pakistan, Sri Lanka — est devenue une source d’immigrants plus importante au cours de la deuxième moitié des années 1990.
  • L’origine des immigrants a radicalement changé au cours des dernières décennies. Le Royaume-Uni et l’Italie étaient auparavant les principaux pays d’origine des immigrants, représentant respectivement 18 % et 10 % des immigrants qui avaient été admis avant 1986 et qui habitaient toujours au Canada en 2001. Or, seulement 2 % des immigrants très récents étaient nés au Royaume-Uni, et moins de 1 %, en Italie.
  • L’Ontario et la Colombie-Britannique sont les seules provinces qui comptent une proportion plus importante d’immigrants récents que de personnes nées au Canada. La proportion d’immigrants qui s’installent en Colombie-Britannique augmente tandis qu’en Ontario et au Québec elle demeure constante. Par ailleurs, les autres provinces ont attiré une proportion moindre d’mmigrants récents que par le passé.
  • Les villes de Toronto et de Vancouver, où s’installent six immigrants récents sur dix, attirent un nombre croissant d’immigrants.
  • Les immigrants récents de Toronto ont des origines très semblables à celles des immigrants récents de l’ensemble du Canada, mais on y compte relativement plus de personnes de l’Asie du Sud, de l’Asie centrale et des Caraïbes. La moitié des immigrants récents de Vancouver sont nés en Asie de l’Est et dans la région du Pacifique, tandis que l’Afrique, l’Asie de l’Ouest, le Moyen-Orient, l’Amérique latine et l’Europe de l’Ouest sont les lieux de naissance les plus courants des immigrants récents qui vivent à Montréal. À l’extérieur des 13 centres urbains, on retrouve proportionnellement moins d’Asiatiques et plus d’Européens et d’Américains.
  • D’après les statistiques publiées par Citoyenneté et Immigration Canada, la moitié des immigrants récents ont été admis dans la catégorie économique, et la plupart d’entre eux étaient des travailleurs qualifiés accompagnés de leurs personnes à leur charge. Les immigrants de la catégorie économique représentent une importante proportion des immigrants très récents.
  • Les immigrants récents changent le paysage religieux du Canada, puisque bon nombre d’entre eux sont de religion musulmane, bouddhiste, hindoue et sikhe. C’est la proportion de musulmans parmi les arrivants récents qui a augmenté le plus rapidement pour atteindre 18 % des immigrants très récents. Près du quart des immigrants très récents n’ont signalé aucune appartenance religieuse.
  • Près de la moitié des immigrants très récents sont âgés entre 25 et 44 ans, comparativement à trois personnes nées au Canada sur dix. La proportion d’enfants et de jeunes est à peu près la même dans les deux groupes, et il y a relativement peu de personnes d’âge moyen et de personnes âgées chez les immigrants récents.
  • Neuf immigrants très récents sur dix âgés de 15 ans ou plus ont indiqué, en mai 2001, pouvoir tenir une conversation en anglais, en français ou dans les deux langues. Par ailleurs, la langue que parlent le plus souvent à la maison les deux tiers des immigrants très récents âgés de 15 ans ou plus, et plus de la moitié de ceux qui ont été admis entre 1986 et 1995 n’était ni le français ni l’anglais, mais une langue étrangère.
  • Le niveau de scolarité des immigrants très récents est plus élevé que celui des personnes nées au Canada : trois femmes sur dix et quatre hommes sur dix détiennent un diplôme universitaire, comparativement à 14 % des hommes et des femmes nés au Canada. Même si on effectue la comparaison avec les personnes nées au Canada ayant le même âge, les immigrants très récents sont plus scolarisés.

Familles et ménages (partie C)

  • Les immigrants récents sont plus susceptibles que les personnes nées au Canada de vivre avec des parents, et sont deux fois plus susceptibles de vivre avec des membres de leur famille élargie. Seulement 8 % des immigrants récents d’au moins 65 ans vivent seuls, comparativement à un tiers des personnes nées au Canada ayant le même âge.
  • Au Canada, une famille sur neuf compte un immigrant récent adulte. Les familles d’immigrants récents sont plus susceptibles que les familles d’origine canadienne de compter des enfants vivant à la maison, surtout lorsque le membre le plus âgé de la famille a au moins 45 ans. Les familles d’immigrants récents sont un peu moins susceptibles d’être des familles monoparentales que les familles d’origine canadienne.
  • Les ménages où l’on compte au moins un immigrant récent adulte représentent 9 % des ménages canadiens. Deux de ces ménages sur cinq comptent au moins un membre ayant immigré après 1995.
  • Les ménages constitués d’immigrants récents sont beaucoup plus susceptibles que les ménages d’origine canadienne de regrouper des membres de la famille élargie ou plus d’une famille. De plus, les ménages de arrivants récents comptent souvent beaucoup plus de membres que ceux d’origine canadienne; près de la moitié de ces ménages comptent au moins quatre personnes comparativement à moins du quart des ménages de personnes nées au Canada.

Participation à la vie économique (partie D)

  • Plus l’arrivée des immigrants est récente, plus leur taux d’activité est bas et plus leur taux de chômage est élevé. Le taux d’activité des immigrants antérieurs est plus ou moins le même que celui des personnes nées au Canada.
  • Plus les immigrants restent longtemps au Canada, plus ils ont tendance à rejoindre les personnes nées au Canada. C’est une tendance qui s’observe chez tous les groupes d’âge et les deux sexes, sauf chez les immigrants qui ont un faible niveau de scolarité. Les disparités entre les immigrants récents et les natifs du Canada tendent à être moindres chez les hommes que chez les femmes.
  • Le manque de connaissance des langues officielles constitue un obstacle important à la participation à la vie active. Toutefois, ce facteur n’explique que dans une faible mesure la disparité présentée par le taux d’activité des immigrants très récents, puisque la plupart parlent l’anglais, le français ou ces deux langues.
  • Le taux d’activité était plus élevé, et le taux de chômage, moins élevé, en 2001 qu’en 1996. Les personnes nées au Canada et toutes les cohortes d’immigrants ont affiché des gains, quel que soit leur âge. Les gains ont été plus importants pour les femmes que pour les hommes, et pour les jeunes et les vieux que pour les personnes dans la force de l’âge, c’est-à-dire les 25 à 44 ans. Le taux d’emploi était aussi beaucoup plus élevé en 2001 parmi les immigrants admis au cours des cinq années qui ont précédé le recensement de 2001 qu’il ne l’avait été en 1996 parmi les immigrants admis au cours des cinq années qui ont précédé le recensement de 1996.
  • Les immigrants récents occupent plus souvent que les personnes nées au Canada des emplois dans les industries de transformation et dans les ventes et services, et sont moins nombreux dans l’administration, la gestion et les sciences sociales.
  • Par rapport aux personnes nées au Canada, les immigrants récents sont peu nombreux dans le secteur manufacturier, les services aux entreprises, l’accueil et les autres industries de services. Ils sont proportionnellement moins nombreux que les natifs du Canada dans la construction, les transports et le secteur public.
  • Bien que les emplois des immigrants récents exigent un niveau de compétence relativement faible, la cohorte la plus récente occupait des emplois plus spécialisés que les cohortes recensées en 1996.

Revenu (partie E)

  • Si l’on considère les personnes ayant déclaré un revenu pour l’année 2000, les immigrants très récents ont gagné en moyenne 70 % de ce qu’ont gagné les personnes nées au Canada, et chez les personnes ayant immigré dans la période allant de 1986 à 1995, cette proportion approchait les 80 %. Les gains provenant d’un emploi représentaient une partie plus importante des revenus des immigrants récents que de celui des immigrants antérieurs et des personnes nées au Canada. Les autres revenus privés — investissements, pensions et autres — sont particulièrement peu élevés chez les immigrants récents.
  • En 2000, le revenu moyen des immigrants très récents était 40 % plus élevé qu’en 1995. En comparaison, le revenu des personnes nées au Canada et des immigrants qui demeurent au Canada depuis plus de cinq ans a affiché une augmentation de 17 à 26 %.
  • Comparativement aux ménages d’origine canadienne, les transferts gouvernementaux représentent une part un peu plus importante du revenu des ménages composés d’immigrants récents faisant partie du groupe des 25-64 ans. Pour les ménages composés de personnes âgées dont l’arrivée est récente, la part des transferts est plus faible que pour les personnes nées au Canada.
  • Un tiers des immigrants très récents sont dans une situation de faible revenu, une proportion deux fois plus importante que chez les personnes nées au Canada.

Logement (partie F)

  • Chez les immigrants récents, plus d’un ménage sur cinq loge à l’étroit — c’est-à-dire dans un logement qui abrite une personne ou plus par pièce — contre 3 % des ménages d’origine canadienne. Par ailleurs, 30 % des ménages composés de immigrants très récents logent à l’étroit.
  • Un ménage d’immigrants récents sur trois consacre plus de 30 % de son revenu au logement, comparativement à un ménage d’origine canadienne sur quatre.
  • L’état des logements où vivent les immigrants récents est comparable à celui des logements des personnes nées au Canada.
  • À peine plus de la moitié des ménages d’immigrants récents sont propriétaires de leur maison, soit 15 % de moins que la proportion de ménages d’origine canadienne. Seulement le quart des ménages constitués exclusivement d’immigrants très récents sont propriétaires de leur maison.

Comparaison entre les différentes régions (partie G)

  • Dans cette partie du document, le pays est divisé en six régions de résidence en fonction de la taille et de la situation géographique des immigrants récents aux fins de la comparaison. Les six régions sont les suivantes : les trois villes qui reçoivent la plus grande partie des immigrants, soit Toronto, Vancouver et Montréal, les cinq villes se classant au deuxième rang comme destination des immigrants récents étudiées comme une seule région, les cinq villes se classant au troisième rang comme destination des immigrants récents étudiées comme une seule région, et le reste du Canada.
  • Sept immigrants récents sur dix vivent dans les trois plus grands centres métropolitains du Canada, c’est-à-dire Toronto, Montréal et Vancouver, où près de la moitié des immigrants antérieurs et un quart des personnes nées au Canada habitent.
  • Un peu plus d’un cinquième des résidents de Toronto et de Vancouver ont immigré au Canada entre 1986 et 2001. À Montréal et dans les cinq villes de deuxième rang, la proportion d’immigrants récents dans la population est de 8 %, tandis que dans les villes de troisième rang et dans le reste du Canada, où vit environ la moitié de la population du pays, elle est d’environ 2,5 %.
  • Les immigrants très récents qui ont été admis entre 1996 et 2001 et qui faisaient partie de la catégorie économique ont plus souvent choisi Vancouver pour s’établir que toute autre région du Canada. Les réfugiés, quant à eux, ont davantage tendance à se répartir plus uniformément dans l’ensemble du Canada que les autres immigrants.
  • Près du tiers de la population de Toronto native du Canada a moins de 15 ans. Ce groupe comprend de nombreux enfants nés d’immigrants récents après leur arrivée au Canada, et cette très grande proportion s’explique par le fait qu’il y a un très grand nombre d’immigrants récents à Toronto. À Vancouver, les enfants, y compris les enfants nés d’immigrants récents, représentent une grande proportion d’habitants nés au Canada.
  • Dans les trois grands centres métropolitains que sont Toronto, Montréal et Vancouver, les immigrants récents ont un niveau de scolarité un peu plus faible que celui des personnes nées au Canada. Dans les villes de troisième rang et dans le reste du Canada, même si le niveau de scolarisation général est moins élevé que dans les grands centres, les arrivants récents sont plus scolarisés que les natifs du Canada.
  • Parmi les six régions, c’est à Vancouver que la participation à la vie active des immigrants récents est la plus faible, et où l’on constate le plus grand écart par rapport aux personnes nées au Canada. C’est à Montréal que l’on observe les taux de chômage les plus élevés parmi les immigrants récents. En ce qui a trait au chômage et à la participation à la vie active, les immigrants récents obtiennent à peu près les mêmes résultats à l’extérieur des trois grands centres qu’à Toronto.
  • Ce sont, dans l’ordre, dans les villes de deuxième rang et à Toronto, que le revenu moyen des immigrants très récents est le plus élevé. Par rapport aux personnes nées au Canada, le revenu des immigrants récents est plus élevé dans les villes de troisième rang et dans le reste du Canada.
  • L’incidence de faible revenu chez les immigrants récents est plus élevée à Vancouver et à Montréal que dans les autres régions du Canada.

 

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