Comparaison des répondants immigrants et canadiens de naissance au World Values Survey (Canada)

4. Immigration et citoyenneté

Qu'en est-il des opinions des répondants sur l'immigration, la citoyenneté et la diversité? Certaines des questions du WVS concernent l'importance accordée à trois exigences auxquelles les immigrants devraient répondre pour obtenir la citoyenneté : avoir de la parenté au Canada, se soumettre aux lois canadiennes et adopter les coutumes canadiennes. Les figure 4-1 à figure 4-3 et les tableau 4-1 à tableau 4-3 montrent que la répartition des réponses est similaire dans les trois groupes. Moins de la moitié des répondants de chaque groupe pensent que le fait d'avoir de la parenté au Canada est une exigence importante pour l'obtention de la citoyenneté. À titre de comparaison, plus de 90 % d'entre eux disent que se soumettre aux lois canadiennes est une exigence « très importante » pour l'obtention de la citoyenneté.

En ce qui concerne l'adoption des coutumes canadiennes (figure 4-3), cependant, les immigrants récents et les deux autres groupes présentent des différences très marquées. Plus de 60 % des Canadiens de naissance, 50 % des immigrants de longue date et un tiers des immigrants récents considèrent qu'il est « très important » pour les nouveaux citoyens d'adopter les coutumes du Canada. Deux fois moins d'immigrants récents que de membres des autres groupes considèrent l'adoption des coutumes canadiennes comme une exigence importante pour l'obtention de la citoyenneté.

Question : À votre avis, à quel point chacune des exigences suivantes est-elle importante pour l'obtention de la citoyenneté canadienne? Veuillez préciser si vous trouvez chacune des ces exigences très importante, assez importante ou pas du tout importante. 1) Avoir de la parenté au Canada.

Tableau 4-1 : Avoir de la parenté au Canada pour obtenir la citoyenneté
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Très importante 19,3 % 21,6 % 22,8 %
Assez importante 29,2 % 28,9 % 21,4 %
Pas du tout importante 51,5 % 49,5 % 55,8 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n =  1 733) (n = 291) (n = 570)

N = 2 594
Source : World Values Survey de 2006.

Figure 4-1 : Avoir de la parenté au Canada pour obtenir la citoyenneté

Figure 4-1 : Avoir de la parenté au Canada pour obtenir la citoyenneté
Version texte : Avoir de la parenté au Canada pour obtenir la citoyenneté
  Pas du tout importante Assez importante Très importante
Canadiens de naissance 51,5 % 29,2 % 19,3 %
Immigrants de longue date 49,5 % 28,9 % 21,6 %
Immigrants récents 55,8 % 21,4 % 22,8 %

Source: World Values Survey de 2006
N = 2 594

Question : À votre avis, à quel point chacune des exigences suivantes est-elle importante pour l'obtention de la citoyenneté canadienne? Veuillez préciser si vous trouvez chacune des ces exigences très importante, assez importante ou pas du tout importante. 2) Se soumettre aux lois canadiennes.

Tableau 4-2 : Se soumettre aux lois canadiennes pour obtenir la citoyenneté
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Très importante 95,7 % 93,2 % 90,7 %
Assez importante 4,2 % 6,1 % 9,1 %
Pas du tout importante 0,2 % 0,7 % 0,2 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n =  1 758) (n = 295) (n = 569)

N = 2 622
Source : World Values Survey de 2006.

Figure 4-2 : Se soumettre aux lois canadiennes pour obtenir la citoyenneté

Figure 4-2 : Se soumettre aux lois canadiennes pour obtenir la citoyenneté
Version texte : Se soumettre aux lois canadiennes pour obtenir la citoyenneté
  Pas du tout importante Assez importante Très importante
Canadiens de naissance 0,2 % 4,2 % 95,7 %
Immigrants de longue date 0,7 % 6,1 % 93,2 %
Immigrants récents 0,2 % 9,1 % 90,7 %

Source: World Values Survey de 2006
N = 2,622

Question : À votre avis, à quel point chacune des exigences suivantes est-elle importante pour l'obtention de la citoyenneté canadienne? Veuillez préciser si vous trouvez chacune des ces exigences très importante, assez importante ou pas du tout importante. 3) Adopter les coutumes canadiennes.

Tableau 4-3 : Adopter les coutumes canadiennes pour obtenir la citoyenneté
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Très importante 60,3 % 50,5 % 32,9 %
Assez importante 29,4 % 40,2 % 47,3 %
Pas du tout importante 10,4 % 9,3 % 19,8 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n =  1 739) (n = 291) (n = 566)

N = 2 596
Source : World Values Survey de 2006.

Figure 4-3 : Adopter les coutumes canadiennes pour obtenir la citoyenneté

Figure 4-3 : Adopter les coutumes canadiennes pour obtenir la citoyenneté
Version texte : Adopter les coutumes canadiennes pour obtenir la citoyenneté
  Pas du tout importante Assez importante Très importante
Canadiens de naissance 10,4 % 29,4 % 60,3 %
Immigrants de longue date 9,3 % 40,2 % 50,5 %
Immigrants récents 19,8 % 47,3 % 32,9 %

Source: World Values Survey de 2006
N = 2 596

Le fait que les Canadiens de naissance jugent important que les nouveaux citoyens adoptent les coutumes canadiennes pourrait fort bien refléter leurs opinions générales en matière de diversité culturelle.

Le WVS pose deux questions permettant d'étudier en détail ce propos. Tout d'abord, une paire d'énoncés est présentée au répondant, qui doit noter (sur une échelle de 1 à 10) à quel degré il est d'accord. Le premier énoncé est « La diversité culturelle ébranle l'unité canadienne » (1), et le deuxième « La diversité culturelle enrichit l'unité canadienne » (10). Un indice de 8 ou plus signifie que le répondant appuie fortement l'idée que la diversité culturelle enrichit la société.

De toute évidence, les immigrants récents sont les plus convaincus que la diversité culturelle enrichit la société canadienne. Comme le montre la figure 4-4, plus de 73 % d'entre eux sont fortement d'accord avec l'idée exprimée, comparativement à 65 % des immigrants de longue date, et à environ la moitié (49 %) des Canadiens de naissance.

Figure 4-4 : Enrichissement de la société canadienne par la diversité culturelle

Question : Maintenant, passons à la diversité culturelle. Lequel des énoncés suivants se rapproche le plus de votre point de vue? Échelle de 1 à 10. 1 = « La diversité culturelle ébranle l'unité canadienne », 10 = « La diversité culturelle enrichit l'unité canadienne ». Le graphique présente le pourcentage de répondants fortement d'accord avec ce dernier énoncé (cotes de 8 à 10).

Figure 4-4 : Enrichissement de la société canadienne par la diversité culturelle
Version texte : Enrichissement de la société canadienne par la diversité culturelle
Canadiens de naissance 49,2 %
Immigrants récents 65,1 %
Immigrants de longue date 73,2 %

Source: World Values Survey de 2006
N = 2 519

Ces résultats permettent de mettre en contexte les réponses à la deuxième question : « Dans vos relations avec le gouvernement, pensez-vous que vous êtes mieux traités que les autres Canadiens, traités à peu près comme les autres Canadiens, moins bien traités que les autres Canadiens ou beaucoup moins bien traités que les autres CanadiensNote de bas de page 5? »

Seule une petite minorité de répondants croient que les immigrants sont mal traités (figure 4-5). L'élément le plus frappant de ces résultats est que, proportionnellement, dix fois plus de Canadiens de naissance que d'immigrants récents (et deux fois plus que d'immigrants de longue date) considèrent que les immigrants sont mieux traités que les autres Canadiens (tableau 4-4). Par ailleurs, il est révélateur de constater qu'une moins grande proportion d'immigrants récents (11,6 %) que d'immigrants de longue date (22,7 %) et de Canadiens de naissance (19,8 %) estiment que les immigrants sont moins bien traités que les autres Canadiens.

Question posée aux immigrants récents : Dans vos relations avec le gouvernement, pensez-vous que vous êtes mieux traités que les autres Canadiens, traités à peu près comme les autres Canadiens, moins bien traités que les autres Canadiens ou beaucoup moins bien traités que les autres Canadiens? Question posée aux Canadiens de naissance et aux immigrants de longue date : Selon-vous, comment les immigrants sont-ils traités au Canada (voir choix de réponses précédents)?

Tableau 4-4 : Traitement des immigrants
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Mieux que les autres Canadiens 23,5 % 10,3 % 2,9 %
À peu près comme les autres Canadiens 56,8 % 67,0 % 85,5 %
Moins bien que les autres Canadiens 18,2 % 20,2 % 10,9 %
Beaucoup moins bien que les autres Canadiens 1,6 % 2,5 % 0,7 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n =  1 667) (n = 282) (n = 560)

N = 2 509
Source : World Values Survey de 2006.

Figure 4-5 : Traitement des immigrants

Figure 4-5 : Traitement des immigrants
Version texte : Traitement des immigrants
  Moins bien traités Traités comme les autres Mieux traités
Canadiens de naissance 19,8 % 56,8 % 23,5 %
Immigrants de longue date 22,7 % 67,0 % 10,3 %
Immigrants récents 11,6 % 85,5 % 2,9 %

Source: World Values Survey de 2006
N = 2 509

Question posée aux immigrants récents : Dans vos relations avec le gouvernement, pensez-vous que vous êtes mieux traités que les autres Canadiens, traités à peu près comme les autres Canadiens, moins bien traités que les autres Canadiens ou beaucoup moins bien traités que les autres Canadiens? Question posée aux Canadiens de naissance et aux immigrants de longue date : Selon vous, comment les immigrants sont-ils traités au Canada (voir choix de réponses précédents)?

Ces opinions sur la diversité culturelle et le traitement des immigrants pourraient être liées aux opinions sur les politiques d'immigration. Les immigrants sont beaucoup plus favorables à des politiques d'immigration libérales que les autres répondants. Le WVS demande aux répondants ce que le gouvernement devrait faire selon eux par rapport à la venue de travailleurs immigrants au Canada. Les réponses des Canadiens de naissance sont partagées à peu près également entre deux des quatre choix proposés (tableau 4-5). Quelque 46,6 % d'entre eux croient que le gouvernement devrait imposer des limites strictes au nombre d'étrangers autorisés à venir au Canada et 45,6 %, que le gouvernement devrait laisser venir les gens tant qu'il y a des emplois disponibles. Les réponses des immigrants récents et celles des immigrants de longue date sont virtuellement identiques : environ 64 % d'entre eux croient que le gouvernement devrait laisser venir les gens tant qu'il y a des emplois disponibles. De plus, comparativement aux Canadiens de naissance, les deux groupes d'immigrants souhaitent moins que le gouvernement impose des limites strictes au nombre de travailleurs étrangers.

Question : Parlons maintenant des gens qui arrivent de pays étrangers pour travailler ici. Qu'est-ce que le gouvernement devrait faire selon vous?

Tableau 4-5 : Politique gouvernementale sur les travailleurs étrangers
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Laisser venir toute personne qui le désire 5,5 % 10,7 % 8,7 %
Laisser venir les gens tant qu'il y a des emplois disponibles 45,6 % 64,3 % 63,6 %
Mettre des limites strictes au nombre d'étrangers pouvant venir ici 46,6 % 24,3 % 27,1 %
Interdire aux gens des autres pays de venir ici 2,3 % 0,7 % 0,5 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n =  1 714) (n = 280) (n = 561)

N = 2 555
Source : World Values Survey de 2006.

Les opinions positives sur la diversité culturelle sont-elles corrélées aux opinions positives sur l'immigration? En bref, la réponse est oui : tous groupes confondus, le fait de penser que la diversité culturelle enrichit le Canada présente une corrélation négative significative avec le fait de croire que l'adoption des coutumes canadiennes est une exigence très importante pour l'obtention de la citoyenneté (r = -0,188, p < 0,01). Il existe aussi une corrélation négative entre cette opinion et le fait de penser que les immigrants sont mieux traités que les autres Canadiens (r = -0,250, p < 0,01), et celui de prôner l'imposition de limites strictes au nombre d'immigrants autorisés à entrer au pays (r = -0,170, p < 0,01)Note de bas de page 6.

Les opinions sur la diversité culturelle peuvent également être liées au niveau de tolérance global. Le principe de la tolérance est très populaire au Canada, mais les gens ne l'appliquent pas nécessairement « également dans tous les domaines » [TRADUCTION] (Nevitte, 1996).

Certaines des questions posées dans le WVS permettent d'étudier des types précis de tolérance. Le WVS demande ainsi aux répondants de désigner dans une liste les groupes « qu'ils n'aimeraient pas avoir comme voisins » (tableau 4-6). Une analyse factorielle révèle que les réponses se divisent habituellement selon deux dimensions. La première pourrait être qualifiée d'intolérance sociale; elle consiste à rejeter comme voisins éventuels les toxicomanes, les personnes atteintes du SIDA, les gros buveurs, les homosexuels et les couples non mariés qui vivent ensemble. La deuxième dimension pourrait être qualifiée d'intolérance culturelle; les groupes considérés comme indésirables sont alors les personnes d'une autre religion, les immigrants, les personnes qui parlent une autre langue et les musulmans.

Question : Voici une liste de divers groupes de gens. Pourriez-vous mentionner ceux que vous n'aimeriez pas avoir comme voisins?

Tableau 4-6 : Voisins indésirables
  Mentions  
Groupe Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents N
Toxicomanes 80,8% 83,6% 91,4% 2 603
Gens qui ont le SIDA 11,7% 13,1% 27,6% 2 543
Gros buveurs 61,3% 69,2% 80,6% 2 597
Homosexuels 13,3% 21,2% 33,9% 2 548
Couples non mariés qui vivent ensemble 2,8% 5,3% 8,8% 2 544
Gens d'une autre race 3,0% 2,5% 3,0% 2 541
Gens de religion différente 2,5% 2,8% 2,7% 2 539
Immigrants 4,8% 2,5% 1,8% 2 535
Gens qui parlent une langue différente 3,7% 2,8% 3,0% 2 545
Musulmans 12,9% 8,0% 10,3% 2 529

Source : World Values Survey de 2006.

Les données montrent que très peu de Canadiens, qu'ils soient immigrants ou non, sont particulièrement intolérants sur le plan culturel. Le groupe des musulmans est le seul, dans la dimension culturelle, qui soit considéré comme indésirable par plus de 10 % des répondants (12,9 % des Canadiens de naissance, 8,0 % des immigrants de longue date et 10,3 % des immigrants récents).

Les résultats varient nettement plus dans la dimension sociale. Plus de 90 % des immigrants n'aimeraient pas avoir des toxicomanes comme voisins, comparativement à un peu plus de 80 % des Canadiens de naissance et des immigrants de longue date. L'écart est encore plus marqué en ce qui a trait aux gros buveurs : tandis que seulement 31,3 % des Canadiens de naissance n'aimeraient pas en avoir comme voisins, le taux se chiffre à 69,2 % pour les immigrants de longue date et à 80,6 % pour les immigrants récents. Même chose du côté des homosexuels : seulement 13,3 % des Canadiens de naissance et 21,2 % des immigrants de longue date ont désigné les homosexuels comme groupe indésirable, comparativement à 33,9 % des immigrants récents.

Il semble donc que, même s'ils appuient la diversité culturelle en plus grande proportion, les immigrants n'appliquent pas nécessairement ce principe universellement. En effet, les immigrants récents sont apparemment moins tolérants sur le plan social que les autres groupes.

Toutefois, si les Canadiens sont en général des gens tolérants, pourquoi les Canadiens de naissance sont-ils proportionnellement moins nombreux à avoir une opinion favorable sur la diversité culturelle? On pourrait avancer comme explication nuancée que les attitudes envers les hors-groupes et la diversité culturelle de façon générale sont influencées par les perceptions de vulnérabilité économique (Cochrane et Nevitte, 2007). Cette hypothèse de la « compétition interethnique » suppose que la lutte pour l'accès à des ressources limitées exacerbe les conflits entre les groupes. Les préjugés à l'égard des hors-groupes augmentent lorsque les groupes majoritaires sentent qu'ils rivalisent avec les minorités d'immigrants sur le marché du travail (Burns et Gimpel, 2000). De plus, comme le remarquent Citrin et ses collaborateurs (1997), même la perception d'un ralentissement économique général, par opposition à des difficultés économiques personnelles, peut influencer les points de vue sur l'immigration et la diversité.

L'hypothèse de la compétition économique peut être mise à l'épreuve au moyen de variables subjectives et objectives. Il est possible d'effectuer la régression de la perception de difficultés économiques au moyen d'indicateurs de la satisfaction financière et de la satisfaction de vivre en généralNote de bas de page 7. La satisfaction de vivre, en particulier, peut servir à mesurer la perception de menaces générales pour lesquelles, selon l'hypothèse de la compétition interethnique, les minorités d'immigrants pourraient servir de bouc émissaire (McLaren, 2003). Les mesures objectives de la sécurité économique comprennent le revenu total du ménage et la situation d'emploi actuelle.

Il est aussi possible que les points de vue sur la diversité soient liés à des facteurs structurels. Les études existantes montrent clairement que le niveau de tolérance est fortement corrélé au niveau de scolarité atteint et à l'âge (Nevitte, 1996). Les jeunes et les personnes plus instruites ont généralement une meilleure tolérance que les personnes âgées et les personnes moins instruites.

L'influence de la sécurité économique et du niveau de scolarité a été testée au moyen d'une régression par la méthode des moindres carrés ordinaires, dont les résultats sont présentés au Tableau 4-7. L'appui à la diversité culturelle est la variable dépendante.

Tableau 4-7 : Facteurs déterminants de l'appui à la diversité culturelle
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
  B ET B ET B ET
Scolarité 0,137 à p < 0,01 0,035 0,025 0,085 0,323 à p < 0,01 0,108
Âge 0,001 0,049 -0,086 0,123 0,399 à p < 0,01 0,117
Faible revenu 0,027 0,032 0,044 0,078 0,044 0,043
Emploi à temps partiel -0,053 0,044 -0,085 0,106 0,060 0,060
Chômage -0,060 0,047 -0,103 0,124 -0,038 0,055
Satisfaction de vivre 0,161 à p < 0,05 0,075 0,369 0,202 0,201 0,125
Satisfaction financière 0,041 0,062 0,211 0,171 0,096 0,103
Constante 0,260 à p < 0,01 0,072 0,253 0,190 0,072 0,140
R2 ajusté 0,015   0,018   0,044  
N 1 410   233   477  

Source : World Values Survey de 2006.

Les résultats indiquent que le niveau de scolarité et le degré de satisfaction de vivre sont les principaux facteurs prédictifs de l'appui à la diversité culturelle chez les Canadiens de naissance. Plus le niveau de scolarité atteint et la satisfaction de vivre sont élevés, plus il est probable que la personne appuie la diversité culturelle au Canada. Les mesures objectives des difficultés économiques, comme le faible revenu et la situation d'emploi, n'ont pas d'influence significative.

L'évaluation subjective de la vie en général prédit, à tout le moins pour les Canadiens de naissance, l'appui à la diversité culturelle.

Chez les immigrants de longue date, aucune des variables prises en compte dans la régression n'a donné de résultats significatifs. Ni l'hypothèse de la compétition économique, ni les facteurs structurels ne prédisent l'appui à la diversité culturelle chez les immigrants.

4.1. Identité

Des données présentées dans les sections précédentes ont comparé le degré de fierté nationale des trois groupes. La proportion des répondants déclarant être très fiers d'être Canadiens était de 71,1 % chez les Canadiens de naissance, de 69,6 % chez les immigrants de longue date et de 52,2 % chez les immigrants récents (tableau 2-13). Ces écarts sont-ils attribuables au degré d'identification des répondants aux différents paliers de leur collectivité? Certaines personnes s'identifient principalement à leur province, d'autres à leur collectivité locale. D'autres encore se voient comme des citoyens du monde avant tout.

Rien ne laisse penser que ceux qui s'identifient principalement à leur collectivité locale ou à leur province montreront un niveau de fierté nationale inférieur à celui des autres. On pourrait cependant avancer que les immigrants, ayant eu des rapports sociaux dans d'autres pays, auront davantage tendance à adopter un point de vue cosmopolite.

Les répondants ont eu à indiquer s'ils étaient tout à fait d'accord, d'accord, en désaccord ou tout à fait en désaccord avec les énoncés : « Je me vois comme citoyen du monde; je me vois comme citoyen de l'Amérique du Nord; je me vois comme citoyen du Canada dans l'ensemble; je me vois comme citoyen de ma province ou région; je me vois comme un membre de ma communauté locale. »

Les résultats, qui sont résumés ci-dessous (du tableau 4-8 au tableau 4-12), montrent que les immigrants récents déclarent en moins grande proportion que les immigrants de longue date et les Canadiens de naissance un attachement fort à une quelconque identité communautaire, à l'exception de celle de citoyen du monde. Dans les trois groupes, les répondants se voyaient surtout comme des citoyens du Canada, et se voyaient le moins comme des citoyens de l'Amérique du Nord (figure 4-6); encore une fois, l'identité de « citoyen du monde » fait exception.

Question : Les gens ont différentes perceptions d'eux-mêmes et des rapports qu'ils entretiennent avec les autres. Pourriez-vous me dire dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants quant à la perception que vous avez de vous-même? Je me vois comme citoyen de ma communauté locale.

Tableau 4-8 : Je me vois comme un membre de ma communauté locale
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Tout à fait d'accord 33,6 % 31,6 % 19,9 %
D'accord 57,9 % 56,1 % 67,0 %
En désaccord 7,9 % 11,9 % 12,1 %
Tout à fait en désaccord 0,7 % 0,3 % 1,1 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n = 1 756) (n = 294) (n = 564)

N = 2 614
Source : World Values Survey de 2006.

Question : Les gens ont différentes perceptions d'eux-mêmes et des rapports qu'ils entretiennent avec les autres. Pourriez-vous me dire dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants quant à la perception que vous avez de vous-même? Je me vois comme citoyen de ma province ou région.

Tableau 4-9 : Je me vois comme citoyen de ma province
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Tout à fait d'accord 41,9 % 36,0 % 26,1 %
D'accord 56,2 % 56,9 % 64,3 %
En désaccord 1,8 % 6,7 % 8,5 %
Tout à fait en désaccord 0,1 % 0,3 % 1,1 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n = 1 754) (n = 297) (n = 566)

N = 2 617
Source : World Values Survey de 2006.

Question : Les gens ont différentes perceptions d'eux-mêmes et des rapports qu'ils entretiennent avec les autres. Pourriez-vous me dire dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants quant à la perception que vous avez de vous-même? Je me vois comme citoyen du Canada dans l'ensemble.

Tableau 4-10 : Je me vois comme citoyen du Canada dans l'ensemble
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Tout à fait d'accord 44,8 % 48,1 % 38,2 %
D'accord 51,8 % 48,1 % 57,2 %
En désaccord 3,0 % 3,4 % 3,9 %
Tout à fait en désaccord 0,4 % 0,3 % 0,7 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n = 1 758) (n = 295) (n = 565)

N = 2 618
Source : World Values Survey de 2006.

Question : Les gens ont différentes perceptions d'eux-mêmes et des rapports qu'ils entretiennent avec les autres. Pourriez-vous me dire dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants quant à la perception que vous avez de vous-même? Je me vois comme citoyen de l'Amérique du Nord.

Tableau 4-11 : Je me vois comme citoyen de l'Amérique du Nord
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Tout à fait d'accord 26,5 % 26,8 % 16,0 %
D'accord 57,9 % 53,6 % 59,4 %
En désaccord 13,5 % 16,5 % 21,7 %
Tout à fait en désaccord 2,0 % 3,1 % 2,9 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n = 1 744) (n = 291) (n = 557)

N = 2 592
Source : World Values Survey de 2006.

Question : Les gens ont différentes perceptions d'eux-mêmes et des rapports qu'ils entretiennent avec les autres. Pourriez-vous me dire dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants quant à la perception que vous avez de vous-même? Je me vois comme citoyen du monde.

Tableau 4-12 : Je me vois comme citoyen du monde
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Tout à fait d'accord 30,6 % 31,8 % 34,5 %
D'accord 55,5 % 56,4 % 51,9 %
En désaccord 12,1 % 9,3 % 13,3 %
Tout à fait en désaccord 1,8 % 2,4 % 0,4 %
Total 100,0 % 100,0 % 100,0 %
  (n = 1 729) (n = 289) (n = 565)

N = 2 583
Source : World Values Survey de 2006.

Figure 4-6 : Taux de fort attachement identitaire par groupe

Question : Pourriez-vous me dire dans quelle mesure vous êtes d'accord ou en désaccord avec chacun des énoncés suivants? Je me vois comme un membre de ma communauté locale; je me vois comme citoyen de ma province ou région; je me vois comme citoyen du Canada dans l'ensemble; je me vois comme citoyen de l'Amérique du Nord; je me vois comme citoyen du monde. Tout à fait d'accord, d'accord, en désaccord ou tout à fait en désaccord? Le graphique ci-dessous présente le pourcentage de l'échantillon ayant répondu « tout à fait d'accord ».

Figure 4-6 : Taux de fort attachement identitaire par groupe
Version texte : Taux de fort attachement identitaire par groupe
  Canadiens de naissance Immigrants de longue date Immigrants récents
Communauté locale 33,6 % 31,6 % 19,9 %
Province 41,9 % 36,0 % 26,1 %
Canada 44,8 % 48,1 % 38,2 %
Amérique du Nord 26,5 % 26,8 % 16,0 %
Monde 30,6 % 31,8 % 34,5 %

Source: World Values Survey de 2006

Il n'est pas étonnant de constater que les immigrants récents n'ont pas le même taux de fort attachement identitaire que les personnes habitant le pays depuis plus longtemps. Il existe une corrélation positive statistiquement significative entre la fierté nationale et l'identification avec le « Canada dans l'ensemble » (r = 0,243, p < 0,01). On peut aussi considérer comme normal que les immigrants récents soient plus nombreux que les autres groupes à se voir comme des citoyens du monde.

Cependant, les données suggèrent que plus une personne habite longtemps dans le pays hôte, plus fort est l'attachement identitaire. En effet, les immigrants de longue date se rapprochent plus des Canadiens de naissance que les immigrants récents.

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