Analyse de la recherche sur l’opinion publique – Cyberbulletin – Juillet 2012
Association d’études canadiennes : les jeunes Canadiens ont une opinion plus favorable du multiculturalisme
Contexte : Le sondage, commandé par l’Association d’études canadiennes et le Mosaic Institute, a été réalisé du 17 au 18 mars 2012 par la firme Léger Marketing. Le sondage a été mené en ligne auprès d’un échantillon de 1 522 Canadiens; un sondage comparable effectué par téléphone aurait une marge d’erreur de 2,9 %, 19 fois sur 20.
Résultats clés :
- Lorsqu’on leur demandait si « le modèle du multiculturalisme canadien devrait être exporté dans d’autres pays dans le but d’améliorer la résolution de conflits ethniques, religieux ou linguistiques », 82 % des Canadiens âgés de 18 à 24 ans étaient d’accord. Pourcentage de répondants qui étaient d’accord, répartis par groupe d’âge : 25‑38 ans (68 %), 55‑64 ans (64 %), 35‑44 ans et 45‑54 ans (60 % chacun) et 65 ans et plus (57 %).
- Les allophones étaient plus souvent d’accord avec cette affirmation (70 %) que les unilingues anglophones (64 %) ou francophones (58 %).
- Près du trois quarts (74 %) des Canadiens âgés de 18 à 24 ans avaient une opinion positive du multiculturalisme canadien. À titre comparatif, le pourcentage de personnes ayant cette opinion dans les autres groupes d’âge allait de 61 % chez les 25‑34 ans et les 35‑22 ans, à 47 % chez les 65 ans et plus.
- Le groupe d’âge le plus jeune était le plus susceptible d’avoir une opinion « très positive » du multiculturalisme (34 %), suivi du groupe des 25‑34 ans (18 %). Seulement 8 % des 65 ans et plus avait une opinion très positive du multiculturalisme.
- Moins de la moitié (48 %) des francophones avaient une opinion positive, comparativement à 60 % des anglophones et à 67 % des allophones.
- Les jeunes Canadiens ont plutôt tendance à penser que les Canadiens provenant de milieux différents peuvent tisser des liens étroits entre eux (voir le graphique ci-dessous).
Il est facile pour les Canadiens provenant de milieux ethniques, culturels ou religieux différents de créer des liens serrés entre eux

- Plus des deux tiers (69 %) des Canadiens âgés de 18 à 24 ans pensent que « les nouveaux arrivants au Canada sont ouverts aux gens de cultures, de races et de religions différentes », suivi du groupe des 25‑34 ans (55 %), des 35‑44 et des 45‑54 (50 % chacun), des 55‑64 ans (46 %), puis des 65 ans et plus (42 %).
- Encore une fois, les allophones sont plus souvent d’accord avec cette affirmation (62 %) que les anglophones (51 %) et les francophones (42 %).
- Par rapport aux autres groupes d’âge, les Canadiens les plus âgés sont plus susceptibles de se sentir « inquiets face aux tensions qui émanent de conflits historiques qui proviennent de l’extérieur du Canada ». Quatre-vingt-six pour cent (86 %) des 65 ans et plus disent être inquiets, suivi des 55‑64 ans (76 %). Les groupes d’âges plus jeunes se sentent moins inquiets : 67 % (18‑24 ans), 66 % (45‑54 ans), 64 % (35‑44 ans) et 56 % (25‑34 ans).
- Les anglophones se sentent plus inquiets (71 %) que les allophones (68 %) ou les francophones (66 %).
Les nouveaux citoyens canadiens font part de leur expérience et de leurs opinions concernant le nouvel examen de Citoyenneté et Immigration Canada
Contexte : Lorsque le nouvel examen de citoyenneté a été lancé par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) en mars 2010, on a décidé de surveiller les résultats obtenus à l’examen pour évaluer la pertinence des questions et déterminer si l’examen était efficace. Au terme de cette évaluation, on a élaboré 120 nouvelles questions que CIC voulait d’abord valider avant de les inclure dans le répertoire de questions utilisées pour constituer l’examen. À la fin 2011, CIC a demandé à Ipsos Reid de mener une étude qualitative auprès des demandeurs qui ont réussi au nouvel examen de citoyenneté canadienne (disponible en anglais seulement). Au total, huit groupes de discussions ont été animés à Toronto et à Montréal entre le 28 novembre et le 1er décembre 2011. Les participants ont dû passer un examen simulé comportant 30 questions. Une fois l’examen terminé, on a demandé aux participants de donner leurs impressions générales quant aux questions proposées.
Résultats clés [Note 1] :
- Bien qu’ils aient reçu le guide d’étude Découvrir le Canada bien avant de recevoir l’avis de convocation à l’examen, les participants ont indiqué que, la plupart du temps, la préparation à l’examen de citoyenneté commence réellement à partir du moment où ils connaissent la date de l’examen.
- La plupart des participants pensent que le guide d’étude Découvrir le Canada est essentiel pour se préparer à l’examen de citoyenneté. Bon nombre l’ont décrit comme étant un document de référence très utile. Selon les commentaires des participants, il semble que les demandeurs de citoyenneté ont également recours à divers exercices de préparation à l’examen disponibles sur Internet.
- De manière générale, les participants ont consulté des « sites de confiance », c.-à-d., des sites de gouvernements provinciaux ou d’autres sites publics pour s’exercer à répondre aux questions de l’examen, et se soucient peu de l’exactitude de l’information présentée dans ces modèles d’examen.
- Les participants étaient d’avis que la nature des questions, ainsi que le nombre de questions portant sur un sujet donné devraient refléter l’importance relative accordée à cette information dans la guide d’étude Découvrir le Canada; souvent, les demandeurs ne tenaient pas compte des renseignements présentés de façon moins évidente dans le guide (encadrés, information dans la marge de la page).
- La répartition des questions en catégories principales était appréciée chez tous les groupes consultés. Cela dit, les questions axées sur le système de gouvernement ou le processus démocratique du Canada étaient considérées comme plus pertinentes que les questions d’histoire ou celles dont les réponses devaient être apprises par cœur. Bon nombre de participants doutent qu’ils retiennent cette information après la journée de l’examen.
- Les participants s’entendaient généralement pour dire que les questions d’histoire devraient dépendre de la pertinence ou de l’importance de l’événement ou du personnage historique dans le développement du Canada, plutôt que d’être un simple exercice de mémorisation de faits et de dates. De plus, ils ont indiqué qu’il aurait été intéressant d’avoir des questions liées à des événements et à des faits historiques canadiens plus récents.
- Les questions manquant de précision, celles présentant de l’information superflue, ainsi que celles axées sur de l’information qui, selon les participants, n’était pas suffisamment mise en valeur dans le guide, étaient source de problème. Les participants ont aussi trouvé que certaines questions semblaient être conçues pour dérouter le demandeur; par exemple, celles dont les catégories de réponse reprenaient les mêmes mots.
Selon un sondage de Gallup, le Canada se classe troisième dans les destinations d’émigration les plus populaires
Contexte : Le sondage de Gallup a été mené entre 2009 et 2011 auprès de 452 199 adultes de 151 pays. La méthode complète est expliquée.
Résultats clés :
- Des personnes qui, dans le monde, souhaitent quitter leur pays pour de bon (soit 640 millions de personnes, c’est-à-dire 13 % de la population adulte mondiale), 42 millions (soit 6 % de ceux qui souhaiteraient partir), aimeraient venir s’installer au Canada.
- Le Canada est donc la troisième destination de choix pour les personnes qui souhaitent émigrer. Les États-Unis constituent le pays le plus populaire (23 % des émigrants potentiels aimeraient s’y établir), suivi du Royaume-Uni (7 %). La France et l’Arabie Saoudite talonnent le Canada (5 % chacun), suivi de l’Australie (4 %) [voir le tableau ci-dessous].
Destinations de choix pour les émigrants potentiels du monde entier (2009-2011)
Idéalement, si vous en aviez l’occasion, aimeriez-vous déménager en permanence dans un autre pays? Si oui, dans quel pays aimeriez-vous vivre?
| Millions d’adultes (projections fondées sur le pourcentage de personnes qui aimeraient déménager) |
Pourcentage d’émigrants potentiels qui aimeraient vivre dans ce pays |
|
|---|---|---|
| États-Unis | 150 | 23 % |
| Royaume-Uni | 45 | 7 % |
| Canada | 42 | 6 % |
| France | 32 | 5 % |
| Arabie Saoudite | 31 | 5 % |
| Australie | 26 | 4 % |
| Allemagne | 26 | 4 % |
| Espagne | 25 | 4 % |
| Italie | 18 | 3 % |
| Émirats arabes unis | 13 | 2 % |
| Japon | 12 | 2 % |
| Suisse | 9 | 1 % |
| Afrique du Sud | 8 | 1 % |
| Russie | 6 | 1 % |
| Suède | 6 | 1 % |
Les résultats sont fondés sur les moyennes mobiles des sondages menés dans 151 pays entre
2009 et 2011.
Les projections sont fondées sur les estimations de la population de la Banque mondiale.
Étude du Conseil supérieur de la langue française : pour faire partie de la vie collective au Québec, il est essentiel de pouvoir parler le français
Contexte : Le Conseil supérieur de la langue française a mené une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population québécoise (6 700 répondants) entre janvier et mai 2010 et en a récemment publié les résultats dans un rapport intitulé Conscience linguistique et usage du français. L’enquête visait à évaluer la perception de l’importance du français et de l’anglais dans diverses situations ainsi que l’accord ou le désaccord de la population avec la priorité accordée au français dans diverses situations de communication publique.
Résultats clés :
- Quatre-vingt-quinze pour cent (95 %) des répondants sont d’accord avec le fait que toute personne qui demeure au Québec devrait savoir parler le français, et 92 % pensent que l’immigrant qui s’établit au Québec devrait apprendre le français avant d’appendre l’anglais.
- Lorsqu’il est question du domaine sociétal et du domaine social, une forte majorité de la population perçoit généralement que le français est plus important que l’anglais (74 % et 78 %, respectivement).
Étude menée dans le Grand Vancouver : de nombreux groupes de résidents se sentent déconnectés de la collectivité
Contexte : Commandée à Sentis Market Research par la Vancouver Foundation, l’enquête a été menée auprès de 3 841 résidents du Grand Vancouver : 2 806 sondages en ligne et 1 035 entrevues téléphoniques ont été effectués. Selon le rapport, l’enquête reflète plus de 80 groupes ethnoculturels. De plus, même si la plupart des entrevues étaient menées en anglais, certaines l’étaient en cantonais, en mandarin ou en pendjabi.
Résultats clés :
- Selon le rapport, les personnes établies au Canada depuis moins de cinq ans ont un réseau d’amis plus restreint. Quarante-deux pour cent (42 %) d’entre elles disent avoir trois amis proches ou moins, par comparaison avec 32 % des personnes établies depuis six ans ou plus (page 10 du rapport).
- Trente-cinq pour cent (35 %) des personnes sondées n’avaient pas d’amis proches issus d’un groupe ethnoculturel autre que le leur. Par rapport aux autres groupes, les personnes d’origine sud-asiatique sont plus susceptibles d’avoir au moins un ami proche issu d’un groupe ethnoculturel différent (89 %) [page 10].
- Les personnes vivant au Canada depuis moins de cinq ans ont plus tendance à se réunir dans un espace public tel qu’un centre communautaire ou un parc : 64 % le font, comparativement à 42 % des Canadiens établis depuis plus longtemps.
- Lorsqu’examinées en fonction du groupe ethnoculturel, les données révèlent que les plus grands usagers des centres communautaires et des parcs sont les résidents d’origine sud-asiatique (50 %), puis ceux d’origine chinoise (39 %) [page 12].
- Cinquante pour cent (50 %) des personnes vivant au Canada depuis moins de cinq ans, et 44 % de celles qui habitent leur quartier depuis moins de cinq ans, affirment qu’il est difficile de se faire des amis (page 13).
- Les immigrants qui vivent au Canada depuis moins de 20 ans sont en quelque sorte moins susceptibles de connaître le nom de leurs voisins. De plus, le pourcentage varie en fonction du groupe ethnoculturel : 68 % des résidents d’origine chinoise affirment connaître le nom de leurs voisins, en regard de 74 % de la totalité des personnes sondées (page 18).
- Même si bon nombre de répondants ont indiqué que tout groupe ethnoculturel serait reçu au même titre dans leur quartier (voir ci-dessous), plusieurs d’entre eux ont refusé de répondre à la question. Selon la Vancouver Foundation, cela démontre soit une réticence à répondre honnêtement, soit une véritable méconnaissance des attitudes de son voisinage (page 21).
- Parmi les personnes qui ne s’investissent pas dans leur collectivité, un certain pourcentage estime que la langue est un obstacle : au total, 9 % considère qu’il s’agit d’un obstacle majeur, tandis que 29 %, un obstacle mineur. Les groupes qui citent le plus souvent la langue comme étant un obstacle majeur à l’engagement communautaire sont les résidents d’origine chinoise (16 %) et ceux ayant d’autres origines asiatiques (15 %) [page 32].
- Soixante-six pour cent (66 %) des répondants affirment qu’ils ne vivent pas de discrimination dans la vie quotidienne. Les personnes qui affirment le plus souvent être victimes de discrimination sont les parents seuls (24 %), les personnes de descendance autochtone (27 %) et les Sud-Asiatiques (28 %), groupe qui connaît la plus forte croissance de nouveaux arrivants (page 33).
- Soixante-cinq pour cent (65 %) des personnes sondées pensent que même si la plupart des gens sont tolérants envers divers groupes ethnoculturels, la majorité préfère s’associer aux personnes appartenant au même groupe que le leur (page 33).
- Même si 28 % des répondants ne considèrent pas que les personnes ne parlant pas l’anglais sont désintéressées par l’engagement communautaire, près de la moitié (44 %) pensent le contraire (voir ci-dessous) [page 34].
Question : Selon vous, si des immigrants ou des réfugiés déménageaient dans votre quartier, quel groupe ethnoculturel serait le mieux reçu?
- Européens : 18%
- Asiatiques : 15%
- Sud-Asiatiques : 5%
- Moyen-Orientaux : 2%
- Africains : 1%
- Aucun groupe ne serait le bienvenu : 2%
- Tous les groupes seraient les bienvenus : 37%
- Ne sais pas/refuse de répondre : 20%
Question : Quel groupe serait le moins bien reçu?
- Européens : 1%
- Asiatiques : 3%
- Sud-Asiatiques : 8%
- Moyen-Orientaux : 12%
- Africains : 5%
- Aucun groupe ne serait le malvenu : 32%
- Tous les groupes seraient les malvenus : 7%
- Ne sais pas/refuse de répondre : 32%
Affirmation: Les personnes qui vivent ici et qui ne parlent pas l’anglais ne font pas assez d’efforts pour s’intégrer dans la collectivité.
- Fortement d’accord : 13 %
- D’accord : 31 %
- Ni d’accord ni en désaccord : 23 %
- En désaccord : 23 %
- Fortement en désaccord : 5 %
- Ne sais pas/refuse de répondre : 4 %
Note en bas de page
- [1] Remarque : Les résultats clés sont tirés du résumé d’Ipsos Reid concernant les groupes de discussion sur l’examen de citoyenneté. [retour à la note 1]
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