Analyse de la recherche sur l’opinion publique – Cyberbulletin – Juin 2011

Une étude révèle que les Canadiens sont tolérants à l’égard des groupes minoritaires

Contexte : Chaque année, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mène une enquête auprès de résidents de 25 pays pour évaluer l’évolution sociale de ces pays. Les méthodes d’échantillonnage qu’utilise l’OCDE, de même que la taille de ses échantillons de résidents, varient. Pour obtenir de plus amples renseignements sur cette enquête, cliquer ici.

Principaux résultats

  • Les Canadiens affichent la plus grande tolérance communautaire à l’égard des groupes minoritaires, entre autres à l’égard des minorités ethniques et des immigrants, 84 % des Canadiens se déclarant favorables à ces groupes.
    • Selon l’OCDE, les communautés anglophones et celles d’Europe du Nord ont tendance à être très tolérantes : par exemple, les Australiens sont aussi tolérants que les Canadiens, et les résidents de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas et de l’Islande occupent le rang immédiatement inférieur dans le classement (81 % pour tous les pays).
    • Élément significatif, près d’un Canadien sur cinq (16,7 %) est né à l’étranger; à ce chapitre, le Canada est sixième parmi les pays de l’OCDE (le Luxembourg a le taux le plus élevé de résidents nés à l’étranger, soit 37,3 %).

Les Canadiens veulent que tous les génocides soient représentés de manière égale dans le Musée canadien pour les droits de la personne, selon la firme Nanos

Contexte : Le Musée canadien pour les droits de la personne, financé à même les deniers publics, doit ouvrir ses portes en 2012. Or, une polémique [en anglais seulement] s’est récemment engagée quant aux décisions prises au sujet des expositions permanentes, plus particulièrement de celle portant sur l’Holocauste. À la demande de Canadians for Genocide Education [Canadiens pour la sensibilisation aux génocides] et de l’Association ukrainienne-canadienne des droits civils, du 12 au 15 mars 2011, Recherche Nanos a interrogé 1 216 Canadiens au téléphone pour connaître leur préférence à ce sujet. La marge d’erreur du sondage est de 2,8 %, et son niveau de confiance, de 19 fois sur 20. On peut en découvrir plus sur le sondage ici (PDF, 106 Mo) [en anglais seulement] .

Principaux résultats

  • Lorsqu’on leur a demandé s’ils préféreraient une exposition traitant de tous les génocides sur le même pied, ou une exposition traitant d’un génocide en particulier (les autres génocides étant couverts ensemble dans une exposition distincte), les Canadiens ont affirmé à 60,3 % préférer la première option.
    • Les plus favorables à un traitement égal de tous les génocides étaient les Canadiens du Québec (70,2 %), et les moins favorables, ceux des Prairies (51,4 %), tandis que les Canadiens préférant une exposition consacrée à un génocide en particulier étaient le plus nombreux en Colombie-Britannique (31,9 %), et le moins nombreux au Québec (16,9 %). Les Canadiens des Prairies étaient les plus indécis quant à leur préférence (21,6 %, alors que ce pourcentage variait de 12,9 % à 15,3 % dans les autres régions).
    • Le groupe d’âge le plus favorable à un traitement égal de tous les génocides était celui des 18 à 29 ans (65,5 %), et le moins favorable, celui des 60 ans ou plus (55,4 %).

Préféreriez-vous qu’il n’y ait qu’une exposition traitant de tous les génocides sur le même pied, ou qu’il y ait une exposition traitant d’un génocide en particulier de façon permanente, les autres génocides étant couverts ensemble dans une exposition distincte?

Préféreriez-vous qu’il n’y ait qu’une exposition traitant de tous les génocides sur le même pied, ou qu’il y ait une exposition traitant d’un génocide en particulier de façon permanente, les autres génocides étant couverts ensemble dans une exposition distincte?

Version texte : Préféreriez-vous qu’il n’y ait qu’une exposition traitant de tous les génocides sur le même pied, ou qu’il y ait une exposition traitant d’un génocide en particulier de façon permanente, les autres génocides étant couverts ensemble dans une exposition distincte?

Les Canadiens et les Américains souhaitent préserver leur souveraineté

Contexte : Pour cette étude, commandée par l’Association d’études canadiennes, Léger Marketing a évalué les attitudes des Canadiens et des Américains quant à leurs relations mutuelles. L’étude confronte les résultats obtenus au Canada à ceux qu’ont obtenus aux États-Unis la firme Gallup et Opinion Research Corporations (sociétés de recherche sur l’opinion) dans leurs sondages semblables, menés respectivement en février 2011 et du 28 février au 2 mars. De plus amples renseignements sur cette étude sont disponibles ici.

Principaux résultats

  • Lorsqu’on leur a demandé si la frontière qui sépare le Canada des États-Unis devrait être éliminée, seulement 22 % des Canadiens se sont dits pour, 74 % étant contre.
    • À la même question, 16 % des Américains ont répondu que la frontière devrait être éliminée, et 60 % ont dit le contraire.
  • On a demandé aux répondants américains d’indiquer s’ils étaient d’accord ou en désaccord avec l’énoncé « Le système des soins de la santé est meilleur au Canada qu’aux États-Unis »; 40 % se sont dits d’accord et 24 %, en désaccord.
  • Au Canada, 58 % des répondants étaient d’avis que leur pays devrait demeurer neutre lorsque les États-Unis entrent en conflit avec un autre pays.

Les employeurs de la région du Grand Toronto sont d’avis que les immigrants qualifiés sont efficaces

Contexte : Pour ce sondage, commandé par le Toronto Region Immigrant Employment Council (conseil pour l’emploi des immigrants dans la région de Toronto), la firme Ekos a interrogé, au printemps 2011, 461 responsables (principaux ou conjoints) de l’embauche au sein d’organisations de la région du Grand Toronto, utilisant pour ce faire son panel en ligne. Pour en savoir plus sur cette étude, cliquer ici [en anglais seulement].

Principaux résultats

  • Près d’un employeur sur cinq avait embauché un immigrant qualifié.
    • Des employeurs ayant embauché un immigrant qualifié pour trouver de nouvelles possibilités d’affaires au sein des communautés culturelles, 83 % ont déclaré que l’immigrant avait été efficace.
    • Des employeurs ayant embauché un immigrant qualifié pour diversifier leur clientèle dans le monde, 93 % estimaient que l’immigrant avait été efficace.
  • Un employeur sur dix a embauché un immigrant qualifié après avoir découvert qu’un compétiteur avait tiré des avantages de l’embauche d’un tel immigrant.
    • Des employeurs ayant embauché un immigrant qualifié pour cette raison, 81 % étaient d’avis que l’immigrant avait été efficace.
  • Des employeurs ayant embauché des immigrants qualifiés :
    • 38 % comptaient 100 employés ou plus dans leur organisation, et 29 %, de 1 à 4 employés;
    • 57 % étaient privés, et 28 % étaient publics.
  • Les employeurs ayant embauché des immigrants qualifiés exerçaient le plus souvent leurs activités dans les secteurs suivants :
    • Services professionnels, scientifiques et techniques;
    • Finances et assurances;
    • Arts, spectacles et loisirs.

Les Québécois ne s’entendent pas sur les niveaux d’immigration, selon un sondage CROP

Contexte : Du 16 au 21 mars 2011, dans la foulée de la décision prise par le gouvernement du Québec de réduire à 50 000 le nombre d’immigrants qu’il accepte chaque année, la firme CROP a réalisé un sondage auprès de presque 1 000 résidents du Québec réunis au sein d’un panel en ligne. On trouve ici de plus amples renseignements sur ce sondage.

Principaux résultats

  • Appelés à indiquer la mesure dans laquelle ils seraient d’accord pour que le Québec augmente le nombre d’immigrants qu’il accepte chaque année, 57 % des répondants se sont dits tout à fait ou plutôt en désaccord, contre seulement 33 % tout à fait ou plutôt d’accord. Dix pour cent des répondants étaient indécis.

Les différences entre le multiculturalisme et l’interculturalisme ne sont pas claires pour les résidents du Québec

Contexte : On utilise souvent le terme interculturalisme pour décrire le modèle de diversité culturelle dont souhaite se doter le Québec, par opposition au multiculturalisme généralement préconisé dans le reste du Canada [Note 1]. Du 4 au 6 mai 2011, Léger Marketing a sondé en ligne 1 000 résidents du Québec au sujet de l’interculturalisme. S’il avait été réalisé au téléphone, ce sondage aurait présenté une marge d’erreur de 3,9 %, 19 fois sur 20. On peut en apprendre plus sur cette étude ici.

Principaux résultats

  • Les résidents du Québec ont convenu à 53 % (55 % chez les francophones et 45 % chez les non-francophones) que les différences entre le multiculturalisme et l’interculturalisme n’étaient pas claires pour eux.
  • On a demandé aux répondants d’indiquer à quel point ils étaient d’accord avec l’énoncé suivant : « Le gouvernement du Québec devrait soutenir les efforts de préservation et de développement de l’héritage multiculturel des Québécois. » Globalement, 76 % des répondants étaient d’accord (77 % des francophones et 71 % des non-francophones).

CIC se penche sur les croyances des Canadiens quant aux documents d’entrée

Contexte : Dans le cadre de son sondage omnibus, la firme Harris/Decima a interrogé 1 013 Canadiens du 9 au 12 décembre 2010 au sujet des documents d’entrée. La marge d’erreur de l’étude est de 3,1 %, avec un niveau de confiance de 95 %. De plus amples renseignements sur cette étude sont disponibles ici.

Principaux résultats

  • La majorité (84 %) des Canadiens croient qu’ils sont tenus de présenter une pièce d’identité quand ils entrent au Canada en provenance de l’étranger.
  • On a demandé à ceux qui croient qu’il faut une carte d’identité pour entrer au Canada quels documents précis il fallait présenter :
    • 94 % ont dit qu’il fallait un passeport;
    • 20 % un permis de conduire;
    • 13 % un certificat de naissance;
    • 6 % un visa.
       
    On a demandé à ceux qui croient qu’il faut une carte d’identité pour entrer au Canada quels documents précis il fallait présenter
    On a demandé à ceux qui croient qu’il faut une carte d’identité pour entrer au Canada quels documents précis il fallait présenter
    Version texte : On a demandé à ceux qui croient qu’il faut une carte d’identité pour entrer au Canada quels documents précis il fallait présenter
     
  • Près de neuf répondants sur dix (88 %) croyaient que la présentation d’une pièce d’identité devrait être exigée pour entrer au Canada.
  • Les deux tiers (69 %) des répondants avaient voyagé à l’extérieur du Canada dans les cinq dernières années; parmi eux, 83 % étaient allés aux États-Unis et 64 %, ailleurs.
  • Quand on a demandé aux répondants qui avaient voyagé à l’extérieur du Canada dans les cinq dernières années quels documents ils avaient présentés pour entrer au Canada, le premier document mentionné était :
    • Le passeport (électronique ou non) à 87 %;
    • Le permis de conduire à 4 %;
    • Le certificat de naissance à 2 %;
    • Rien/aucun document exigé à 2 %;
      • Remarque : de multiples mentions étaient permises, la deuxième mention étant à 92 % le passeport (électronique ou non), à 16 % le permis de conduire, à 8 % le certificat de naissance, à 4 % la carte de citoyenneté, à 3 % la carte de résident permanent, à 2 % le permis de conduire Plus.
  • La vaste majorité (93 %) a présenté le même document qu’elle a utilisé pour entrer dans un autre pays pendant le même voyage.
  • Parmi ceux ayant voyagé à l’extérieur du Canada au cours des cinq dernières années, une autre grande majorité (93 %) était d’accord pour que le Canada exige des voyageurs, y compris des Canadiens, qu’ils aient un document comme un passeport ou un permis de conduire Plus aux fins de la vérification de leur identité au moment d’entrer au Canada.

Les immigrants ressentent un fort sentiment d’appartenance à l’égard du Canada

Contexte : Tara Gilkinson et Geneviève Sauvé, de la Direction générale de la recherche et de l’évaluation, ont analysé les données de la World Values Survey (enquête mondiale sur les valeurs) de 2006 pour déterminer à quel point les résidents du Canada (immigrants récents, immigrants de longue date et natifs du Canada) ressentent un sentiment d’appartenance à l’égard du Canada. La World Values Survey couvre un échantillon représentatif à l’échelle nationale de Canadiens de 18 ans ou plus. Le rapport doit être publié bientôt. De plus amples renseignements sur la World Values Survey sont disponibles ici [en anglais seulement].

Principaux résultats

  • On a demandé à des immigrants récents, à des immigrants de longue date et à des natifs du Canada s’ils étaient tout à fait d’accord, d’accord, en désaccord ou tout à fait en désaccord pour dire qu’ils se voyaient comme des citoyens du monde, de l’Amérique du Nord, du Canada dans son ensemble, et de leur province ou région, et des membres de leur collectivité locale.
    • Les répondants ont affirmé en grande majorité qu’ils étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour se dire des citoyens du Canada dans son ensemble (96,6 % des natifs du Canada, 96,2 % des immigrants de longue date, et 95,4 % des immigrants récents).
    • Par ailleurs, 98,1 % des natifs du Canada, 92,9 % des immigrants de longue date, et 90,4 % des immigrants récents étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour se dire citoyens de leur province ou de leur région.
    • Et 91,5 % des Canadiens, 87,7 % des immigrants de longue date, et 86,9 % des immigrants récents étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour se dire membres de leur collectivité locale.
  • Toutefois, lorsqu’on s’intéresse aux différences entre les trois groupes (natifs du Canada, immigrants de longue date et immigrants récents), on note que les immigrants récents ont moins tendance que les autres répondants à être tout à fait d’accord avec toute identité collective.
    • Les immigrants récents sont les plus nombreux à ne pas se considérer comme des citoyens de leur province ou région, du Canada dans son ensemble et de l’Amérique du Nord, tandis que les natifs du Canada sont les moins nombreux à être en désaccord ou tout à fait en désaccord.
  • Selon les résultats, les immigrants de longue date et les immigrants récents qui ont un fort sentiment d’appartenance à l’égard de leur collectivité sont considérablement plus susceptibles de se dire citoyens du Canada dans son ensemble, ce qui laisse entendre que le sentiment d’appartenance à la microcollectivité peut jouer un rôle important dans le sentiment d’appartenance à la macrocollectivité.

Évaluation des possibilités et des résultats en matière de services d’établissement, et examen de nouveaux modèles de prestation des services

Contexte : CIC a réalisé une étude pour évaluer les attitudes des intervenants à l’égard des possibilités en matière de services d’établissement, découvrir leurs impressions quant à un outil d’évaluation provisoire pour les nouveaux arrivants, et envisager de nouveaux modèles de prestation des services aux nouveaux arrivants. Au total, douze groupes de discussion ont été formés dans trois villes (Halifax, Ottawa et Calgary); dans chaque ville, des séances de discussion distinctes ont eu lieu auprès de représentants de cinq groupes d’intervenants clés (les fournisseurs de services [FS], les centres d’apprentissage privés et les employeurs, les nouveaux arrivants, le grand public). Pour en savoir plus sur l’étude, cliquer ici.

Principaux résultats

  • Les participants – en particulier ceux du grand public – n’étaient pas bien au fait de toute la gamme des services offerts aux nouveaux arrivants. Même les nouveaux arrivants ne comprenaient pas bien que le système fonctionne comme un tout cohérent.
  • Pratiquement tous les participants se sont dits favorables à une plus grande cohérence dans le processus d’évaluation des besoins et de planification de l’établissement. Toutefois, pour atteindre ce but, il faut veiller à ce que les niveaux de financement soient appropriés pour faire en sorte que les personnes aiguillées vers les services puissent y avoir accès en temps opportun.
  • Tous les groupes d’intervenants ont très bien accueilli l’outil provisoire d’évaluation en ligne des besoins, même si de nombreux participants ont suggéré des améliorations. Dans sa forme actuelle, les participants estimaient qu’il s’agissait d’un outil d’information et qu’il visait des personnes qui n’ont probablement pas le plus besoin d’aide, la plupart étant d’avis qu’il faut bien maîtriser la langue pour pouvoir trouver son chemin facilement dans le site et utiliser l’information fournie.
  • Les participants étaient généralement favorables à un accroissement de la participation du secteur privé dans le système de prestation des services d’établissement (quoique des préoccupations ont été soulevées, principalement par les FS), surtout pour améliorer la disponibilité des services pour les nouveaux arrivants (réduction des listes d’attente) ou pour faciliter l’accès aux services (heures et emplacements plus convenables pour les nouveaux arrivants). 
  • La plupart des participants étaient ouverts à la mise en place de mesures d’incitation pour les employeurs et étaient d’avis qu’une transition sans heurts vers le milieu de travail est essentielle pour la réussite des nouveaux arrivants.

Note en bas de page

  • [1] Selon le rapport de la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, l’interculturalisme est une politique ou un modèle « préconisant des rapports harmonieux entre cultures, fondés sur l’échange intensif et axés sur un mode d’intégration qui ne cherche pas à abolir les différences tout en favorisant la formation d’une identité commune ». Les auteurs du rapport décrivent le multiculturalisme comme un « système axé sur le respect et la promotion de la diversité ethnique dans une société ». [Retour au texte]