Analyse de la recherche sur l’opinion publique – Cyberbulletin – Mai 2012

Angus Reid : Les Canadiens sont divisés sur l’immigration et le multiculturalisme

Contexte : Angus Reid a interrogé 1 005 Canadiens les 26 et 27 janvier 2012 (en anglais seulement) sur des questions diverses dont les effets de l’immigration, les niveaux d’immigration, la tolérance entre les groupes et l’intégration sociale. Le sondage a été effectué en ligne auprès des membres du Forum Angus Reid, et les résultats ont été pondérés pour refléter l’ensemble de la population.

Principales constatations :

  • Quand on demande si l’immigration a un effet positif ou négatif sur le Canada dans son ensemble, les résultats sont partagés, 39 % des répondants étant négatifs et 39 % positifs (22 % ne savent pas).
    • Les hommes (44 %) sont plus susceptibles que les femmes (34 %) de juger que l’immigration a un effet positif; en outre, seulement 16 % des hommes n’ont pas d’opinion arrêtée par rapport à 28 % des femmes.
    • C’est en Alberta (45 %), Ontario (42 %) et dans la région de l’Atlantique (41 %) que les personnes interrogées sont le plus susceptible d’estimer que l’effet de l’immigration est négatif, suivies de la Colombie-Britannique (38 %), du Manitoba/Saskatchewan et du Québec (les deux à 32 %).
    • Le sentiment positif va de pair avec le niveau d’éducation; 55 % des gens qui ont un diplôme universitaire ou supérieur estiment que l’effet de l’immigration est positif, par rapport à 35 % de ceux qui ont suivi des cours de collège ou d’école technique, et 33 % de ceux qui ont terminé l’école secondaire (ou moins).
    • Les personnes qui parlent le français principalement sont les plus susceptibles d’estimer que l’effet de l’immigration est positif (43 %, par rapport à 38 % des anglophones).
  • En réponse à la question de savoir si le nombre d’immigrants légaux autorisés à entrer au Canada devrait être modifié, seule une minorité (15 %) estime que le nombre devrait être augmenté. Quarante-et-un pour cent des répondants estiment que le nombre devrait être réduit, 37 % estiment qu’il devrait rester le même et 8 % sont sans opinion.
  • La moitié des répondants (50 %) estiment que les immigrants illégaux volent leur emploi aux travailleurs canadiens, alors qu’un tiers (34 %) estiment que les immigrants illégaux occupent des emplois dont les travailleurs canadiens ne veulent pas.
  • La majorité (62 %) des Canadiens estiment que le multiculturalisme est bon pour le pays (16 % disent « très bon »), par rapport à 29 % qui estiment que c’est mauvais (8 % disent « très mauvais »).
  • Près d’un Canadien sur six (16 %) estime que le Canada devrait être un creuset (« melting pot ») dans lequel les immigrants s’assimilent, alors que seulement une personne sur trois (30 %) estime qu’il devrait être une mosaïque dans laquelle les différences culturelles sont préservées.
    • La classe d’âge des 18-34 ans est beaucoup plus susceptible que celle des 35-54 ans et 55 ans et plus d’opter pour le concept de mosaique culturelle (soutien à 45 %, 28 % et 19 % respectivement).
    • Le modèle du creuset obtient le plus de suffrages au Québec (63 %), en Ontario (58 %) et en Colombie-Britannique (57 %).
  • La majorité (55 %) des Canadiens estiment que le racisme n’est pas un problème important, par rapport à 32 % qui pensent que c’est un problème important et 13 % qui sont sans opinion.
  • On a demandé aux répondants si le Canada est un pays tolérant ou intolérant à l’égard de certains groupes (voir tableau ci-dessous). Les répondants estiment que les groupes qui se heurtent le plus à l’intolérance sont les Musulmans (33 % estiment que la société est intolérante envers eux), les Autochtones (28 %) et les personnes originaires de l’Asie du Sud (25 %).

Dans l’ensemble, diriez-vous que la société canadienne est tolérante ou intolérante envers les groupes suivants?

Quelle priorité devrait-on accorder quand on accepte les nouveaux immigrants dans des catégories particulières?
Version texte : Quelle priorité devrait-on accorder quand on accepte les nouveaux immigrants dans des catégories particulières?

Association d’études canadiennes : les Canadiens ont les milieux de travail les plus multiculturels

Contexte : Cette étude (en anglais seulement), commandée par l’Association des études canadiennes (AEC), vise à évaluer le degré de multiculturalisme des milieux de travail à l’échelle internationale. Léger Marketing a interrogé 2 345 personnes en ligne en septembre et en octobre 2011 pour la partie canadienne du sondage. ORC International a interrogé plus de 3 000 répondants aux É.-U., en Grande-Bretagne et en France pour le compte de l’AEC en septembre 2011.

Principales constatations :

  • 73 % des Canadiens décrivent leur milieu de travail ou leur établissement d’enseignement comme multiculturel, par rapport à 70 % des Américains, 68 % des Britanniques et 67 % des Français.
    • Six Québécois sur dix déclarent travailler dans un environnement multiculturel, la proportion la plus basse de toutes les provinces.
    • 57 % des francophones au Canada décrivent leur milieu comme multiculturel, par rapport à 74 % des anglophones et 83 % des personnes qui parlent une langue autre que l’anglais ou le français.
  • Huit francophones sur dix au Canada déclarent que la plupart de leurs amis ont les mêmes antécédents culturels qu’eux-mêmes, par rapport à 66 % des Canadiens anglais, et 55 % des personnes qui parlent une langue non officielle.
    • Plus des trois quarts des Britanniques disent que la plupart de leurs amis ont les mêmes antécédents ethniques qu’eux-mêmes, par rapport à un peu plus des deux tiers des Canadiens et des Américains.
  • Quatre-vingt pour cent des Canadiens de la classe d’âge des 18-24 ans décrivent leur école ou leur milieu de travail comme ethniquement mixte, par rapport à environ les trois quarts des membres des autres groupes d’âge.
    • Parmi les francophones, 70 % des 18-24 ans déclarent qu’ils travaillent dans un environnement multiculturel, par rapport à 50 % des 25-34 ans et un peu plus de 40 % des membres des groupes plus âgés.
    • Les trois quarts des anglophones de 44 ans et moins décrivent leur milieu de travail comme multiculturel, par rapport à 80 % des personnes de 44 ans et moins qui parlent une langue non officielle.

Selon Daniel Lagacé-Roi, professeur de déontologie au département de Psychologie militaire et de Leadership au Collège militaire royal, ces résultats laissent penser que les Canadiens ont un degré d’« intelligence culturelle » supérieur à celui des autres nations (en anglais seulement).

Que signifie être citoyen au Canada? L’étude d’Environics mesure les opinions des Canadiens de naissance et des Canadiens naturalisés

Contexte : Pour cette étude, effectuée par Environics en partenariat avec l’Institut pour la citoyenneté canadienne, la Fondation Maytree, CBC et RBC, on a demandé aux Canadiens ce que signifie être un bon citoyen. Les résultats sont fondés sur un sondage téléphonique réalisé par Environics Research Group auprès d’un échantillon représentatif de 2 376 résidents canadiens (âgés de 18 ans et plus) du 18 novembre au 17 décembre 2011.

Principales constatations :

  • On a demandé aux Canadiens de désigner spontanément un certain nombre d’actes et d’attributs qui font un bon citoyen. Selon le rapport d’Environics, « certaines réponses mentionnent des éléments de base tels que le respect de la loi (35 %), le fait de payer ses impôts (10 %) et le fait de voter aux élections (8 %). Mais plus marquantes sont les réponses concernant l’engagement positif, par exemple la participation active à la vie de la communauté (25 %), aider les autres (17 %), accepter les différences (15 %), partager les valeurs canadiennes (12 %) et respecter les autres religions (9 %). » (page 2)
    • Lorsqu’on leur remet une liste d’attributs parmi lesquels choisir, les personnes interrogées ont jugé les suivants  comme particulièrement importants pour être un bon citoyen : traiter les hommes et les femmes de manière égale (95 % ont dit que c’est très important pour être un bon citoyen au Canada); respecter les lois du Canada (89 %), être tolérant et respectueux envers les autres qui sont différents (82 %), voter aux élections (82 %) et protéger l’environnement (80 %).
  • En réponse à la question sur les choses qu’ils font et qui leur donnent l’impression d’être de bons citoyens, les Canadiens ont tendance à citer d’abord le bénévolat (34 %) et la gentillesse et la générosité (26 %); puis, payer les impôts rapidement (21 %), respecter la loi (20 %) et voter aux élections (17 %).
  • « Il existe un solide consensus quant au fait que les immigrants sont tout aussi susceptibles que les Canadiens de naissance d’être de bons citoyens, précise le rapport. Neuf personnes sur dix (89 %) ont déclaré qu’elles estiment que les personnes nées à l’extérieur du Canada sont tout aussi susceptibles d’être de bons citoyens que des personnes nées ici. » (page 3)
    • Quatre-vingt-un pour cent des personnes interrogées estiment que les résidents permanents sont tout aussi susceptibles d’être de bons citoyens.
  • Quand on leur demande de désigner, dans leurs propres mots, la façon dont les nouveaux venus doivent s’adapter pour devenir de bons citoyens, les réponses les plus fréquentes sont « s’informer de la culture et des mœurs du Canada (36 %), apprendre l’anglais ou le français (32 %), s’adapter aux valeurs canadiennes (27 %) et respecter les lois canadiennes (26 %). » (page 3)
    • « Les immigrants naturalisés sont plus susceptibles que les résidents permanents de dire qu’il est important pour les nouveaux venus de s’informer de la culture canadienne (39 % par rapport à 25 % respectivement) et d’abandonner leur propre culture (9 % contre 4 % respectivement). » (page 3)
    • La majorité (56 %) des répondants conviennent que la société canadienne fait assez pour aider les nouveaux venus à d’adapter, alors que 26 % ne sont pas d’accord et 18 % sont sans opinion.
      • En réponse à la question de savoir ce que la société canadienne devrait faire pour aider les nouveaux venus à s’adapter, les réponses les plus fréquentes étaient : tendre la main et inclure (33 %), aider à trouver du travail, et aider à acquérir les aptitudes linguistiques (17 % dans les deux cas).
  • La plupart des Canadiens ne sont pas d’accord avec l’idée que ceux qui ne sont pas encore citoyens devraient avoir le droit de vote. Vingt-trois pour cent des répondants sont favorables au droit de vote pour les non-citoyens au palier fédéral, le degré de soutien étant légèrement supérieur au palier provincial (27 %) et municipal (38 %).
  • La majorité des Canadiens (54 %) ont répondu qu’ils ne sont « pas très » ou « pas du tout » au courant des exigences entourant l’obtention de la citoyenneté canadienne.
    • « En dépit de leur connaissance limitée de la question, précise le rapport, les Canadiens ont plutôt tendance à estimer que les exigences actuelles sont adéquates. Près de la moitié (47 %) estiment que les règles sont à peu près adéquates, par rapport à un quart (26 %) qui estiment qu’elles ne sont pas assez strictes et 6 % qui estiment qu’elles sont trop strictes. » (page 4)
    • La majorité des répondants estiment que les règles actuelles sont adéquates concernant le délai d’attente de trois ans (69 % estiment que c’est adéquat) et l’exigence de parler et de comprendre l’anglais ou le français (86 %).
  • Soixante-et-onze pour cent des Canadiens sont à l’aise avec le concept de double citoyenneté; cependant, 52 % des répondants estiment « qu’il doit y avoir des limites concernant la citoyenneté s’agissant des personnes qui ont la citoyenneté sans résider au pays » (page 5).
  • Environics a également comparé les réponses des Canadiens de naissance et des Canadiens nés à l’étranger, et a constaté ce qui suit :
    • 88 % des citoyens nés à l’étranger s’estiment « très fiers » d’être Canadiens, par rapport à 80 % des Canadiens de naissance;
    • « Les personnes nées à l’étranger sont plus susceptibles de dire qu’un bon citoyen respecte les lois (41 % par rapport à 33 % des Canadiens de naissance) et vote (12 % par rapport à 8 % des Canadiens de naissance).
  • Quand on leur demande ce qui les rend le plus fier d’être Canadiens, les répondants ont tendance à répondre que c’est la liberté et la démocratie canadiennes (28 %), l’esprit altruiste de la population (11 %), et le fait que le Canada est respecté à l’échelle internationale (8 %).
  • « Les raisons les plus fréquemment citées par les citoyens nés à l’étranger pour expliquer pourquoi ils ont décidé de devenir citoyens sont qu’ils voulaient s’établir à demeure (26 %) ou officialiser leur appartenance au pays (17 %). » (page 6)
  • Interrogés quant au processus de citoyenneté, 59 % des Canadiens nés à l’étranger disent qu’il est « très facile », et 22 % disent qu’il est « facile », par rapport à ceux qui le trouvent « assez difficile » (8 %) ou « très difficile » (4 %).
  • Interrogés quant à savoir quand ils ont commencé à se sentir Canadiens, les citoyens nés à l’étranger répondent ce qui suit : « un sur quatre (25 %) déclarent qu’ils ont commencé à se sentir citoyens au moment où ils sont arrivés au pays. Certains citent des critères précis tels que la cérémonie de remise du certificat de citoyenneté (16 %), le moment où ils ont voté pour la première fois (9 %) ou le moment où ils ont reçu leur premier passeport (5 %). D’autres citent des moments où ils ont devenus actifs dans la société canadienne (p. ex. le premier emploi, 11 %), les premières recherches sur la culture canadienne (5 %), le moment où ils sont devenus à l’aise en anglais ou en français (4 %) ou le moment où ils sont devenus actifs dans la communauté (4 %). »

Forum Research : La grande majorité des Canadiens sont favorables au retrait des niqabs lors des cérémonies de remise de la citoyenneté

Contexte : Dans le cadre de ce sondage téléphonique, réalisé par Forum Research auprès de 1 160 Canadiens, on a demandé aux répondants s’ils approuvaient ou désapprouvaient la loi exigeant des femmes qu’elles retirent leur voile pour prêter le serment de citoyenneté. Le sondage a été réalisé le 13 décembre 2011 dans le cadre d’une enquête omnibus. On estime que les résultats ont une marge d’erreur de 2,9 %, 19 fois sur 20.

Principales constatations :

  • Dans l’ensemble du pays, 81 % des répondants approuvent l’interdiction du niqab aux cérémonies de citoyenneté.
    • Le soutien a tendance à monter avec l’âge des répondants : Seulement 68 % des 18-34 ans approuvent la loi, par rapport à 84 % des 35-44 ans, 88 % des 45-54 ans, 87 % des 55-64 ans et 89 % des 65 ans et plus.
    • À l’échelle régionale, le soutien pour l’interdiction est particulièrement prononcé au Québec (89 %), dans le Canada Atlantique (81 %) et dans les Prairies (79 %), suivis de l’Ontario (77 %) et de la Colombie-Britannique (74 %).
    • L’incertitude sur la question est particulièrement élevée parmi les 18-34 ans (9 %), les femmes (7 % par rapport à 4 % des hommes), et les habitants de la Colombie-Britannique (8 %).

Ipsos-Reid : Les Canadiens définissent l’identité nationale par les soins de santé gratuits, la Guerre de 1812 et la politesse

Contexte : Cette étude Ipsos-Reid (PDF, 240 Ko) a été commandée par l’Historica-Dominion Institute à l’occasion du 200e anniversaire de la Guerre de 1812 pour mieux comprendre les éléments qui, dans l’esprit des Canadiens, définissent l’identité nationale. Le sondage a été réalisé en ligne du 26 au 30 janvier 2012 auprès de 1 015 Canadiens et 1 015 américains. Les données ont été pondérées pour refléter la démographie conformément aux données du recensement de 2006.

Principales constatations :

  • Parmi une liste d’éléments susceptibles de définir l’identité canadienne, les répondants ont choisi les suivants : « le Canada offre des soins de santé gratuits » (53 %), « a vaincu les États-Unis lors de la Guerre de 1812 » (25 %), « les Canadiens sont plus polis que les Américains » (15 %), « les Canadiens sont plus forts que les Américains au hockey » (6 %) et « Neil Young est Canadien et non Américain » (1 %).
  • Dix sept pour cent des Canadiens conviennent que la Guerre de 1812 a été « très importante dans la formation de l’identité canadienne, » par rapport a la Deuxième Guerre mondiale (46 %) et à la Première Guerre mondiale (29 %).
  • Vingt-huit pour cent des Canadiens sont « très » d’accord, et 51 % « assez » d’accord, avec l’affirmation selon laquelle la Guerre de 1812 « a eu un effet important » sur l’identité du Canada.
  • « Pour tester la connaissance des Canadiens quant à la Guerre de 1812, on leur a soumis une liste de cinq personnages historiques et on leur a demandé lequel des cinq n’était pas une personnalité canadienne importante dans cette guerre. Seulement 35 % des Canadiens ont correctement désigné Sir John A Macdonald comme la personne qui n’a pas joué un rôle dans la guerre. Les autres croyaient par erreur que c’était Laura Secord (32 %), George Provost (18 %), le général Brock (9 %) et le chef Tecumseh (7 %). » (page 5)

Les Canadiens sont divisés quant à l’abolition de la monarchie, selon Forum Research

Contexte : Ce sondage téléphonique réalisé par Forum Research auprès de 1 211 Canadiens a consisté à demander aux répondants s’ils étaient en faveur ou contre l’abolition de la monarchie au Canada après le décès de la reine actuelle. Le sondage a été réalisé le 13 janvier 2012 dans le cadre d’une enquête omnibus. Les résultats sont considérés comme présentant une marge d’erreur de 2,82 %, 19 fois sur 20.

Principales constatations :

  • 43 % des Canadiens sont favorables à l’abolition de la monarchie, contre 43 % qui s’y opposent. Quatre pour cent des répondants sont sans opinion.
    • Le soutien à l’abolition est particulièrement élevé parmi les 35-44 ans (53 % d’approbation), les hommes (46 % par rapport à 40 % des femmes), les Québécois (67 % en faveur, suivis de l’Ontario avec 39 %), et les personnes qui ont un revenu annuel de moins de 20 000 $ (50 % d’appui).

Dans l’actualité

  • Edmonton Journal (en anglais seulement) (15 décembre 2011) : Selon un sondage d’Ernst & Young, 47 % des gestionnaires de ressources humaines des entreprises pétrolières et gazières citent le manque de main-d’œuvre comme le principal problème de leur compagnie. Selon Lance Mortlock, gestionnaire principal à Ernst & Young, certaines entreprises tentent de recruter des travailleurs à l’étranger pour combler les pénuries dans des secteurs tels que l’ingénierie de chantier, les activités géoscientifiques et les services de forage.